Buch lesen: "Gérôme : huit reproductions fac-simile en couleurs"
Henry Roujon
Gérôme : huit reproductions fac-simile en couleurs

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066333614
Table des matières
PLANCHE I. — JEUNES GRECS FAISANT BATTRE DES COQS.
POUR PARAÎTRE LE 1 er DE CHAQUE MOIS
GÉROME
LA VIE DE GÉROME
L’ŒUVRE DE L’ARTISTE
L’ART DE GÊROME
PLANCHE I. — JEUNES GRECS FAISANT BATTRE DES COQS.
Table des matières
(Musée du Luxembourg, Paris.)
Ce tableau fut le premier de Gérôme; il figura au Salon de 1847, où il obtint le plus vif succès. Théophile Gautier, qui était un critique difficile, lui adressa des louanges précieuses. L’artiste fit plus tard toute sorte de réserves sur cette œuvre; mais le public, moins sévère que lui, admire l’élégante nudité des jeunes gens et l’ardeur combative des deux adversaires.


POUR PARAÎTRE LE 1er DE CHAQUE MOIS:
Table des matières
FROMENTIN.
BREUGHEL LE VIEUX.
ALPHONSE DE NEUVILLE.
LE CORRÈGE.
GUSTAVE COURBET.
HUGO VAN DER GOES.
PAUL BAUDRY.
GOYA.
HÉBERT.
ALBERT DURER.
HENNER.
LE BRUN.
FANTIN-LATOUR.
LOUIS DAVID.
BASTIEN-LEPAGE.
PHILIPPE DE CHAMPAIGNE.
ROSA BONHEUR.
DÉJA PARUS:
VIGÉE-LEBRUN.
REMBRANDT.
REYNOLDS.
CHARDIN.
VELASQUEZ.
FRAGONARD.
RAPHAËL.
GREUZE.
FRANZ HALS.
GAINSBOROUGH.
L. DE VINCI.
BOTTICELLI.
MEISSONIER.
VAN DYCK.
RUBENS.
HOLBEIN.
LE TINTORET.
FRA ANGELICO.
WATTEAU.
MILLET.
MURILLO.
INGRES.
DELACROIX.
LE TITIEN.
COROT.
VÉRONÈSE.
PUVIS DE CHAVANNES.
QUENTIN LA TOUR.
VAN EYCK.
NICOLAS POUSSIN.

GÉROME
Table des matières
GÉROME a sa place marquée parmi les peintres illustres du XIXe siècle en France. Il connut les succès, les honneurs, la renommée officielle, et il en fut digne, sinon par un tempérament d’une fougueuse personnalité, du moins par un labeur assidu, une vision exacte, ordonnée et pittoresque des êtres et des choses, une étonnante et féconde variété dans le choix, dans l’interprétation des sujets.
Élève de Paul Delaroche, il semblait avoir hérité de sa magistrale adresse à saisir dans une composition le détail frappant, émouvant. Comme le peintre historien de la Mort du Duc de Guise, Gérôme excella dans la mise en scène toujours dramatique des personnages ou des événements qu’il savait évoquer avec un soin scrupuleux et savant.
Malgré sa souplesse et bien qu’il ait affirmé sur de vastes toiles son talent ingénieux et plein de ressources, il se place à côté de Meissonnier par son extrême souci de l’exactitude, de l’effet précis.
Disparu depuis quelques années, Gérôme a laissé des souvenirs très vivants parmi ses amis et ses élèves dont plusieurs sont devenus des maîtres. Comme homme et comme artiste, il fut et demeure, quelle que soit la diversité des opinions, des méthodes et des tempéraments, profondément regretté.
Un maître orientaliste, un érudit curieux et raffiné, un chroniqueur parfois rigoureux, plus souvent charmant et délicat, de la vie ancienne ou moderne, tel nous apparaît Gérôme dans son œuvre considérable.
Qu’il peigne les hommes du désert, les aimées d’Égypte, qu’il nous représente les gladiateurs du Cirque, la mort de César, les loisirs d’un Frédéric II, les rêves d’un Bonaparte, ou qu’il nous fasse assister à ce Duel d’hiver au Bois de Boulogne à la sortie du bal masqué, devenu si populaire, Gérôme sait toujours captiver l’attention par l’opposition saisissante des couleurs qui s’allient a la probe netteté du dessin.
Et qu’importe la recherche de l’effet si, par l’impression générale de l’ensemble et le charme du détail, elle est heureuse, si le résultat couronne l’effort!
L’effort chez Gérôme, précisément, fut d’une vaillante et noble persévérance. Il se renouvelait sans cesse. Malgré la gloire assurée, il ne refit jamais le même tableau. Dans la dernière partie de sa vie, il voulut être en même temps qu’un peintre illustre un sculpteur émérite, et il y réussit. Sa tentative pour restaurer à sa manière l’art précieux des statuaires anciens, quoique diversement appréciée, demeure notoire.
A la veille de la quatre-vingtième année et de sa brusque fin, Gérôme travaillait encore avec l’ardeur et la foi splendide de la jeunesse.
C’est un exemple réconfortant qui nous ravit et nous émeut comme ses tableaux les plus séduisants.
PLANCHE II. — RÉCEPTION DES AMBASSADEURS SIAMOIS
(Musée de Versailles.)
Ce tableau est curieux parce qu’il montre de quelle manière pittoresque Gérôme entendait la peinture officielle. Il en avait reçu la commande en 1865 de la maison de l’Empereur. Il a rendu avec beaucoup de bonheur tout le côté pompeux et coloré de la scène, très jolie dans le cadre somptueux de la Salle des Fêtes de Fontainebleau.

