Buch lesen: "Recueil des expressions vicieuses et des anglicismes les plus fréquents"

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Jules Fabien Gingras

Recueil des expressions vicieuses et des anglicismes les plus fréquents


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066084370

Table des matières

A.

B.

C.

D.

E.

F.

G.

H.

I.

J.

K.

L.

M.

N.

O.

P.

Q.

R.

S.

T.

V.

W.

ERREURS

A.

Table des matières

ALLÉGUÉ. Ce participe est souvent transformé en substantif, et cela inutilement, vu que nous avons le mot allégation.

ALLSPICE. Poivre de la Jamaïque.

AMARRER. Expression maritime très répandue parmi les classes ouvrières, car, généralement elles disent amarrer au lieu d'attacher des souliers, une coiffure, etc. Nos écoles seules pourraient parvenir à faire disparaître cette mauvaise expression, ainsi que beaucoup d'autres, en mettant leurs élèves en garde contre elles.

AMENDEMENT. Faire une proposition, une motion en amendement. Cette manière de dire est anglaise et incorrecte. Pour être exact il faut dire: Faire une proposition, une motion par voie ou sous forme d'amendement.

ANGLIFIER. Verbe anglais francisé. Le verbe français correspondant est angliciser.

APPLICATION. Comme ce mot a beaucoup d'acceptions, nous nous bornerons à démontrer dans quels cas on lui prête, mais à tort, la même signification en français qu'en anglais. S'agit-il de faire une demande, une requête, etc., presque invariablement l'on dit: j'ai fait ou je vais faire application. En consultant le dictionnaire, l'on se convaincra que l'on fausse l'acception de ce mot en l'employant ainsi.

APPOINTEMENT, APPOINTER. En anglais, ces deux mots signifient Nomination à quelque emploi, mais dans notre langue, appointements signifie Le salaire d'un employé, et appointer, Donner des appointements. Ces deux mots sont très souvent employés dans leur signification anglaise par nos hommes de profession; c'est pourquoi nous les insérons ici, tout en les priant d'éviter cette faute.

APPROPRIATION. Ce mot ne désigne que l'action de s'approprier, d'accaparer une chose. C'est donc à tort qu'on le voit figurer dans les documents et journaux publics, pour désigner une somme d'argent affectée à quelque objet, ou un crédit voté par la législature ou par des corporations. Pour être exact, il faut dire: vote d'argent, vote d'un crédit, ou bien: somme affectée ou destinée à quelque fin. La même faute se répète pour le verbe approprier, qui a une acception de plus que son substantif; exemple: une somme appropriée (c'est-à-dire proportionnée) aux besoins, aux circonstances. Il y a donc barbarisme chaque fois qu'on lit ou qu'on entend dire qu'une somme a été appropriée, au lieu de affectée, votée, appliquée ou destinée à des travaux ou autres fins.

ARGENTS. C'est à tort que nous écrivons souvent ce mot au pluriel, et cette erreur vient encore de l'anglais, qui dit moneys, mot qui signifie deniers ou espèces.

AVANCÉ. Nous faisons encore erreur en employant substantivement ce participe. C'est faire une assertion qu'il faut dire, et non faire un avancé.

B.

Table des matières

BACHELIER. Par ce mot, l'on désigne souvent, mais à tort, le garçon ou le célibataire.

BADRER. C'est encore un mot anglais francisé, et assurément il n'est pas un des moins ridicule, surtout lorsqu'on dit: c'est badrant! Nous avons les épithètes d'ennuyeux, de fatigant, voire même de scieur, qui rendent parfaitement l'idée de badrer; pourquoi donc ne pas nous en servir?

BAILLER. Vieux mot qui signifiait Donner et qui n'est plus usité qu'au palais, et encore l'est-il rarement; mais dans nos campagnes il est encore d'un emploi journalier, bien qu'il soit difficile de le reconnaître, tant il est aujourd'hui corrompu. Dans toutes leurs transactions, nos paysans disent: je vous barerai tant pour telle chose, au lieu de baillerai ou donnerai. Les instituteurs seuls sont en mesure de corriger la génération qui grandit de ce défaut.

BALLAST GROUND. Lieu de délestage.

BANDE DE MUSIQUE, BANDE MILITAIRE. Désignations empruntées de l'anglais par nous, tandis que nous avons celles-ci, qui valent beaucoup mieux: Corps de musiciens, Musique de régiment.

BANK. Banc du pressier. Ce banc est surmonté d'un pupitre sur lequel on place le papier à imprimer.

BARAUDER. Les ouvriers disent souvent barauder au lieu de virer ou tourner quelque chose bout pour bout.

BARDA. Qui peut dire d'où vient ce terme, dont les classes ouvrières, particulièrement les femmes, se servent au lieu de ranger, nettoyer ou faire le ménage? La disparition de ce mot barbare est grandement à désirer.

