Buch lesen: "Doctrine de M. Olier"

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Henri-Joseph Icard

Doctrine de M. Olier

Expliquée par sa vie et par ses écrits


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066314743

Table des matières

PRÉFACE.

OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES.

CHAPITRE I.

§ I. — DISTINCTION DES TROIS PERSONNES DIVINES.

§ II. — ATTRIBUTIONS FAITES AUX TROIS PERSONNES DE LA SAINTE TRINITÉ.

§ III. — EXPLICATION DE QUELQUES TERMES DONT M. OLIER S’EST SERVI EN PARLANT DE LA SAINTE TRINITÉ.

CHAPITRE II.

§ I. — DOCTRINE DE M. OLIER SUR LA CRÉATION.

§ II. — LA DOCTRINE DE M. OLIER SUR LA CRÉATION EXCLUT L’IDÉE DU PANTHÉISME.

§ III. — CONCLUSIONS PRATIQUES QUE M. OLIER TIRE DU DOGME DE LA CRÉATION.

CHAPITRE III.

§ I. — DESSEIN DE DIEU DANS LA PRODUCTION DES ÊTRES QUI SONT A L’USAGE DE L’HOMME.

§ II. — NÉCESSITÉ D’UNE SAGE RÉSERVE DANS L’USAGE DES CRÉATURES, POUR SE MAINTENIR DANS L’ORDRE ÉTABLI PAR LA DIVINE PROVIDENCE.

CHAPITRE IV.

§ I. — M. OLIER NE PARLE PAS DE LA CORRUPTION DE L’HOMME DÉCHU AUTREMENT QUE N’EN ONT PARLÉ LES HOMMES DE SON TEMPS, LES PLUS RESPECTABLES PAR LEUR ATTACHEMENT AUX DOCTRINES DE L’ÉGLISE.

§ II. — LA DOCTRINE DE M. OLIER SUR LA CORRUPTION DE L’HOMME DÉCHU, N’A RIEN DE COMMUN AVEC LES ERREURS CONDAMNÉES DANS BAIUS.

§ III. LA DOCTRINE DE M. OLIER SUR LA CORRUPTION DE L’HOMME DÉCHU NE S’ÉCARTE PAS DE CELLE DE PLUSIEURS GRANDES ÉCOLES THÉOLOGIQUES.

CHAPITRE V.

§ 1. — CONCEPTION DE NOTRE-SEIGNEUR DANS LE SEIN DE LA SAINTE VIERGE. — PRÉPARATION DE LA SAINTE VIERGE A CE GRAND MYSTÈRE. — UNITÉ DE PERSONNE EN NOTRE-SEIGNEUR.

§ II. — LUMIÈRES ET GRACES DE JÉSUS ENFANT DANS SA SAINTE HUMANITÉ.

§ III. — CONSÉQUENCES PRATIQUES QUE M. OLIER TIRE DES PERFECTIONS DE LA SAINTE ENFANCE DE NOTRE-SEIGNEUR.

§ IV. — NOTRE-SEIGNEUR SE PRÉPARE A SON MINISTÈRE PUBLIC. — VIE DE RETRAITE. — BAPTÊME. — PÉNITENCE AU DÉSERT.

§ V. — MINISTÈRE PUBLIC DE NOTRE-SEIGNEUR. — IL ACCOMPLIT LA LOI MOSAÏQUE ET IL ÉTABLIT LA LOI ÉVANGÉLIQUE. — CARACTÈRE DE L’UNE ET DE L’AUTRE.

§ VI. — INSTITUTION DE LA SAINTE EUCHARISTIE. SACRIFICE ET SACREMENT.

§ VII. — JÉSUS-CHRIST. — MORT ET SÉPULTURE.

§ VIII. — RÉSURRECTION DE JÉSUS-CHRIST ET SON ASCENSION. — DESCENTE DU SAINT-ESPRIT.

§ IX. — VIE DE JÉSUS-CHRIST DANS LES AMES. — UNION DES AMES EN DIEU. — QUIÉTISME.

CHAPITRE VI.

§ I. — DÉVOTION DE M. OLIER POUR LA SAINTE VIERGE.

§ II. — CE QU’EST LA SAINTE VIERGE PAR RAPPORT AUX TROIS PERSONNES ADORABLES DE LA TRÈS SAINTE TRINITÉ.

§ III. — CE QUE LA SAINTE VIERGE EST PAR RAPPORT A L’ÉGLISE, AUX CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES ET AUX AMES.

CHAPITRE VII.

CHAPITRE VIII.

