Buch lesen: "Les gemmes et joyaux de la couronne"

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Henry Barbet de Jouy

Les gemmes et joyaux de la couronne


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066315658

Table des matières

MUSÉE IMPÉRIAL DU LOUVRE

VASE ANTIQUE DE SARDOINE

ÉPÉE DE CHARLEMAGNE

CALICE DE CRISTAL DE ROCHE

VASE ANTIQUE DE SARDONYX

VASE ANTIQUE DE PORPHYRE

VASE D’ALIÉNOR D’AQUITAINE

PATÈNE DU CALICE DE SUGER

BUIRE ORIENTALE DE CRISTAL DE ROCHE

AGRAFE DU MANTEAU ROYAL DE SAINT LOUIS

JOYAUX

RELIQUAIRE

DRAGEOIR DE CRISTAL DE ROCHE

VASE ANTIQUE DE SARDOINE

BASSIN DE CRISTAL DE ROCHE

ÉPÉE DE FRANCOIS PREMIER

AIGUIÈRE DE CRISTAL DE ROCHE

VASE DE JASPE ORIENTAL

HANAP DE CRISTAL DE ROCHE

COUPE DE JASPE ORIENTAL

BOUTEILLE DE CRISTAL DE ROCHE

COUPE DE JASPE

DRAGEOIR DE CRISTAL DE ROCHE

COUPE DE JASPE DE SICILE

DRAGEOIR DE CRISTAL DE ROCHE

DRAGEOIR DE JASPE ORIENTAL

NEF DE CRISTAL DE ROCHE

SALIÈRE DE LAPIS-LAZULI

VERRE DE CRISTAL DE ROCHE

COUPE DE JASPE ORIENTAL ET VASE DE CRISTAL DE ROCHE


A MONSIEUR

LE COMTE DE NIEU WERKERKE

SÉNATEUR

MEMBRE DE L’INSTITUT, SURINTENDANT DES BEAUX-ARTS

Monsieur le Surintendant,

La collection des gemmes & joyaux de la couronne s’est formée de siècle en siècle par l’adjonction des objets rares de pierres fines & pierres dures, qu’ont possédés & se sont transmis les princes qui ont régné sur la France; ceux de ces objets qu’une tradition historique désigne comme ayant été à l’usage de l’un d’eux, ont été, par la volonté de l’Empereur, réunis dans le Musée des Souverains, dont S. M. a daigné me confier la garde: parmi ceux-ci, & pour n’en citer que quelques-uns, sont l’épée de Childéric, fils de Mérovée & père de Clovis, l’épée de Charlemagne, celle de François Ier, l’agrafe du manteau royal & l’anneau de saint Louis; il en est d’autres, en plus grand nombre, rassemblés successivement dans les trésors, les cabinets, les garde-meubles de la couronne, conservés tour à tour à Fontainebleau sous les Valois, à Versailles sous Louis XIV, sous Louis XVI à Paris, qui au commencement de ce siècle ont été transportés au Musée du Louvre. Ce sont des œuvres exquises, créées aux plus belles époques de l’art, vases, coupes, aiguières, taillées dans le cristal de roche, dans la sardoine & le jaspe, dans l’agate ou le lapis, précieuses par la matière, plus précieuses par le travail.

C’est cette partie brillante de nos collections, exposée sous votre administration & par vos soins dans la galerie d’Apollon, que vous m’avez, Monsieur le Surintendant, autorisé à publier.

Vous avez approuvé que, réunissant en un corps d’ouvrage une suite de pièces, uniques en leur espèce, sur lesquelles on peut étudier les formes caractéristiques & les inventions nouvelles pour chacune des époques où l’art moderne s’est développé ou modifié, j’en voulusse populariser par la reproduction les modèles, & en faire mieux apprécier par des explications l’enchaînement & le mérite relatif.

Vous avez approuvé que, faisant un choix difficile à faire parmi les hommes habiles qui sont l’honneur ou l’espérance de notre école de gravure, j’aie confié à M. Jules Jacquemart la tâche de dessiner & de graver à l’eau-forte les objets curieux qui, classés chronologiquement, sont le commencement de ma publication. Vos encouragements & vos conseils ont puissamment servi nos efforts réunis; vous avez vu avec satisfaction que des modèles dont l’excellence est reconnue fussent présentés dans un ordre méthodique pour être mis à la disposition des artistes; vous avez regardé comme un avantage & un progrès que tous fussent reproduits dans leurs dimensions réelles & fussent interprétés par un mode de gravure qui en fait comprendre l’aspect pittoresque, sans atténuer l’exactitude des lignes ni la fidélité des détails.

Permettez donc, Monsieur le Surintendant, que je vous dédie cet ouvrage, & que, reconnaissant ce qu’il vous doit, en vous l’offrant je vous rende hommage pour tout ce que je vous dois moi-même.

Votre respectueusement dévoué,

HENRY BARBET DE JOUY.

Paris, 15 août 1865

MUSÉE IMPÉRIAL DU LOUVRE

Table des matières

COLLECTION DES GEMMES ET JOYAUX DE LA COURONNE

PLANCHE I

ÉPÉE DE CHILDÉRIC IER ROI DES FRANCS, MORT EN 481 ET GLOBE DE CRISTAL DE ROCHE TROUVÉS DANS SA SÉPULTURE, A TOURNAY

La forme de l’arme est celle de l’épée romaine. Elle était portée du côté gauche. Un or très-pur, battu au marteau & réduit en lames, compose le revêtissement de la poignée; c’est également l’or, mais travaillé au ciseau, qui constitue le pommeau de l’épée, dont près d’une moitié manque. Sur le milieu du pommeau l’on peut remarquer le commencement de l’ornementation qui est reproduite avec un développement complet sur la double garde & sur les trois pièces dont le fourreau de l’épée était garni.

