Buch lesen: "Traité d'anatomie élémentaire"
J Govin
Traité d'anatomie élémentaire

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066304959
Table des matières
AVERTISSEMENT.
CHAPITRE PREMIER.
CHAPITRE II.
CHAPITRE III.
CHAPITRE IV.
CHAPITRE V.
CHAPITRE VI.
CHAPITRE VII.
CHAPITRE VIII.
CHAPITRE IX.
CHAPITRE X.
CHAPITRE XI.
CHAPITRE XII.
CHAPITRE XIII.
CHAPITRE XIV.
CHAPITRE XV.
CHAPITRE XVI.

AVERTISSEMENT.
Table des matières
S’IL est utile d’enseigner à la jeunesse la position géographique d’une infinité de villes, de fleuves, de lacs, de montagnes dont nous sommes séparés par des milliers de lieues, il ne serait pas moins avantageux de familiariser de bonne heure les jeunes gens avec les premiers élémens de l’anatomie, et ne pas leur laisser ignorer les noms, le nombre, la position, les rapports et les usages des principales parties qui composent le corps humain. En effet, on voit tous les jours beaucoup de personnes, fort distinguées d’ailleurs par leur érudition, tomber d’erreur en erreur lorsqu’elles viennent à parler de l’organisation physique de l’homme, et prendre, par exemple, un tendon pour un nerf; une veine pour une artère; la poitrine pour l’estomac, etc. Or, si l’étude des premiers principes de l’anatomie entrait dans l’éducation, on se trouverait à l’abri d’une multitude d’idées fausses qui, dans le monde, couvrent toujours d’un certain ridicule, et s’opposent encore, dans les cas de maladie, à ce que nous donnions au médecin des renseignemens exacts sur notre position.
Le petit ouvrage que nous offrons au public n’est pas un traité d’anatomie descriptive, et ne peut être utile qu’aux personnes entièrement étrangères aux sciences médicales: c’est une sorte de catéchisme très abrégé dont la lecture peut néanmoins suffire pour donner une idée générale de la structure et des usages des parties qui composent le corps de l’homme .
CHAPITRE PREMIER.
Table des matières
INTRODUCTION.
ON divise en deux grandes classes tous les corps de la nature: la première renferme les corps organisés ou les corps vivans; la seconde comprend les corps bruts ou les corps inorganiques.
Tous les animaux, toutes les plantes ou les végétaux sont des corps organisés; les minéraux seuls sont des corps bruts ou inorganiques.
Les animaux et les végétaux ont une origine par génération, et se sont toujours détachés de corps semblables à eux; ils affectent des formés arrondies, s’accroissent du dedans au dehors ou par intususception, jouissent de la faculté de se reproduire et ont une durée limitée.
Les minéraux doivent leur origine à un concours de circonstances fortuites; ils ont des formes anguleuses; leur accroissement se fait du dehors au dedans ou par juxtaposition, ils ne se reproduisent pas et ont une existence illimitée.
Les animaux et les végétaux sont les corps dont la structure est la plus compliquée; ils sont formés de parties qui diffèrent essentiellement les unes des autres. Par exemple: les débris d’un animal qui aura été coupé en pièces n’auront entr’eux aucune ressemblance sous le rapport de leur composition; les uns offriront de la peau, des portions de muscles, d’artères, de veines, etc.; les autres seront formés d’os, de cartilages, de tendons, de membranes, de glandes, etc.: il en sera de même des diverses sections d’un végétal qui présenteront, soit des tiges, des racines; soit des feuilles, des fleurs, des graines, etc.
Les corps bruts ont une composition simple qui est la même dans toutes leurs parties: les fragmens d’un morceau de marbre, par exemple, sont tous composés de la même manière et ont une nature semblable.
La science qui a pour objet l’étude de la structure des corps organisés se nomme Anatomie.
L’anatomie humaine est celle qui s’occupe exclusivement de l’homme; l’anatomie comparée traite de l’organisation des animaux; l’anatomie végétale, ou la botanique, n’étudie que les plantes.
L’étude des corps inorganiques ou des minéraux est du domaine de la minéralogie.
L’anatomie humaine est une science qui traite de la structure des organes qui composent le corps de l’homme, structure qu’elle fait connaître par la dissection, en indiquant le nombre, la position, les formes, les rapports, la texture et les usages de toutes les parties.
La connaissance de l’anatomie est de la plus grande utilité : elle guide le fer du chirurgien durant les opérations difficiles qu’exigent les nombreuses altérations physiques du corps; elle fournit au médecin les plus grandes lumières dans le traitement des maladies internes et donne les preuves les plus évidentes de la bonté et de la sagesse infinies du Créateur, en dévoilant l’admirable mécanisme et la structure aussi frêle que miraculeuse de l’économie animale.
L’art-de la dissection consiste dans la division méthodique des différentes parties du corps à l’aide d’instrumens tranchans, désignés sous le nom de scalpels.
