Buch lesen: "Poèmes de Walt Whitman"
Walt Whitman
Poèmes de Walt Whitman

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066079406
Table des matières
MON LEGS
EN COMMENÇANT MES ÉTUDES
EN TOURNÉES A TRAVERS LES ÉTATS
J’ENTENDS CHANTER L’AMÉRIQUE
NE ME FERMEZ PAS VOS PORTES
UNE FEMME M’ATTEND
SORTIE DE LA FOULE, OCÉAN QUI ROULE
COMBIEN DE TEMPS FUMES-NOUS TROMPÉS NOUS DEUX
JE VOUS AI ENTENDUS, DOUX ET SOLENNELS CHANTS DE L’ORGUE
POUR TOI, O DÉMOCRATIE
CHRONIQUEURS DES ÂGES FUTURS
VOUS NE TROUVEREZ ICI QUE DES RACINES
CITÉ D’ORGIES
A UN ÉTRANGER
EN CE MOMENT OU JE SUIS SEUL
EN FENDANT DE LA MAIN L’HERBE DES PRAIRIES
DÉBORDANT DE VIE A CETTE HEURE
SUR LE BAC DE BROOKLYN
UN CHANT DE JOIES
A VOUS
A LA FRÉGATE
AUX RICHES QUI DONNENT
CITÉ DES VAISSEAUX
L’ÉTRANGE VEILLÉE QU’UNE NUIT J’AI PASSÉE SUR LE CHAMP DE BATAILLE
LE PANSEUR DE PLAIES
DONNEZ-MOI LE SPLENDIDE SOLEIL SILENCIEUX
O GARS DES PRAIRIES AU VISAGE TANNÉ
RÉCONCILIATION
IL Y AVAIT UNE FOIS UN ENFANT QUI SORTAIT CHAQUE JOUR
LA MORGUE
CET ENGRAIS
A UN RÉVOLUTIONNAIRE D’EUROPE VAINCU
DE DERRIÈRE CE MASQUE (Pour faire face à un portrait)
LA VOIX
A CELUI QUI FUT CRUCIFIÉ
A UNE FILLE PUBLIQUE
MIRACLES
QUE SUIS-JE, APRÈS TOUT
COSMOS
QUI VEUT APPRENDRE MA LEÇON ENTIÈRE?
TOUJOURS CETTE MUSIQUE AUTOUR DE MOI
OH TOUJOURS VIVRE ET TOUJOURS MOURIR
A QUELQU’UN QUI VA BIENTOT MOURIR
L’INVOCATION SUPRÊME
TOI, GLOBE LA-HAUT
VISAGES
A UNE LOCOMOTIVE EN HIVER
MANNAHATTA
TOUT EST VÉRITÉ
EXCELSIOR
PENSÉES
INTERMÉDIAIRES
ESPRIT QUI AS FAÇONNÉ CETTE NATURE (Ecrit à Platte Cañon, Colorado)
AU SOLEIL COUCHANT
AU MOMENT OU ILS TIRENT A LEUR FIN
ADIEU!
HAUTAINES TES LÈVRES, RAUQUE TA VOIX, O MER
REMERCIEMENTS DANS MA VIEILLESSE
VOUS N’ÊTES PAS, O MES CHANTS, QUE DE MAIGRES RAMEAUX
APRÈS LE SOUPER ET LA CAUSERIE
A LA BRISE DU COUCHANT
L’ORDINAIRE
NOTE DU TRADUCTEUR
Table des matières
Parmi les papiers laissés par le poète se trouve cette note de sa main: «Introduire dans quelque poème un passage à l’effet de dénoncer et de menacer qui que ce soit qui, traduisant mes poèmes en une autre langue, ne traduira pas chaque verset et, cela, sans rien ajouter ni retrancher.»