Cette ornementation, qui a l’apparence d’une mosaïque translucide dont les interstices seraient cloisonnés d’or, est d’une exécution tellement précise qu’en aucun temps on n’eût su mieux faire. L’or en est la base; c’est dans l’or que sont emboîtées les sections de verres ayant uniformément la couleur & la transparence du grenat, dont est formé le pavage qui épouse tous les contours & revêt toutes les surfaces; ce sont des lames d’or qui, interposées entre les sections de verres, dessinent les différents réseaux qu’a imaginés le caprice de l’orfévre.

Des trois pièces d’orfévrerie décorant le fourreau, deux ont été dessinées en la place qu’elles y occupent; la troisième, en raison de la coupure qu’a motivée le format de notre publication, a été reportée au haut de la planche, à gauche. C’est celle qui garnit l’extrémité du fourreau qu’elle termine, & elle se distingue des deux autres par la cornaline blanche évidée en anneau, que l’on remarque en sa partie inférieure. Cette pièce est fragmentée & a perdu l’appendice qui, remontant sur le bord du fourreau, répétait au bas, mais dans le sens contraire, le motif qui se voit descendant dans l’agrafe rapprochée de la garde.

L’épée de Childéric a été donnée au roi Louis XIV, en 1665, par Léopold Ier, empereur d’Allemagne.

Elle est conservée dans le Musée des Souverains, & est le plus ancien monument de la monarchie française.

(N° 3 de notre notice, Antiquités mérovingiennes.)

PL. 1

MUSÉE DU LOUVRE.


VASE ANTIQUE DE SARDOINE

Table des matières

Hauteur, 0m,175. — Diamètre, 0m,090.

Il est taillé dans un bloc de sardoine orientale, de couleur très-sombre & très-intense.

Les peuples de l’antiquité ont aimé passionnément les matières précieuses, & leurs artistes les ont travaillées avec une habileté que les modernes n’ont jamais surpassée. Pline raconte comment le triomphe de Pompée introduisit à Rome les vases & les coupes de matières précieuses ou ornés de pierreries; il les nomme Gemmata potoria. Le cristal de roche dont il parle d’abord semble avoir été beaucoup plus rare dans l’antiquité qu’il ne l’est devenu dans les temps modernes; quoique les Romains n’aient pas ignoré qu’on en trouvait de très-beau dans les Alpes, ils estimaient surtout celui qui venait d’Orient, & le cristal de l’Inde était préféré à tout autre. Ce qu’ils recherchaient, & avec raison, c’était sa belle eau; lorsqu’il était sans défauts, ils se gardaient bien de le cacher sous des gravures. «Pura esse malunt... nec spumæ colore, sed limpidæ aquæ » telles sont les expressions fort justes que l’on trouve dans Pline; & elle n’est pas moins vraie cette gracieuse image d’un poëte: «Cristal, eau enfermée dans la pierre, dis-moi qui t’a «congelé ? — Borée? — Ou qui t’a fondu? — Le vent du Sud?»

Un globe de cristal de roche tel qu’est celui gravé ici-contre (sur la première planche de ce recueil), ne représente-t-il pas bien la boule d’eau congelée dont parle le poëte grec? Nous ne saurions douter combien, au cinquième siècle, un objet semblable était estimé d’un roi franc, combien il avait dû lui paraître curieux & rare, puisqu’il fut enfermé près de lui dans sa sépulture avec ses armes, & les armes ont toujours été ce qu’un guerrier eut de plus cher. Les chefs barbares qui attaquèrent l’empire romain s’éprirent des objets brillants & des fabrications délicates dont les maîtres du monde avaient emprunté le goût & l’usage aux nations plus rapprochées qu’eux de l’Orient; le sort des combats fit passer en d’autres mains cette portion fragile des dépouilles conquises, & l’historien de Charlemagne, Éginhard, sait fort bien observer que les Francs enlevèrent avec justice, aux Huns, ce que les Huns avaient injustement enlevé aux autres nations.

C’est par cette transmission que, dès les premiers siècles de la monarchie française, les vases de matières précieuses, taillés en Orient, en Grèce, à Rome, furent connus, recherchés & gardés dans les trésors des rois. Nous verrons, plus loin, Aliénor d’Aquitaine offrir à son fiancé le roi de France un vase antique de cristal de roche, & Suger, abbé de Saint-Denis, faire enrichir par l’art de ses orfévres ce vase & d’autres de semblable nature, ayant une même origine.

Le vase de sardoine de la Collection de la Couronne a été jugé assez rare pour que le nom de Vase de Mithridate lui ait été attribué & se soit conservé par tradition.

(N° 413 de l’Inventaire des bijoux de la Couronne, 1791.)

MUSÉE DU LOUVRE


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Altersbeschränkung:
0+
Veröffentlichungsdatum auf Litres:
16 Januar 2025
Umfang:
69 S. 33 Illustrationen
ISBN:
4064066315658
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Rechteinhaber:
Bookwire
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