BARDEAU. Terme d'imprimerie synonime de casseau. C'est une réserve, distribuée comme la casse, dans laquelle on survide les sortes surabondantes. C'est ce que nos typographes appellent la casse de fonte.

BARLEY. Rarement l'on désigne ce grain par son nom français, et pourtant le mot orge est bien connu. Peeled barley, orge émondé; pearl barley, orge perlé.

BARRE. Ici encore, nous avons laissé s'introduire dans notre langage certaines acceptions que l'anglais seul doit reconnaître à ce mot, erreur que nous allons relever en indiquant les deux cas où nous avons à tort adopté ces acceptions. Le mot anglais bar, dans le cas où il signifie banc des accusés, est adopté par tous nos avocats français, car toujours nous les entendons dire: "le prisonnier à la barre." Il est bon, toutefois, de remarquer le soin qu'ils ont pris de le franciser, en écrivant barre au lieu de bar.—L'autre cas où barre est mal appliqué, c'est lorsque par lui nous voulons désigner le comptoir ou la buvette d'une auberge.

BARRÈNE. Jeu d'enfant qui consiste en une manière d'échelle tracée avec de la craie, dans laquelle on marche à cloche-pied, en poussant avec le pied une espèce de palet. Le nom français de ce jeu est mérelle ou marelle.

BARRER. Barrer une porte peut se dire lorsque cette porte se ferme au moyen d'une barre; mais si elle se ferme à la clé, il sera plus logique de dire porte fermée à clé que porte barrée.

BED. L'on appelle bed, à Québec, le meuble qui sert à la fois de lit et de banc; banc-lit est le nom français de ce meuble.

BELT. Ceinturon de cuir ou d'étoffe.

BILL OF LADING. Connaissement. Ce mot est assez connu, mais nos marchands canadiens se servent de préférence de l'anglais. Inutile d'ajouter qu'ils ont tort.

BITTERS. Pour bien des gens, bitters et absinthe sont deux choses tout-à-fait différentes, tandis qu'il n'y a de différence réelle que dans les noms. Il n'est pas besoin de dire qu'absinthe est le mot dont on devrait toujours se servir.

BITTERS (MIXED). Absinthe composée.

BLANC. Mettre du blanc se dit à tort au lieu de blanchir, qui signifie augmenter les interlignes, ainsi que cela se fait dans les pages où il se trouve des titres, etc.

BLOQUER une lettre. C'est la remplacer provisoirement par une autre de même épaisseur, afin de n'avoir pas de remaniement à faire en la débloquant. C'est ce que, dans nos imprimeries françaises, nous appelons virer.

BODKINS. Pointe. Outil qui sert à lever soit une lettre, un mot ou une ligne dans la correction de toute composition.

BOITE. Les avocats sont dans une complète ignorance de la nomenclature de leur profession, ignorance à laquelle ils suppléent en se servant, soit du mot anglais même, soit en le traduisant. Toujours ils disent: la boîte des témoins, la boîte des jurés, et pourtant, s'ils s'étaient donné la peine, ou plutôt l'agrément de lire le code criminel français, ils sauraient aujourd'hui qu'au lieu de boîte il faut dire: banc des témoins, banc des jurés.

BOMBE. A Québec, l'on dit presque toujours bombe au lieu de bouilloire, et pourtant, ce dernier mot désigne assurément mieux que le premier l'objet dont il est question.

BOOME. Ce mot est employé par nous, mais un peu francisé, car l'on dit bôme pour désigner une estacade flottante ou barrage en dedans duquel l'on tient du bois en flotte.

BOW-SAW. Scie à chantourner. Les menuisiers et ébénistes désignent toujours cette scie par son nom anglais.

BRACE. () Accolade.

BRACE (TO). Poser des bandages de fer en dedans de l'avant d'un navire. C'est ce que les charpentiers appellent à tort brécer.

BRAID. Bordures de robes de femmes. Milleret est le nom français de cette bordure, que nous appelons indifféremment braid ou miret; mais il est facile de voir que ce dernier mot est la corruption de milleret.

BOUCHARDE. Outil d'acier par le bas et fait en plusieurs pointes à diamant, à l'usage des tailleurs de pierre et désigné par eux sous le nom de ciseau à dents; mais ils se trompent davantage lorsqu'ils appellent boucharde le marteau dentelé et brételé, vu que laie est le véritable nom de ce marteau.

BRANDY. Tout le monde sait qu'eau-de-vie est le nom français de ce spiritueux; mais non content de le désigner par le nom anglais, l'on dit encore: du pale, du dark brandy, et c'est là le comble du ridicule, car si l'on veut du dark, il ne s'agit que de demander de l'eau-de-vie colorée; l'autre qualité de cette boisson se désigne sans qualificatif.

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Altersbeschränkung:
0+
Veröffentlichungsdatum auf Litres:
16 Januar 2025
Umfang:
34 S. 3 Illustrationen
ISBN:
4064066084370
Verleger:
Rechteinhaber:
Bookwire
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