C’est surtout aux faiseurs d’éditions expurgées—abhorrées par lui—que cette menace s’adressait. Mais alors même que nous comprendrions l’avis ci-dessus en sa plus large acception, la publication de morceaux choisis d’un livre que son auteur nous invite à considérer, non comme un simple recueil, mais comme un tout vivant dont l’intégrité lui importait «pour des raisons», semble néanmoins justifiée par d’autres raisons, sans que celles-ci soient nécessairement irréductibles à celles-là. La plus évidente de nos raisons est le désir de donner, sous un format de poche et à un prix très modique, un aperçu des Poèmes de Walt Whitman au public nombreux et précieux pour lequel les sept cents pages compactes de la version complète des Feuilles d’herbe (toute son œuvre poétique, c’est-à-dire la matière d’une dizaine de moyens volumes de vers) constituent un obstacle que ce public n’ose franchir sans savoir si l’effort en vaut la peine.
Toutefois, si cette publication nous paraît justifiée en principe, il est certain qu’elle ne le sera pleinement que dans la mesure où on la tiendra surtout pour une sorte d’introduction à la connaissance du livre entier, qui vaut bien davantage que n’importe laquelle, ou la somme même, de ses parties. Celui qui ignore Walt Whitman trouvera ici assez de substance pour avoir un avant-goût de sa personnalité et de son art. D’autre part, le lecteur qui ne trouvera en ce choix rien qui lui parle spécialement ne trouvera probablement guère davantage dans le livre complet.
Nous désirons aussi qu’il soit bien entendu que les «morceaux» qui suivent n’ont pas été «choisis», parce que supérieurs au reste, à notre avis. Notre sélection a d’abord été déterminée par des nécessités matérielles: désirant, en effet, ne donner que des pièces entières, les longs poèmes se trouvaient à peu près exclus d’un aussi mince volume. Et, en choisissant parmi les autres, nous avons peut-être été guidés par une certaine préférence, non pour les plus beaux, mais pour les moins ardus, ceux qui ne déroutent pas le lecteur au premier contact et où il a accès de plain-pied,—comme plus efficacement préparatoires à la diffusion et à la compréhension d’une œuvre dont nombre de lecteurs jusqu’ici ont su admirer les proportions, la nouveauté, l’accent, mais dont trop peu encore ont senti toute la beauté profonde, l’intensité d’émotion et ce que nous serions tenté d’appeler la musique intérieure.
MON LEGS
Table des matières
A vous, qui que vous soyez, (en baignant de mon souffle cette feuille-ci, pour qu’elle lève—en la pressant un moment de mes mains vivantes; —Tenez! sentez à mes poignets comme bat mon pouls! comme le sang de mon cœur se gonfle et se contracte!) Je vous lègue, en tout et pour tout, Moi-même, avec promesse de ne vous abandonner jamais, En foi de quoi je signe mon nom,

(Deux Ruisseaux, Edition 1876.)
EN COMMENÇANT MES ÉTUDES
Table des matières
En commençant mes études le premier pas m’a plu si fort,
Le simple fait de la conscience, ces formes, la motilité,
Le moindre insecte ou animal, les sens, la vue, l’amour,
Le premier pas, dis-je, m’a frappé d’un tel respect et plu si fort,
Que je ne suis guère allé et n’ai guère eu envie d’aller plus loin,
Mais de m’arrêter à musarder tout le temps pour chanter cela en chants extasiés.
EN TOURNÉES A TRAVERS LES ÉTATS
Table des matières
En tournées à travers les Etats nous partons,
(Oui, à travers le monde, sous l’impulsion de ces chants,
Voguant d’ici vers toutes les terres, vers toutes les mers),
Nous qui sommes prêts à apprendre de tous, à enseigner tous et à aimer tous.
Nous avons observé les saisons qui se donnent et qui passent,
Et nous avons dit: Pourquoi un homme ou une femme ne ferait-il pas autant que les saisons, et ne s’épancherait-il pas aussi bien?
Nous nous arrêtons un moment dans chaque ville et chaque bourg,
Nous traversons le Canada, le Nord-Est, l’ample vallée du Mississipi, et les Etats du Sud,
Nous abordons sur un pied d’égalité chacun des Etats,
Nous faisons l’épreuve de nous-mêmes et nous invitons les hommes et les femmes à entendre,
Nous nous disons à nous-mêmes: Souviens-toi, n’aie crainte, sois sincère, promulgue le corps et l’âme,
Demeure un moment et poursuis ton chemin, sois copieux, sobre, chaste, magnétique,
Et que ce que tu répands revienne ensuite comme les saisons reviennent,
Et puisses-tu être autant que les saisons.
