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Gabriel Thouin
Plans raisonnés de toutes les espèces de jardins

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066303327
Table des matières
PRÉFACE.
TABLEAU DES GENRES, SECTIONS ET SORTES DE JARDINS.
INTRODUCTION.
PRÉFACE.
Table des matières
POUR mettre le Public à portée de connaître la nature et l’étendue de l’ouvrage que nous nous proposons de publier, nous allons exposer rapidement quelques vues générales, et les principaux caractères propres et particuliers aux différens Jardins.
On peut diviser les Jardins en quatre sections principales, en raison de leurs divers usages.
La première comprend les Jardins économiques ou légumiers, à commencer par ce qu’on appelle marais, près des grandes villes, jusqu’à ceux que l’on nomme potagers, et qui accompagnent presque toujours les grands Jardins de plaisance.
La deuxième se compose des Jardins fruitiers ou vergers, dans lesquels les arbres sont, ou abandonnés à leur croissance naturelle, ou soumis à l’art de la taille.
La troisième renferme les Jardins de botanique destinés à la culture des séries plus ou moins nombreuses de plantes propres à l’étude de cette science, ou employées dans la pharmacie et la médecine.
Dans la quatrième enfin, se trouvent les Jardins d’agrément ou de plaisance, dont le nombre varie à l’infini, suivant les localités, la nature du sol, la situation et le climat.
Ces Jardins doivent être divisés eux-mêmes en trois séries principales, savoir:
1o. Les Jardins symétriques, à la composition desquels procèdent la règle et le compas, et que l’on exécute au moyen de la toise, des jalons et du cordeau;2o. Les Jardins chinois, anglais ou de genre irrégulier, qui n’ont pour principes que le caprice ou la fantaisie de leurs constructeurs et les facultés de leurs propriétaires;3o. Les Jardins des paysages, paysagistes, paysagers ou de la nature (noms que l’on donne dans les divers ouvrages qui en traitent spécialement.
Les Jardins symétriques n’admettent dans leur composition que des formes régulières, et des surfaces plus ou moins planes dans leurs parties ou même dans leur ensemble. Tels sont les Jardins du Palais-Royal, du Luxembourg, des Tuileries, de Versailles. L’architecte Lenotre, au commencement du siècle dernier, a fourni les plus beaux modèles en ce genre.
Les Jardins de la deuxième série offrent, dans un espace très-rétréci, toutes sortes de formes fantastiques, en même temps que les diverses productions des arts et les fabriques de toutes espèces, amoncelées sans nécessité comme sans rapports entre elles. Tels étaient les Jardins de Mouceaux et de Chavilles; tels sont encore une grande partie de ceux qui ont été exécutés à Paris, dans les temps modernes.
Enfin le caractère de la troisième et dernière série des Jardins d’agrément est d’imiter les plus belles scènes de la Nature, en faisant disparaître l’art qui a servi à les établir. Ceux d’Ermenonville, de Guiscard, de Méré-ville, de Trianon, de Jambeville, de Moulin-Joli, construits par Watelet, de l’Académie française, Girardin, Morel, Belanger, MM. Lecourbe, Blaikié, etc., offraient ou présentent encore de beaux exemples de cette série de Jardins, chantés avec tant de grâces par Delille, dans son poëme des Jardins.
Ceux-ci ne doivent pas être confondus avec les Jardins qu’on nomme communément chinois ou anglais, puisque c’est la Nature qui a fourni leur modèle, et que les principes, d’après lesquels ils sont établis, ont été posés en France, dès le commencement du siècle dernier, par Dufreny. Cet architecte a donné un beau modèle de cette construction sur un terrain qui lui appartenait, dans le faubourg Saint-Antoine, à Paris: de plus, les plans qu’il présenta à Louis XIV des vastes Jardins de Versailles, de Meudon et de Saint-Germain-en-Laye, dont quelques-uns ont été gravés, suffisent pour lui assurer l’antériorité sur ses concurrens en ce genre.
Cette série des Jardins paysagistes ou de la Nature offre cinq sections différentes, qui comprennent les Jardins champêtres, sylvestres, pastoraux, romantiques, et les parcs ou carrières. Ces noms leur ont été donnés en raison des caractères qui les distinguent dans leur ensemble, et dont nous tracerons ici une légère esquisse.