On pourrait, au premier abord, regarder la dissection d’un cadavre humain comme un acte d’insensibilité et même de cruauté ; mais, en réfléchissant à l’horreur qu’inspire l’image de la destruction de notre propre espèce, aux dégoûts qu’il faut surmonter pour fouiller à travers des organes ensanglantés d’où s’écoulent presque toujours des fluides infectes, on ne peut voir dans l’anatomiste qu’un homme courageux qui brave de terribles impressions par une généreuse résolution, celle de s’instruire pour le soulagement des maux de son semblable.
L’ostéologie ou l’étude des os, la myologie qui traite des muscles, l’angiologie ou la description des vaisseaux, la névrologie qui s’occupe des nerfs, et la splanchnologie qui donne la connaissance des viscères, sont autant de parties dont l’ensemble forme la science de l’anatomie.
Le corps de l’homme est composé de solides et de fluides.
Les parties solides sont ou dures, tels que les os et les cartilages, ou molles, comme les muscles, les nerfs, les vaisseaux, etc.
Les parties fluides sont le sang et toutes les humeurs qui en sont séparées par voie de sécrétion ou d’exhalation, comme la lymphe, la salive, les larmes, la bile, l’urine, etc.
Le tissu cellulaire est une substance filamenteuse, plus ou moins blanche, que l’on rencontre généralement dans toutes les parties du corps; il se compose d’une infinité de fibres et de lames disposées de manière à former une multitude de petites cavités ou cellules qui communiquent toutes les unes avec les autres et renferment, soit de la lymphe, soit de la graisse: ce tissu est parcouru par un nombre considérable de vaisseaux, concourt à la formation de toutes les parties et leur sert de moyen d’union.
Les membranes sont des parties larges et minces destinées à tapisser l’intérieur des grandes cavités du corps et à recouvrir les organes qui y sont renfermés.
Les ligamens sont des parties fibreuses, très solides, qui unissent les os.
Les cartilages sont des substances d’un blanc laiteux, très élastiques et moins dures que les os dont elles servent à augmenter l’étendue et à recouvrir les surfaces articulaires.
Les nerfs sont des cordons blanchâtres composés d’un grand nombre de filamens placés les uns à côté des autres et réunis par du tissu cellulaire; ces cordons sont fournis par le cerveau, par la moelle alongée et la moelle épinière.
Les tendons sont des cordes plus ou moins arrondies, d’une couleur blanche perlée, formées de fibres parallèles très serrées et qui ont pour usage de communiquer l’action des muscles à des parties plus ou moins éloignées.
Les vaisseaux sont des parties qui contiennent les fluides qui circulent dans le corps de l’homme, comme les artères, les veines, les vaisseaux lymphatiques, etc.
Les glandes sont des organes qui varient des autres parties du corps humain par leur texture, leur forme, leur couleur, etc.; elles sont destinées à séparer du sang quelque liquide particulier, ou seulement à élaborer la lymphe. Les glandes qui séparent du sang quelque liqueur particulière se nomment conglomérées: tels sont le foie qui sécrète la bile; le pancréas qui fournit le suc pancréatique; les reins qui sécrètent l’urine, etc. Celles qui servent à perfectionner la lymphe portent le nom de conglobées: telles sont les glandes du mésentère, des aines, des aisselles.
Les muscles sont des masses plus ou moins rouges qui constituent ce qu’on nomme vulgairement la chair des animaux; ils sont les organes du mouvement.
Les viscères sont des parties du corps qui exercent les principales fonctions de l’économie animale; ils sont contenus dans les grandes cavités, telles que celles du crâne, de la poitrine ou du thorax, et du ventre ou de l’abdomen.
CHAPITRE II.
Table des matières
DE L’OSTÉOLOGIE.
L’OSTÉOLOGIE est la partie de l’anatomie qui traite des os.
L’étude de la structure du corps humain doit commencer par celle des os, parce que leur ensemble constitue une véritable charpente intérieure destinée à fournir des points d’appui et d’attache aux parties molles et à former de grandes cavités qui logent et protègent les organes les plus essentiels à la vie.
Les os sont les parties les plus dures de l’économie animale; ce sont des substances blanches, insensibles, très solides, formées par la réunion d’une multitude de fibres qui contiennent une matière particulière nommée gélatine, différens sels terreux et principalement du phosphate de chaux.
L’état des os n’est pas le même à toutes les époques de la vie; chez les enfans, ils contiennent beaucoup de gélatine, sont élastiques et par conséquent peu sujets à se fracturer: chez les vieillards, les os ont perdu leur élasticité en se dépouillant de leur gélatine pour se surcharger de matières calcaires qui les rendent très, durs et disposés à se rompre facilement.
Suivant les diverses dimensions que présentent les os, on les distingue en os longs, en os courts et en os plats: l’humérus ou l’os du bras, le fémur ou l’os de la cuisse, sont des os longs; les os du poignet ou du carpe sont des os courts; l’omoplate, les pariétaux, l’occipital sont des os plats.
