Buch lesen: "Signification de l'art"

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Gustave Geffroy, J. C. Holl

Signification de l'art


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066322137

Table des matières

Signification de l’Art

Les Salons du Printemps PAR J.-C. HOLL

LES INDÉPENDANTS

PORTRAIT ET NU

PAYSAGE

LA VIE MODERNE

INTÉRIEURS, NATURES MORTES ET FLEURS

LA PEINTURE DÉCORATIVE

DESSINS, EAUX FORTES, AQUARELLES

SCULPTURE

LA NATIONALE

PEINTURE DÉCORATIVE

PORTRAIT ET NU

PAYSAGE

VIE MODERNE

DESSINS, GRAVURE

SCULPTURE

ARCHITECTURE, AMEUBLEMENT, ART DÉCORATIF

LES ARTISTES FRANÇAIS

PEINTURE DÉCORATIVE, PEINTURE D’HISTOIRE

PORTRAIT ET NU

VIE MODERNE

PAYSAGE

INTÉRIEURS, NATURES MORTES ET FLEURS

SCULPTURE

PASTEL, AQUARELLE, DESSINS

EAU-FORTE, LITHOGRAPHIE, GRAVURE SUR BOIS

MINIATURES, ART DÉCORATIF

Troisième Exposition DE L’ASSOCIATION DES ARTISTES ESPAGNOLS

0 FR. 60Mai1905

Les

Cahiers d’Art

et de

Littérature

SOMMAIRE:


RÉDACTION ET ADMINISTRATION

22, rue Claude-Lorrain, PARIS-XVI

Signification de l’Art

Table des matières

Passer en revue la production d’une année, c’est déjà prendre un recul, c’est essayer de se faire une idée de ce qu’apercevra la postérité, de nos efforts et de nos œuvres. Il est trop clair que presque toute notre agitation sera évanouie. Il en est des œuvres de l’esprit comme des villes d’où l’on s’éloigne. On se retourne, de temps à autre, et la silhouette se simplifie à mesure que la route s’allonge. De loin, quelques monuments seuls émergent. De très loin, très loin, on ne voit plus rien qu’une brume, que la nuit des temps, le néant.

Il ne faut donc pas se placer trop loin pour établir une revue de l’année écoulée. Avec tous les soucis d’ensemble et de vérité qui peuvent être les nôtres, nous sommes trop de notre temps pour nous abstraire aussi vite, aussi complètement, d’hier et d’aujourd’hui.

Heureusement pour nous! car nous ne jouirions pas des choses, ne trouverions pas grande saveur à la vie qui nous entoure, à la vie personnelle que nous vivons. L’idée d’un premier classement, revisable par nos successeurs, nous vient donc simplement à l’esprit. Parmi tout ce qui a été actualité de vingt-quatre heures ou de cinq minutes, le souvenir a retenu ce qui s’est trouvé en rapport avec nos idées générales, avec notre émotion. Il a retenu aussi ce qui nous a heurté, ce qui a suscité en nous une discussion. Et puis, en dehors de cela, un grand silence, un grand vide, l’immense désert d’art des redites, des pastiches, des continuations de médiocres habiletés, de pratiques de métier, de raisons sociales péniblement maintenues.

Il n’y a pas ici, qu’on le croie bien, une opinion violente exprimée au hasard, mais une constatation tranquille. Toute l’histoire de l’Art est là qui atteste la rareté du génie, et même du talent, la hautaine exception des œuvres souveraines. Pourquoi les choses auraient-elles changé de nos jours? Pourquoi tout compterait-il, des milliers et des milliers d’œuvres exhibées chaque année?

Aussi, une impression confuse reste-t-elle des grands et des petits Salons. Il est impossible de se rappeler autre chose qu’une œuvre individuelle, une œuvre marquée au sceau d’une observation particulière, d’une sensibilité profonde, d’une pensée supérieure, lorsque cette œuvre s’est présentée parmi l’amas coutumier.

C’est avec ces œuvres espacées, aperçues de loin en loin, que se fait plus tard l’histoire d’une école nationale. Il en fut ainsi en Italie, en Espagne, en France, en Flandre, partout.

Muni d’une telle opinion, basée sur l’expérience continue des siècles, on voit, telle qu’elle est, la vanité des désignations de groupes, de sous-groupes, écoles particulières, on se soucie peu des brandissements de drapeaux, des programmes, des affiches, des déclarations où chaque troupe se proclame seule en possession de la seule vérité. Ces réunions, ces programmes, ces batailles, cela, certes, est nécessaire à la vie, mais il importe de reconnaître que c’est tactique sociale, et non expression d’un dogme esthétique. Les dogmes se succèdent, s’écroulent les uns sur les autres, les théories deviennent des curiosités intellectuelles, des menus fragments de la pensée humaine. L’énorme majorité des œuvres concues en vertu de ces théories disparaît sans laisser de trace,–la seule œuvre reste qui exprime fortement la prise de possession des choses par l’artiste.