Un sol plane ou peu tourmenté, des prairies, des terres labourables, des cultures économiques, des vergers agrestes, des bouquets de bois, des masses fleuries, une culture soignée, des eaux vives, des fabriques agricoles et des vues ménagées sur tout le pays environnant avec lequel ils paraissent se confondre, constituent les Jardins du style champêtre.
On donne le nom de sylvestres à ceux dont le sol âpre et tourmenté présente des rochers, des chutes d’eau, des forêts d’arbres estivaux et résineux, des clarières tapissées de gazon et émaillées de fleurs des diverses saisons; des fabriques appropriées au site, des chaumières agrestes de bûcherons et de charbonniers augmentent les caractères distinctifs des Jardins de cette section.
Ceux de la troisième ou du style pastoral exigent des terrains unis ou un peu concaves, traversés par des eaux vives, formant des ruisseaux, de petites rivières, des lacs bordés de pelouses, de prairies, d’oseraies, de saules, de bouquets d’arbres aquatiques variés par leur port et leur hauteur, des ponts, des moulins, des bestiaux de plusieurs espèces, des cabanes rustiques propres aux animaux qui animent la scène, et aux hommes qui les gouvernent.
On appelle Jardins romantiques ceux dont le sol très-varié dans son plan, ainsi que dans ses élévations et ses contours, présente des pièces de gazon, des tapis de fleurs, des masses d’arbustes, des bouquets d’arbres d’agrément de toutes lès saisons, des bois dans leurs différens âges, des futaies, des eaux dans les divers états dans lesquels on les rencontre dans la nature. Ces Jardins admettent, pour ornement, des vases, des statues, des colonnes, des grottes, des ruines, des tombeaux et des temples.
Enfin, la cinquième et dernière sorte des Jardins paysages, nommée parc ou carrière, nécessite les plus grandes dimensions dans son ensemble. Un parc comprend souvent un pays entier: celui de Versailles, par exemple, renferme le Jardin du palais, les châteaux et les Jardins des deux Trianons, les fermes de Satori, des hameaux, des villages et des bourgs. Les Jardins de cette section admettent tout ce qui distingue les quatre précédentes, tous les genres de culture, tous les bâtimens, depuis les palais des souverains jusqu’à la cabane du charbonnier et la hutte du berger. Ils comportent l’emploi des eaux sous foutes les formes et dans les plus grandes dimensions, toutes les usines et les fabriques, tous les chemins qui doivent servir à les parcourir ou les traverser: ils admettent tous les animaux sauvages et domestiques, toutes les serres propres à la conservation des végétaux étrangers des différentes zones de la terre. Mais il faut que chaque scène qui se présente aux regards, encadrée dans ses limites, n’offre pas de contraste choquant et encore moins de contradictions; il faut qu’elle soit liée aux autres par des transitions ménagées avec art, de manière à inspirer de l’intérêt, à le soutenir et à l’augmenter pendant toute la durée des promenades ou des courses. Comme elles se font ordinairement à cheval ou en voiture, il est essentiel d’établir, dans les voisinages de l’habitation, des allées circonscrites dans de petites espaces qui puissent servir aux promeneurs à pied, à toutes les heures du jour et dans toutes les saisons; de former des sentiers ou chemins qui conduisent directement à chaque site en particulier, et enfin des routes qui forment les limites de la propriété, et, la traversant dans tous les sens, conduisent à tous les points de vue qui ont été ménagés pour rendre les courses diversifiées et agréables: enfin ces compositions doivent rassembler les sites les plus gracieux et les plus surprenans, et emprunter aux arts mécaniques, à l’architecture, la peinture, la sculpture, ce qu’ils offrent de plus approprié aux différentes scènes et de plus séduisant.
Les Jardins de Guiscard, de Chanteloup, de Bay, de Chantilly, d’Ermenonville, en France; ceux de Stowe, de Persfield, de Haglay en Angleterre; en Allemagne, ceux de Nymphenbourg et de Munich, et enfin, si l’on en croit les relations, ceux des empereurs de la Chine aux environs de Pékin, présentent, ou du moins présentaient, car plusieurs d’entre eux n’existent plus, des modèles plus ou moins perfectionnés de ce genre de Jardins.