§ I. — NOTRE-SEIGNEUR GLORIFIÉ DANS LES SAINTS.

§ II. — SAINT JOSEPH. — LES SAINTS APOTRES.

CHAPITRE IX.

§ I. — SAINT GRÉGOIRE LE GRAND.

§ II. — SAINT AMBROISE.

§ III. — SAINT MARTIN DE TOURS.

§ IV. — SAINT CHARLES BORROMÉE.

§ V. — SAINT THOMAS D’AQUIN.

CHAPITRE X.

§ I. — ARRANGEMENTS AVEC M. DE FIESQUE, CURÉ DE SAINT-SULPICE. PRISE DE POSSESSION.

§ II. — DESSEINS DE M. OLIER ET SES MAXIMES DANS LA DIRECTION DE LA PAROISSE.

§ III. — ZÈLE DE M. OLIER POUR MAINTENIR DANS LA PAROISSE L’INTÉGRITÉ DE LA FOI.

§ IV. — ZÈLE DE M. OLIER POUR LA SANCTIFICATION DES AMES.

§ V. — M. OLIER SE DÉMET DE SA CURE; IL VEUT SE DÉMETTRE AUSSI DE TOUS SES BÉNÉFICES.

CONCLUSION.


PRÉFACE.

Table des matières

On a entrepris d’introduire auprès du Saint-Siège la cause de M. Olier, à l’effet d’obtenir un jour la béatification de ce vénéré père et fondateur de la Compagnie de Saint-Sulpice.

Des informations préalables ont été faites à Paris, sous l’autorité de l’ordinaire du diocèse, M. Darboy, et envoyées à Rome, avec une copie, reconnue intègre, des manuscrits du serviteur de Dieu, sous le sceau de l’archevêque.

Cette cause, qui intéresse tout particulièrement la Compagnie de Saint-Sulpice et le clergé de France, est demeurée suspendue à la suite des difficultés qu’a fait naître un livre de M. Faillon, imprimé à Rome avec la permission du maître du sacré Palais, en 1866, sous le titre de Vie intérieure de la très sainte Vierge, ouvrage recueilli des écrits de M. Olier, 2 vol. in-8°.

Trois examinateurs, désignés par le maître du sacré Palais, le frère H. Gigli, tous les trois consulteurs ou membres de la S. Congrégation de l’Index, le P. Pierre Semenenko, M. Bailliès, ancien évêque de Luçon, le cardinal Clément Villecourt, ancien évêque de la Rochelle, avaient approuvé le livre avec de grands éloges. L’ouvrage fut néanmoins déféré à l’Index, par un théologien qui crut y trouver des propositions répréhensibles; la Congrégation le fit examiner avec soin. Si nous sommes bien informé, le plus grand nombre des consulteurs ont émis un vote favorable et quelques-uns, qui s’étaient montrés enclins à Je condamner, ont changé d’avis, entre autres le P. Perrone, théologien de la Compagnie de Jésus. Toutefois, comme il y avait dans le livre des idées et des expressions que bien des lecteurs auraient pu interpréter dans un sens contraire à la vraie doctrine, pour prévenir ce danger, la S. Congrégation, tout en s’abstenant de le condamner, a jugé, dans sa sagesse, que si l’on devait reproduire le fond de cette œuvre, on ne le ferait qu’avec des corrections, qu’une commission serait chargée de nous communiquer. Nous nous sommes conformé à ces intentions, désireux de témoigner, en cette circonstance comme en toute autre, notre religieuse et filiale soumission à tous les avis qui nous sont donnés, au nom du Saint-Père. Le livre a donc été publié, avec les retranchements convenables, sous le même titre, avec une approbation du vénéré cardinal Guibert, archevêque de Paris, qui déclare l’avoir lu «avec grande édification». Il ajoute: «Il est facile de reconnaître

«dans ce livre la doctrine substantielle et abon-

«dante que l’on trouve, en général, dans les au-

«teurs ascétiques du dix-septième siècle. Persuadé

«que ce livre est très propre à augmenter dans

«les âmes la dévotion envers la sainte Vierge, et à

«les porter à l’imitation de ses vertus, nous lui

«donnons notre approbation et nous en recom-

«mandons la lecture.»