Les dénominations usitées aujourd’hui: impressionnistes, néo-impressionnistes, symbolistes, idéistes, mystiques, importent donc peu. L’important n’est pas dans les mots.

Toute la critique d’art ne peut être que la sensation d’un passant, issue d’un spectacle et d’une comparaison: le spectacle des choses, la comparaison des choses avec l’explication qu’en donne l’Art. Tout se tient, tout se relie à la Nature et à l’Humanité issue de cette Nature. L’homme est un témoin de sa propre existence et de l’univers qui l’entoure. L’Art est le témoignage qu’il laisse, comme il laisse sa philosophie, sa littérature, ses actes. La vérité ne peut se trouver enclose dans une formule, elle est universelle, chaque individu en représente une parcelle,–elle se confond avec la vie.

Dire pourquoi l’on écrit des pages de critique d’art, c’est dire pourquoi l’on a choisi la littérature comme moyen d’expression, c’est dire pourquoi l’on écrit.

Les procédés, les techniques, la matérialité des arts plastiques disparaissent ici, et il faut bien en arriver à découvrir et à formuler le vrai sens des choses. L’Art, comme le reste, rentre dans la vie, sert de preuve à l’expérience de chaque jour, devient significatif de notre état conscient, de notre philosophie de l’existence. La manifestation quelconque de littérature, de peinture, de sculpture, de musique, ne vaut que par la confidence exaltée qu’elle représente, par le témoignage apporté sur l’Univers par l’homme qui apparaît, qui passe, qui disparaît, être passager qui laisse sa marque durable dans cet espace qui lui survit.

L’œuvre d’art, ainsi, prend sa place dans le champ d’observation de notre esprit, exactement comme le passé rêvé, comme le présent observé, comme l’avenir pressenti. Elle s’inscrit parmi les actes humains, elle est un témoignage et un testament. La critique qui s’exerce à montrer et à expliquer cette œuvre d’art, équivaut donc au même travail de savoir et de passion, qui fait revivre les disparus dans l’Histoire et anime les vivants dans le Roman. C’est une critique qui part de l’observation, c’est-à-dire des faits, de la nature, et qui aboutit à l’imagination, c’est-à-dire à un état d’esprit créé par le contact d’un être avec l’univers. La promenade d’un sensitif à travers l’Art peut donc aboutir à une œuvre de vérité, au même titre qu’une expérience de la vie–à la condition que cette expérience soit aussi présente–puisque l’Art et la vie se confondent, puisque la vie révolue n’existe plus que par le résumé et l’attestation de l’Art.

Tout est dans tout, et l’unité des phénomènes de tous ordres s’aperçoit vite, pour peu qu’on y réfléchisse. Dans l’œuvre d’art, comme dans toutes nos phases de sensibilité et de passion, je trouve les preuves du socialisme qui m’émeut, de la philosophie de lumière, d’harmonie, de vérité, à laquelle je voudrais atteindre.

Ce n’est pas la philosophie restreinte à la sensation égoïste, mais la solidarité établie avec tout ce qui existe. C’est le poème de la terre qui nous porte, écrit avec la force qui possède, avec l’émotion qui adore. C’est l’enivrement passager de l’heure qui sonnne et ne reviendra plus, la grâce éphémère de la vie fixée dans l’instant, prolongée par la synthèse de l’œuvre expressive. Pendant la minute que nous vivons, le décor de l’univers se réflète en nous,–les champs, les bois, les rivières, les fleurs, la mer, les nuages,–et les admirables physionomies qui expriment avec tant d’ardeur le désir de vivre, la hâte de profiter des jours, la mélancolie consciente de l’éphémère.

L’œuvre d’art devient ainsi l’histoire des humbles qui n’ont pas d’histoire, l’apparition continuée de tout ce qui a disparu. C’est la survie, malgré les siècles et malgré le néant, de l’être qui a pris la pa role pour tous et qui transmet avec lui toute l’humanité qu’il a incarnée, que l’on aurait pu croire à jamais obscure, définitivement abolie, et qui se perpétue, pour aussi longtemps que durera notre état de matière, par quelques lignes d’écriture, par une toile peinte, par un geste de statue.

Gustave (teffroy.


Les Salons du Printemps
PAR J.-C. HOLL

Table des matières

Avant d’aborder l’étude des trois salons du printemps, nous essaierons de noter quelques faits d’ordre général que nous suggère cette manifestation annuelle.

L’ensemble des œuvres atteint le nombre de11747. Ces chiffres prouveraient au premier abord la vitalité ou le goût des Beaux-Arts en France, mais tous ces envois ne se distinguent pas par une originalité transcendante et nous sommes obligés de convenir que si l’on fait beaucoup de peinture, celle-ci n’est pas toujours l’expression proétique de la vie.

De vieilles formules, qu’on croyait oubliées, ressuscitent et, par contre, toutes les exagérations, les licences et les fantaisies prennent naissance dans le cerveau des jeunes artistes.