Nous présenterons ici le tableau méthodique des genres, des sections ou séries et des principales sortes de Jardins, dont nous venons de présenter l’énumération et d’esquisser les caractères. Pour des personnes exercées, cette forme nous paraît plus commode pour faire voir, d’un coup-d’oeil, l’ensemble de l’ouvrage que nous nous proposons d’offrir au public.
TABLEAU
DES GENRES, SECTIONS ET SORTES DE JARDINS.
Table des matières

Ces vingt-cinq principales sortes de Jardins se divisent elles-mêmes en un très-grand nombre de variétés qui doivent être en rapport avec la nature des sols, la situation des terrains, leurs formes, la température des divers climats, les facultés des propriétaires et leur goût.
Il existe un grand nombre d’ouvrages publiés en France, en Angleterre, en Allemagne, etc., qui traitent avec étendue de la théorie de la composition des différens genres de Jardins dont nous venons d’esquisser l’énumération. Mais il en est peu, ou même point, à notre connaissance, dans lesquels la pratique de cet art soit développée par des plans exacts, dont toutes les parties figurées soient dans leurs justes proportions et en rapport avec le caractère essentiel de la construction. Aucun d’eux ne présente une série de modèles de divers genres, d’après lesquels on puisse exécuter sur le terrain, ceux qui pourraient être à la bienséance des propriétaires des diverses classes de fortune.
Notre but n’est point de nous occuper de la théorie de l’art de la composition des Jardins qui ayant é té traitée dans beaucoup d’ouvrages, comme il vient d’être dit, deviendrait ici superflue; mais nons avons cru qu’un ouvrage qui présenterait une suite de plans de toutes les sortes de Jardins, pourrait être utile et agréable au public.
Nous nous proposons donc de lui offrir une série non interrompue de toutes les constructions en ce genre, depuis celle qui se trouve en rapport avec les facultés du modeste habitant des campagnes, jusqu’à celles qui conviennent aux hommes les plus fortunés et aux puissances de la terre. Nous tracerons le petit clos fermé d’une haie qui entoure la chaumière du laboureur, et dont l’espace divisé en carrés ou planches, est occupé par des légumes agrestes, planté d’arbres fruitiers en plein vent et garni de quelques plantes et arbustes à fleur, pour orner le corset de la jeune villageoise les jours de fêtes. Nous n’oublierons point la tonnelle ou le berceau sous lequel la famille réunie vient respirer, à l’abri des chaleurs de l’été, un air salubre, et prendre ses repas champêtres. Passant ensuite aux Jardins des citadins qui entourent les maisons des villes, nous offrirons des exemples, ou plutôt des modèles de leur construction. Ceux-ci doivent présenter un marcher facile pour l’exercice de la promenade, une verdure qui repose et réjouisse la vue, en même temps que des fleurs qui l’attirent et la flattent, des odeurs qui captivent l’odorat, des fruits qui puissent satisfaire le goût; mais essentiellement un air pur et balsamique capable de neutraliser celui que l’on respire dans les appartemens fermés et le cloaque de la plupart des rues.
Nous offrirons des exemples du genre symétrique, soit que les Jardins qui le composent soient destinés à la culture des légumes, des fleurs, des jeunes arbres en pépinières, ou que leur usage soit de servir de délassement au public.
Les Jardins paysagistes des différentes séries, seront traités avec toute l’étendue que nécessitent leurs nombreuses variétés et la différence des climats du midi, du milieu du nord de l’Europe où l’on serait tenté de les exécuter; mais toujours en offrant des modèles qui puissent être en rapport avec les facultés pécuniaires des diverses classes de la société.
Pour rendre cet ouvrage accessible au plus grand nombre des propriétaires de biens ruraux, nous le publierons par livraison de cinq planches chacune qui paraîtront de mois en mois au prix le plus modique. Notre but étant de contribuer aux progrès de l’art du Jardinage, beaucoup plus que de faire une spéculation mercantile, chaque planche de format grand in-folio présentera le plan d’un Jardin, la division de ses différentes parties et l’élévation de ses fabriques. Un cahier séparé, où chaque Jardin détaillé et décrit suivant sa nature et son usage, sera joint à ces divers plans, au Ier août1819.