LA VIE DE GÉROME
Table des matières
Jean-Léon Gérôme est né à Vesoul, le 11 mai 1824. Il conserva toute sa vie un certain accent franc-comtois qui donnait plus de saveur à ses spirituelles anecdotes ou à ses piquantes reparties.
Il appartenait à une honorable famille de la bourgeoisie. Son excellent biographe, M. Moreau-Vauthier, rapporte que son grand-père allait recevoir les ordres quand éclata la Révolution. Son père était horloger et orfèvre à Vesoul. Enfant, il eut une santé assez fragile.
Il fit cependant d’assez bonnes études au collège de sa ville natale. Il y étudia le grec, le latin. Son professeur de dessin, Cariage, qui avait remarqué ses premiers essais, lui donnait des conseils et des encouragements.
A quatorze ans, il copiait un tableau de Decamps rapporté de Paris. On a dit que son père favorisa de suite sa vocation artistique. Il ne faut pas exagérer. Sa famille craignait les difficultés d’une carrière hasardeuse. Mais, reçu bachelier à l’âge de seize ans, ce qui n’était pas un titre commun à cette époque, il obtint l’autorisation de venir étudier dans la capitale sous les auspices de Paul Delaroche, pour lequel il était muni d’une lettre de recommandation.
On aime à se figurer le jeune homme sortant seul de la diligence et se mettant bravement à l’ouvrage pour la conquête du talent et du succès.
Il fréquenta très assidument l’atelier de Delaroche qui, gendre d’Horace Vernet, jouissait alors, non seulement d’une grande notoriété de professeur, mais encore d’une énorme influence à l’École des Beaux-Arts et à la cour de Louis-Philippe.
Delaroche, qu’on a pu appeler le Casimir Delavigne de la peinture, sans être un révolutionnaire, un romantique, se séparait des froids traditionnalistes de l’école par son souci profond de l’exactitude, du geste, intéressant et vrai.
Gérôme s’inspirera de principes analogues. Tout en s’intéressant profondément au costume, au milieu, à la couleur locale, il évitera l’excès et gardera une mesure en quelque sorte classique jusque dans la fantaisie la plus moderne.
Les élèves de Delaroche étaient fort gais; Gérôme se plaisait dans l’atelier où Cham se divertissait à jouer vis-à-vis des étrangers le rôle “ de patron ”, avec des camarades tels qu’Alfred Arago, Hébert, Hamon, Jalabert, Landelle, Picou, Yvon, etc...
Il se les attachait par sa verve et son humeur caustique. A cette époque, il fait des copies, il dessine pour les journaux; mais, bien qu’une petite pension mensuelle de cent francs lui assure une sécurité relative, il est inquiet. Ce jeune homme de dix-huit ans est impatient de se manifester. Il cherche sa voie.
Il commence à la trouver en accompagnant en Italie son maître qui a fermé son atelier. Il y passe une année.
A son retour, il étudie quelque temps chez Gleyre, puis il travaille pendant plusieurs mois au Bonaparte franchissant les Alpes, de Delaroche.
En 1847, Gérôme débute au Salon par un véritable coup de maître: dans une exposition où Les naufragés dans une barque, de Delacroix, et l’Orgie Romaine, de Couture, retenaient tous les regards, le jeune artiste attira vivement l’attention par ses Jeunes Grecs faisant battre des coqs. Théophile Gautier célébra avec enthousiasme cette œuvre qui valut à Gérome des louanges précieuses et des appuis importants.
Nous reviendrons sur cette toile significative qui est au musée de Luxembourg depuis 1874 et au sujet de laquelle l’artiste, ayant acquis toute sa maîtrise, devait faire toute sorte de réserves.
La rencontre de ce peintre de vingt-trois ans, à qui la renommée souriait déjà, et de Gautier, le prince magnanime de la critique et de la poésie, eut lieu dans des circonstances qui méritent d’être rapportées.
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