Quoique la Vie intérieure de la sainte Vierge ne fût pas un livre de M. Olier, mais le travail personnel de M. Faillon, qui l’avait composé avec les textes réunis tirés de divers manuscrits, avec des commentaires et des dissertations d’après un système qu’il avait conçu, et qui, contre son intention, pouvaient ne pas rendre exactement la pensée de M. Olier: comme le fond principal était recueilli des écrits de notre pieux fondateur, il a été réglé que l’on ferait un examen de ces écrits, imprimés ou manuscrits, avant que la S. Congrégation fût autorisée à poursuivre la cause du serviteur de Dieu. Des occupations nombreuses et de chaque jour, nous avaient empêché jusqu’ici d’étudier à fond ces écrits, pour nous rendre compte de la valeur des difficultés que l’on pourrait faire.

C’est ce travail que nous sommes maintenant en mesure de soumettre aux examinateurs. Que la sainte Vierge nous aide à expliquer, avec exactitude, les pensées de l’un de ses plus fidèles serviteurs, de ses enfants les plus dévoués!

Nous n’avons pas à traiter ici des vertus du serviteur de Dieu; nous nous bornons à l’examen de ses doctrines. Nous conseillerons cependant à ceux qui veulent les bien connaître, de lire attentivement sa vie; il y a une telle harmonie entre ses sentiments et ses principes, entre son enseignement et sa conduite, que l’une éclaire l’autre et en donne la véritable explication.

Il nous semblé utile de présenter d’abord quelques observations préliminaires, et de donner la liste des écrits, soit imprimés, soit manuscrits qu’a laissés notre fondateur.

On a fait deux copies des manuscrits de M. Olier, que l’on a collationnées, avec beaucoup de soin, avec les autographes. L’une de ces copies est conservée à la Procure de Rome. L’autre est à la Solitude. Nous avons suivi celle-ci, pour indiquer les tomes et la pagination des textes que nous citons, parce qu’elle était à notre disposition.

OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES.

Table des matières

ÉCRITS DE M. OLIER.

I. — La sagesse qui dirige l’Église, lui a inspiré de ne pas donner suite aux demandes qui lui sont faites de procéder à la béatification d’un fidèle qui aurait fait un livre, ou laissé un manuscrit, sans s’être assurée d’abord que ces écrits ne renferment rien contre la foi, ou contre les bonnes mœurs. Il est dit dans un décret d’Urbain VIII: «Diligentissime indagandum

«est an ille vel illa, pro cujus canonisatione instatur,

«scripserit aliquos libros, tractatus, opuscula, medita-

«tiones, aut aliquid simile; nam si scripsisse consti-

«terit, non prius est ad aliquem actum inquisitionis

«deveniendum, quam tales libri in sacra congre-

«gatione examinentur; utrum contineant errores

«contra fidem vel bonos mores, vel doctrinam

«aliquam novam, vel peregrinam atque a communi

«Ecclesiæ sensu et consuetudine alienam.»

Benoît XIV commente fort au long ce décret dans son savant ouvrage De servorum Dei Beatificatione et Bealorum Canonisatione, lib. II, cap. XXV, ad. XXXV. Des recherches consciencieuses doivent se faire pour découvrir les écrits et en avoir les autographes, si c’est possible. La sacrée congrégation dispense de l’envoi de ces autographes, quand elle est assurée que le texte est fidèlement reproduit dans l’imprimé ou dans les copies.

L’examen des écrits a pour but de s’assurer de la parfaite orthodoxie de l’écrivain, de son respect religieux pour les doctrines et les pratiques de l’Église, de sa prudence; car il n’est pas possible de concilier la vertu solide, bien moins encore la vertu héroïque que suppose ce décret de béatification, avec l’opposition aux doctrines et aux pratiques de l’Église, ni avec un défaut de prudence chrétienne dans la direction de la vie.

Pour juger sainement de l’orthodoxie personnelle d’un écrivain, de la pureté de ses sentiments, de la droiture de ses pensées, il faut tenir compte de l’enseignement des théologiens de son siècle, du sens que l’on donnait généralement aux termes dont il s’est servi, de la manière dont il s’explique lui-même dans les divers écrits qu’il a composés. Une doctrine, aujourd’hui définie par l’Église, était-elle indécise dans l’esprit de plusieurs bons catholiques et laissée à la libre discussion des écoles théologiques, à l’époque où vivait l’écrivain? On serait dans ce cas plus indulgent pour lui, si l’on trouve dans ses écrits des opinions moins en harmonie avec l’enseignement actuel. De même en est-il de la précision du langage: on est plus exigeant pour un théologien que pour un auteur mystique. Quand il s’agit de livres de spiritualité, on a égard à la manière dont s’expriment les auteurs qui traitent de ces matières: il n’est pas rare d’en voir qui ne mettent pas dans l’expression de leurs pieux sentiments la sévère exactitude qu’un docteur mettrait dans une thèse. L’amour de la saine doctrine, la réprobation d’une erreur qui compromet la pureté des maximes évangéliques, excitent en eux un saint enthousiasme qui ne considère pas toujours la portée rigoureuse des termes.