J’ENTENDS CHANTER L’AMÉRIQUE
Table des matières
J’entends chanter l’Amérique, j’entends ses diverses chansons,
Celles des ouvriers, chacun chantant la sienne joyeuse et forte comme elle doit l’être,
Le charpentier qui chante la sienne en mesurant sa planche ou sa poutre,
Le maçon qui chante la sienne en se préparant au travail ou en le quittant,
Le batelier qui chante ce qui est de sa partie dans son bateau, le marinier qui chante sur le pont du vapeur,
Le cordonnier qui chante assis sur son banc, le chapelier qui chante debout,
Le chant du bûcheron, celui du garçon de ferme en route dans le matin, ou au repos de midi ou à la tombée du jour,
Le délicieux chant de la mère, ou de la jeune femme à son ouvrage, ou de la jeune fille qui coud ou qui lave,
Chacun chantant ce qui lui est propre à lui ou à elle et à nul autre,
Le jour, ce qui appartient au jour—le soir, un groupe de jeunes gars, robustes, cordiaux,
Qui chantent à pleine voix leurs mélodieuses et mâles chansons.
NE ME FERMEZ PAS VOS PORTES
Table des matières
Ne me fermez pas vos portes, orgueilleuses bibliothèques,
Car ce qui manquait sur tous vos rayons chargés, et dont on a pourtant le plus besoin, je l’apporte;
Surgi de la guerre, j’ai fait un livre,
Les mots de mon livre ne sont rien, ce à quoi je veux en venir est tout,
Un livre à part, qui est sans lien avec les autres et n’est point perçu par l’intellect,
Mais vous, forces latentes qu’on tait, vous en pénétrerez toutes les pages.
UNE FEMME M’ATTEND
Table des matières
Une femme m’attend, elle contient tout, rien ne fait défaut,
Cependant tout ferait défaut si le sexe manquait, ou si manquait pour l’humecter l’homme qu’il faut.
Le sexe contient tout, les corps et les âmes,
Les intentions, les preuves, la pureté, la délicatesse, les résultats, les promulgations,
Les chants, les ordres, la santé, l’orgueil, le mystère de la maternité, le lait séminal,
Tous les espoirs, les bienfaits et les dons, toutes les passions, les tendresses, les beautés, tous les plaisirs de la terre,
Tous les gouvernements, les juges, les dieux, les puissants de la terre,
Tout cela est contenu dans le sexe, en fait partie et le justifie.
Sans honte l’homme qui me plaît connaît et avoue la sensation délicieuse de son sexe,
Sans honte la femme qui me plaît connaît et avoue les délices du sien.
Dorénavant je m’écarterai des femmes insensibles,
J’irai demeurer avec celle qui m’attend, avec ces femmes qui ont le sang chaud et qui sont capables de me satisfaire,
Je vois que celles-là me comprennent et ne me repoussent pas,
Je vois qu’elles sont dignes de moi, je serai donc le robuste époux de ces femmes.
Elles ne sont pas d’un iota inférieures à moi,
Elles ont le visage tanné par les soleils rutilants et les vents qui soufflent,
Leur chair a l’antique souplesse et vigueur divine,
Elles savent nager, ramer, monter à cheval, lutter, tirer, courir, frapper, battre en retraite, s’avancer, résister et se défendre,
Elles sont extrêmes dans l’affirmation de leurs droits—elles sont calmes et claires, en pleine possession d’elles-mêmes.
Je vous attire contre moi, ô femmes,
Je ne puis vous laisser partir, je voudrais vous faire du bien,
Je suis fait pour vous, et vous êtes faites pour moi, et ce n’est pas de nous seuls qu’il s’agit, mais d’autres êtres,
Car, enveloppés en vous, dorment de plus grands héros et de plus grands bardes,
Qui refusent de s’éveiller au contact d’un autre homme que moi.
C’est moi qui viens, femmes, je m’ouvre un passage,
Je suis sévère, âpre, large, inflexible, mais je vous aime,
Je ne vous fais pas plus de mal qu’il n’est nécessaire pour vous,
Je verse la liqueur d’où sortiront des fils et des filles à la mesure de ces Etats, je pèse d’un muscle lent et rude,
Je me noue de toute ma force, je n’écoute aucune prière,
Je n’ose pas me retirer avant d’avoir déposé ce qui s’était depuis si longtemps accumulé en moi.