On remarque dans les os trois sortes de substances osseuses: la substance compacte, la substance spongieuse et la substance réticulaire. Les os longs sont ceux dans lesquels ces trois substances sont les plus prononcées; la substance compacte forme leur partie moyenne ou leur corps, la substance spongieuse en occupe les extrémités, et la substance réticulaire est disséminée dans l’intérieur du canal dont le corps de ces os est creusé pour loger la moelle, et qui, en raison de cet usage, porte le nom de canal médullaire.
L’assemblage de tous les os qui forment la charpente du corps de l’homme porte le nom de squelette.
Il y a des squelettes naturels et des squelettes artificiels: les squelettes naturels sont ceux dont les os n’ont pas été séparés et sont restés unis par leurs ligamens naturels; les squelettes sont artificiels lorsque les os dont ils sont composés, après avoir été séparés par la macération ou par l’ébullition, ont été replacés dans leur ordre naturel et réunis à l’aide de fils métalliques.
La membrane fibreuse qui recouvre les os est nommée périoste; on l’appelle périchondre lorsqu’elle abandonne les os pour se porter sur les cartilages.
On divise le squelette en tête, en tronc et en extrémités ou membres.
La tète comprend le crâne et la face.
Le crâne est une sorte de boite osseuse, ovoïde, formée par la réunion de huit os, avant pour usage principal de renfermer le cerveau et ses membranes, le cervelet, et de protéger ces organes importans dans les chocs avec les corps extérieurs.
Les os du crâne sont: l’os frontal ou coronal, les deux pariétaux, les deux temporaux, l’os occipital, l’os sphénoïde et l’os éthmoïde.
Le coronal est situé à la partie antérieure du crâne, et supérieure de la face où il forme le front et une partie des fosses orbitaires.
Les deux pariétaux ont une figure qui approche de celle d’un carré ; ils forment la plus grande partie de la voûte du crâne.
Situé en arrière des pariétaux pour former la partie postérieure de la tête ou l’occiput, l’occipital est un des os les plus épais du crâne; il loge et protège la partie postérieure du cerveau et surtout le cervelet dont les plus légères lésions sont promptement suivies de la mort.
Les temporaux sont deux os situés sur les parties latérales du crâne où ils forment les tempes: on les divise en trois portions; la première est nommée écailleuse ou squamimeuse; la seconde s’appelle mastoïde; la troisième, connue sous le nom de rocher, est creusée de diverses cavités qui renferment les osselets de l’ouïe; ces osselets sont le marteau, l’enclume, l’étrier et l’os lenticulaire.
L’os sphénoïde, situé à la base du crâne, présente une figure que l’on a comparée à celle d’une chauve-souris dont les ailes seraient étendues; il s’articule avec tous les os du crâne et le plus grand nombre de ceux de la face.
L’os ethmoïde a été ainsi nommé parce qu’il offre, entre deux de ses portions appelées masses latérales de l’ethmoïde, une lame horizontale criblée d’un grand nombre de petits trous qui livrent passage aux filets des nerfs olfactifs ou nerfs de l’odorat.
La face se compose de deux parties distinctes: l’une, immobile et supérieure, porte le nom de mâchoire supérieure; l’autre, mobile et inférieure, est nommée mâchoire inférieure.
Les treize os dont l’assemblage forme la mâchoire supérieure sont: les os propres du nez, les os unguis, les os de la pommette, les os maxillaires supérieurs, les cornets inférieurs, les os palatins et l’os vomer.
La mâchoire inférieure est primitivement formée de deux os qui se réunissent ensuite pour n’en faire qu’un seul que l’on désigne sous le nom d’os maxillaire inférieur.
Les deux mâchoires sont bordées par des petits os très blancs et très durs que l’on nomme dents et dont le nombre total est ordinairement de trente-deux.
Solidement fixées les unes à côté des autres dans de petites cavités nommées alvéoles, les dents forment les arcades dentaires et sont distinguées en incisives, en canines et en molaires; les dents incisives coupent, les canines déchirent, les molaires broient les substances sur lesquelles elles agissent. Les dents servent à la mastication et à la prononciation, elles empêchent la salive de fluer hors de la bouche et sont un des principaux ornemens du visage.
La nature a voulu qu’à l’époque de la naissance les dents ne fussent point apparentes et qu’elles demeurassent cachées, pendant un certain temps, dans l’épaisseur des bords alvéolaires, afin d’éviter à la mère les douleurs que lui occasionnerait l’allaitement si le nouveau né avait les mâchoires armées.
L’os hyoïde doit être rangé au nombre des os de la tête; c’est un petit arceau osseux et fourchu, situé entre la base de la langue et le larynx, qui ne s’articule avec aucun autre os et n’est uni aux parties voisines que par des muscles et des ligamens.
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