Enfin on est moins sévère pour les ouvrages écrits au courant de la plume et qui n’ont pas été revus pour être livrés au public; surtout pour des écrits intimes dans lesquels on communique toutes ses pensées au guide de sa conscience, afin d’obtenir de lui des conseils et une règle de conduite.

Ces observations doivent être présentes à l’esprit de celui qui veut juger les œuvres de M. Olier.

II. — M. Olier consentit vers la fin de sa vie, sur la prière instante qui lui en fut faite, à laisser imprimer le Catéchisme chrétien pour la vie intérieure, dans lequel il expose les fondements de la vie surnaturelle, pour les âmes qui tendent à la perfection; l’Introduction à la vie et aux vertus chrétiennes, qui applique ces principes aux vertus principales du christianisme, l’humilité, la mortification, la douceur, la charité, etc.; la Journée chrétienne, qui en fait l’application aux actes ordinaires de la journée et à diverses circonstances de la vie; l’Explication des cérémonies de la grand’messe de paroisse, livre destiné plus particulièrement aux prêtres et à un petit nombre de fidèles pieux et instruits.

Ces ouvrages furent imprimés avant sa mort . M. Tronson donna au public, quelques années après, le Traité des saints ordres et un recueil de ses Lettres. Le ministère pastoral, qu’il avait rempli pendant dix ans, dans la paroisse de Saint-Sulpice, l’avait mis en rapport avec un grand nombre de personnes de toutes conditions, qui avaient recours à lui, prêtres, religieuses, hommes du monde, et auxquelles il se fit un devoir d’indiquer les voies où elles devaient marcher pour aller à Dieu, selon les attraits de sa grâce. L’éditeur mit des textes des saints Pères en marge du traité des Saints Ordres; et pour les Lettres, qu’il publia en 1672, il crut devoir en retrancher des détails sur des personnes vivantes alors, et qu’il était prudent de garder sous silence; comme aussi divers incidents qui n’avaient pas d’intérêt pour l’édification du lecteur. On en a fait récemment une édition aussi complète qu’il a été possible, à la suite de beaucoup de recherches. L’éditeur a mis au bas des pages des notes historiques sur les personnes auxquelles ces lettres avaient été adressées .

Plusieurs écrits de M. Olier sont demeurés à l’état de manuscrits. Ce ne sont pas des travaux achevés, mais de simples projets; nous ignorons les modifications qu’il aurait jugé convenable d’y faire, s’il les avait revus pour les publier. Tels sont, entre autres, des traités Des attributs divins, De la Création, Des Mystères de Notre-Seigneur, De la sainte Vierge, Des saints Anges, Des tentations diaboliques, Projet d’un séminaire, et divers écrits sur la direction des séminaires; Maximes pour le gouvernement de la paroisse de Saint-Sulpice, Pratiques et Règles pour l’exercice du saint ministère au tribunal de la pénitence pour assister les malades et les préparer à recevoir le sacrement; Homélies, Sermons, Panégyriques, Fragments divers. On a transcrit tous ces autographes dans une copie qui remplit quatre volumes petit in-4°.

Nous avons enfin les Mémoires de M. Olier, renfermant, jour par jour, pour quelques années de sa vie, les pensées qu’il avait eues dans son oraison, ou pendant la journée. Il y a naturellement peu de suite, et souvent des répétitions, dans ces réflexions qui lui étaient suggérées, les unes par des incidents qui s’étaient produits, les autres par les mouvements que le Saint-Esprit lui donnait, ou par les grâces qu’il en recevait. Il n’a écrit ces pensées, ces impressions, ces lumières que par obéissance à son directeur; le plus souvent il ne relisait pas ce qu’il avait écrit, et il le lui remettait, pour qu’il en fît ce qu’il jugerait à propos, le jeter au feu, ou le conserver, si cela devait servir à la gloire de Dieu. «Mon courage, disait-

«il, est parfois tout abattu, voyant les impertinences

«que j’écris. Elles me semblent être de grandes pertes

«de temps pour moi et mon cher directeur, que j’ai

«crainte d’amuser; je plains les heures qu’il doit

«employer à les lire .»