Les Salons des Artistes français et des Indépendants nous offriront les termes extrêmes de cette comparaison. Les Ar– tistes français, école de la routine et du procédé, où l’Art trop souvent se réduit à une question de métier et d’intrigues, tue peu à peu le dernier germe d’indépendance nécessaire à la lutte d’aujourd’hui. L’existence des Indépendants prouve sa vitalité et il serait ridicule d’en contester la bravoure utile car d’excellents peintres y ont réfugié leur fierté. La plupart possèdent la hardiesse junévile, ses exagérations, ses outrances aussi. Ce beau souffle libertaire explique leur audace d’expression et l’étrangeté de certains sujets, mais on y retrouve mieux qu’ailleurs cette fraîcheur des émois adolescents, la volupté des sens affirmée par des nudités truculentes, mais aussi tout le stupre informe des chastes et des insatisfaits.

Néanmoins, le souvenir des maîtres impressionnistes plane sur ces jeunes talents et cette floraison d’œuvres chante, gauchement peut-être, la glorification de la lumière et la religion de la liberté.

Par l’exemple de l’affranchissement, la Nationale doit aussi aux Impressionnistes son existence d’abord, son orientation ensuite. Ce Salon représente vraiment l’art national et sa vitalité est considérable. Les talents les plus divers s’y coudoient et l’on sent à parcourir ses salles que l’on se trouvé parmi des visions justes, des talents mûrs.

Les talents isolés qui donnent aux Artistes Francais sa raison d’être s’étiolent dans l’immense banalité qui consacre chaque année le renom de cette succursale de l’Ecole.

Pourquoi ne créerait-on pas un Salon unique composé des meilleurs artistes de notre époque?

M. Roll, qui vient d’être promu à la présidence de la Nationale, est, par son esprit libéral et son grand talent, tout indiqué pour former ce Bloc qui donnerait au mouvement artistique moderne un essor d’unité incomparable et dirigerait son évolution vers le magnifique horizon de vie et de lumière qu’ont découvert de grands artistes comme Monet, Pissarro, Renoir et Rodin.

LES INDÉPENDANTS

Table des matières

Les Indépendants ont eu l’heureuse idée de rendre hommage à deux disparus par une exposition rétrospective de quelques-unes de leurs œuvres.

Van Gogh et Georges Seurat, tous deux morts jeunes, à l’âge où l’on prend conscience de son talent, sont représentés ici par quelques toiles d’une force réelle. Van Gogh n’aimait pas la banalité et devant ces œuvres très harmonieuses dans leurs violences, on suit l’évolution de cet artiste âpre et tourmenté. Rien ne donnera l’impression de sarcasme et de révolte comme cette belle Ronde des prisonniers aux gestes mécaniquement soumis, qui tournent au sein du préau glacial de la prison.

Georges Seurat fut un théoricien qui dépensa son talent à fragmenter les tons infinis de sa palette et à peindre avec la science d’un grand coloriste. Certes, il y manque la belle fougue du jeune homme conquis par la prestigieuse beauté de la nature, mais dans son œuvre, à côté du travailleur méthodique et raisonné, apparaît une âme harmonieuse, captivée par la sérénité infinie des belles couleurs et l’arrangement placide de la vie.

Ces deux noms rappellent des manifestations fiévreuses. Du groupe néo-impressionniste dont Seurat fut un membre écouté subsistent d’excellents artistes. Leur sincérité et leur tenacité excusent cette fierté de vouloir se tenir à l’écart en donnant ainsi à ce salon son caractère combatif et indépendant. Quelques-uns ont émigré vers les autres Salons, mais soucieux de reconnaissance, ils se sont souvenu de leurs débuts.

Le pointillisme, représenté par MM. Signac, Cross, Angrand, Henri Matisse, n’est pas encore parvenu à donner sa mesure et à plier le procédé à la vision unitaire de la vie. Baudelaire n’avait certes pas rêvé pour son admirable Invitation au voyage, l’illustration de M. Matisse: Luxe calme et volupté. M. Rysselberghe par contre montre plus d’habileté et son Torse de femme nue est un beau morceau, savamment fondu et mis en lumière où la vie de la chair s’épanouit. Avec cette même technique M. Baudin est étonnant de fraîcheur et de virilité dans la Toilette interrompue.

En somme le procédé peut aboutir, comme le démontrent presque ces deux derniers artistes, mais les difficultés auxquelles il se heurte ont rebuté la plupart des jeunes qu’attira la manière large de Manet. Ce grand souvenir, comme une présence occulte, vivifie la masse de ceux qui, libérés et encouragés par les impressionnistes, voulurent trouver dans cette voie la réalisation de leur talent. Parmi eux, de très bons peintres qui seront plus tard les représentants de notre école française se vouent franchement à la recherche intégrale de la juste vision des choses. Des noms se pressent sous ma plume, mais la multiplicité des œuvres m’oblige à les étudier sous les différentes dénominations des genres.

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Genres und Tags

Altersbeschränkung:
0+
Veröffentlichungsdatum auf Litres:
15 Januar 2025
Umfang:
82 S. 4 Illustrationen
ISBN:
4064066322137
Verleger:
Rechteinhaber:
Bookwire
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