A travers vous je fais couler les ruisseaux emprisonnés de mon être,
J’enferme en vous un millier d’années du futur,
Je greffe sur vous les greffes de ce qu’il y a de plus cher pour moi et pour l’Amérique,
Les gouttes que je distille en vos corps feront germer des femmes impétueuses et athlétiques, des artistes, des musiciens et des chantres nouveaux,
Les enfants que je procrée de vous doivent procréer des enfants à leur tour,
Je prétendrai alors que des hommes et des femmes accomplis sortent de mes épanchements d’amour,
J’attendrai d’eux qu’ils s’entr’aiment avec d’autres, comme moi et vous nous nous entr’aimons maintenant,
Je compterai sur les fruits qui naîtront de leurs ondées ruisselantes, comme je compte sur les fruits qui naîtront des ondées ruisselantes que je dispense en ce moment,
Je serai dans l’expectative des moissons d’amour qui lèveront des naissances, des vies, des morts, des immortalités qu’aujourd’hui je plante si amoureusement.
SORTIE DE LA FOULE, OCÉAN QUI ROULE
Table des matières
Sortie de la foule, océan qui roule, une goutte s’est doucement approchée de moi,
Et m’a murmuré: Je t’aime, je mourrai bientôt, J’ai accompli un long voyage uniquement pour te contempler, te toucher, Car je ne pourrais pas mourir avant de t’avoir une fois contemplé, Et j’aurais eu peur de te perdre plus tard.
A présent que nous nous sommes rencontrés, que nous nous sommes regardés, nous pouvons être tranquilles,
Retourne en paix à l’océan, ma bien-aimée,
Moi aussi je fais partie de cet océan, ma bien-aimée, nous ne sommes pas tellement séparés,
Regarde le grand globe terrestre, la cohésion de tout, comme tout cela est parfait!
Quant à moi et à toi, si la mer irrésistible doit nous séparer,
Et pour une heure nous emporter vers des points contraires, elle ne peut cependant nous tenir à jamais éloignés l’un de l’autre;
Ne sois pas impatiente—un petit moment—sache-le, je salue l’air, l’océan et la terre,
Chaque jour au coucher du soleil, pour ta chère vie, mon aimée.
COMBIEN DE TEMPS FUMES-NOUS TROMPÉS NOUS DEUX
Table des matières
Combien de temps fûmes-nous trompés, nous deux!
Aujourd’hui métamorphosés, nous nous évadons promptement comme la Nature s’évade,
Nous sommes la Nature, longtemps nous avons été absents, mais à présent nous revenons,
Nous devenons plantes, troncs, feuillages, racines, écorce,
Nous sommes encastrés dans le sol, nous sommes rochers,
Nous sommes chênes, nous poussons côte à côte dans les clairières,
Nous broutons, nous sommes deux bêtes sauvages, mêlées aux troupeaux, primesautières à l’égal des autres,
Nous sommes deux poissons nageant de conserve dans la mer,
Nous sommes ce que sont les fleurs de l’acacia, nous laissons tomber des senteurs par les chemins, de l’aube au crépuscule,
Nous sommes également l’ordure grossière des bêtes, des plantes, des minéraux,
Nous sommes deux éperviers adonnés aux rapines, nous planons dans l’air et regardons en bas,
Nous sommes deux soleils resplendissants, c’est nous qui nous balançons arrondis et stellaires, nous sommes tels que deux comètes,
Nous rôdons dans les bois, quadrupèdes armés de griffes, nous bondissons sur notre proie,
Nous sommes deux nuages voyageant là-haut, les matins et les soirs,
Nous sommes des mers qui se mêlent, nous sommes deux de ces vagues joyeuses qui roulent l’une sur l’autre et s’entr’inondent,
Nous sommes neige, pluie, froid, ténèbres, nous sommes chaque produit et chaque influence du globe,
Nous avons fait des tours et des tours, tous les deux, avant de nous retrouver de nouveau chez nous,
Nous avons épuisé tout hormis la liberté, tout hormis notre propre joie.
Die kostenlose Leseprobe ist beendet.