La doctrine de M. Olier, qu’on l’étudie dans les livres imprimés ou dans les manuscrits, n’est pas différente de celle qu’ont enseignée les saints des siècles antérieurs et les écrivains les plus autorisés de son temps: saint François de Sales, le cardinal de Bérulle, les Pères Thomassin, Lessius, Saint-Jure, Bernard de Piquigny, Nouet, etc., etc.; il n’y a que la forme qui les distingue. Nous y admirons des vues très élevées sur les mystères de la sainte Trinité, de Notre-Seigneur, de la sainte Vierge, de l’Église et de sa sainte hiérarchie. Il a plus insisté que la plupart des autres écrivains sur la corruption de la nature déchue, et sur la nécessité d’agir sous l’impulsion du Saint-Esprit, pour nous unir à Notre-Seigneur et participer à sa vie divine. Il l’a fait souvent dans des termes d’une énergie que l’on prendrait pour de l’exagération si l’on s’en tenait à l’écorce de la lettre, car il avait un très vif et profond sentiment des choses; mais quand on considère au fond ses propositions, quand on les voit dans le contexte, on y découvre une vraie et solide doctrine. On pourra en juger par le petit travail que nous entreprenons. Nous ne dissimulons rien de ce qui pourrait donner lieu à une difficulté ; et nous verrons M. Olier expliquer lui-même dans un sens irrépréhensible ce qui paraît moins correct dans tel endroit de ses Mémoires ou de ses autres écrits.

Nous ne nous sommes pas occupé du style de M. Olier, chose étrangère au but que nous nous proposions. Bien des pages offrent un style remarquablement beau par sa fermeté, sa correction et l’élévation de la pensée; assez souvent l’auteur laisse à désirer sous ce rapport, parce que tout entier et uniquement pénétré de ses idées, il ne se préoccupe nullement de sa phrase. Il n’écrivait que sous l’impression de son grand esprit de foi et de son cœur plein d’amour, ne respirant que la grâce de Dieu: le côté littéraire lui était fort indifférent, pourvu qu’il fit aimer Notre-Seigneur.

Nous déclarons, en terminant ces observations préliminaires, que si nous donnons quelquefois au serviteur de Dieu le nom de vénérable ou de saint, c’est uniquement pour exprimer les sentiments de vénération que nous avons personnellement pour lui, sans vouloir, en aucune manière, prévenir le jugement de l’Église. Nous n’avons pas non plus l’intention de nous prononcer sur la réalité des révélations qu’il a cru recevoir de Notre-Seigneur, de la sainte Vierge, ou des Saints; nous sommes très porté à juger que lui-même ne prenait pas, ordinairement, ces lumières surnaturelles pour des révélations proprement dites, mais que, pénétré de cet esprit de foi qui lui faisait voir Dieu en toutes choses, il considérait comme venant de lui, ou de la sainte Vierge, toute bonne pensée qu’il avait, tout pieux sentiment que son cœur éprouvait; cette disposition est très conforme aux saintes maximes de la foi.

CHAPITRE I.

Table des matières

DIEU UNIQUE EN TROIS PERSONNES. MYSTÈRE DE LA SAINTE TRINITÉ.

Dieu était tout pour M. Olier, comme il doit l’être pour une âme chrétienne. Il le contemplait, il le bénissait, il l’aimait dans ce qu’il voyait sur la terre, comme dans ce qu’il considérait dans les airs; dans les êtres vivants, comme dans les créatures inanimées; dans les moindres incidents de la vie, comme dans les événements les plus importants. Il s’appliquait à vivre dans une entière dépendance de son Esprit, uniquement désireux de procurer sa gloire. On trouve très fréquemment dans ses écrits une vive expression des sentiments qui l’animaient. Qu’on en juge par cette page que nous transcrivons de ses Mémoires: «Je le bénis de tout ce qu’il veut, car tout est saint en

«Dieu. Sanctus, sanctus Dominus Deus Sabaoth. Ma joie

«est de savoir qu’il est glorifié au ciel et sur la terre,

«et plût à Dieu que tous les cieux et la terre fussent

«pleins de la divine gloire de sa Majesté, et que la

«terre, l’air et tous les éléments ne cédassent pas au

«ciel de magnifier sa sainteté, sa grandeur et sa

«gloire. Que le ciel est petit pour un Dieu si grand,

«si puissant, si magnifique! Que tout avoue qu’il n’y

«a rien de semblable à Dieu! Quis ut Deus ?»

€1,99
Altersbeschränkung:
0+
Veröffentlichungsdatum auf Litres:
16 Januar 2025
Umfang:
391 S. 2 Illustrationen
ISBN:
4064066314743
Verleger:
Rechteinhaber:
Bookwire
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