Nous avons déjà réuni plus des deux tiers des plans des différentes sortes de Jardins en tous genres qui doivent entrer dans la composition de cet ouvrage. Les élémens du reste sont entre nos mains: ils sont le fruit d’observations multipliées et d’une pratique de plus de40ans. Nous avons déjà exécuté la plupart de ces plans en divers lieux; les autres ont été faits sur des programmes qui nous sont parvenus des pays étrangers et propres à être exécutés dans les différentes parties de l’Europe.
INTRODUCTION.
Table des matières
AVANT de donner les détails particuliers sur chaque Jardin paysagiste ou d’agrément, on a pensé qu’il convenait de faire connaître les Observations générales ci-jointes:
1o. Le Bâtiment principal doit avoir des Points de Vue agréables sur le Jardin, pour engager à la promenade, et exciter la curiosité par des Monumens, qui auront eux-mêmes leurs Points de Vue sur la Campagne ou sur quelques Fabriques;
2o. Il faut planter sur le devant du Bâtiment, des Arbres verts et autres, dont la teinte du feuillage soit foncée en couleur, pour faire repoussoir. Sur le second Plan, il faut des Arbres plus petits, et dont le feuillage soit plus clair;
Enfin, sur le troisième Plan, les Arbres doivent être plus petits, et avoir une teinte argentine, afin de rendre, sur le terrain, l’effet qu’un peintre de paysages rend sur la toile.
3o. On doit établir un Chemin qui tourne autour de la Propriété, en observant de l’alonger le plus qu’il est possible, et lui donner un contour agréable, pour qu’en le parcourant, soit à pied, à cheval, ou en calèche, on n’éprouve aucune difficulté, et pour ne pas suivre l’exemple donné dans des Jardins, soi-disant Anglais, où l’on voit des allées qui tortillent sans motifs, et qui ne mènent à aucun but.
4o. On veillera aussi à ce que tous les Chemins qui se sépareront de celui qui tourne autour de la propriété, aient une destination, soit pour conduire à différentes Fabriques, Salle de repos et autres Points de Vue, et à ce que chaque Fabrique fasse un Tableau. Il est nécessaire que tous ces Chemins soient bordés de différentes espèces d’Arbres, soit en massifs, ou isolés.
Planter des masses d’Arbres de même nature, et si on les mélange, rassembler les teintes à-peu-près semblables, afin d’éviter le désagrément de voir des couleurs fortes réunies à des couleurs faibles, ce qui produit un contraste désagréable. Il faut avoir soin également de grouper de manière à former toujours des avant-scènes pour chaque Tableau qu’on aura à faire, et les varier. Les Arbres les plus agréables doivent être plantés isolément dans la prairie çà et là par groupes de3, 5, 7, 9, etc.
Dans le choix d’une Propriété, il serait agréable d’avoir le Bâtiment principal sur une hauteur, afin que du Bâtiment on puisse apercevoir une partie des Fabriques établies à divers endroits, et former le chemin aux angles dudit Bâtiment, afin qu’il se trouve entouré de pelouses de tous côtés.
Il est à observer que les Plans des Fabriques sont à l’échelle du Plan; mais on a été obligé de faire quelquefois les élévations du double, triple, etc. du Plan, mais toujours dans les mêmes proportions, pour rendre les détails plus sensibles.
PLANS RAISONNES
DE
TOUTES LES ESPÈCES DE JARDINS.
Table des matières
No I. JARDIN DE GROS LÉGUMES.
CE Jardin contient environ six arpens, et pourrait être clos de haies. On y cultiverait toutes les espèces de Légumes, nécessaires à l’approvisionnement des halles, comme choux, pommes de terre, betteraves, carottes, haricots, navets, et autres du même genre, selon la nature des climats et les productions des différens pays.
1 Bâtiment du Cultivateur.
2 Bâtiment destiné à serrer les Légumes.
3 Basse-cour avec toit à porcs, vacherie, écurie, trou à fumier et colombier.
4 Puits autour desquels on planterait des arbres fruitiers pour garantir du soleil les ouvriers qui y tireraient de l’eau,
5 Carrés destinés aux semis des légumes potagers; ces carrés seraient entourés de plates-bandes, garnies d’arbustes à fleurs et de plantes d’agrémens.
6 Massif où on planterait les différentes espèces de Légumes potagers. Près du Bâtiment, il y aurait un berceau ou tonnelle; autour de ce berceau, on planterait des arbres d’agrément aux pieds desquels on mettrait des plantes grimpantes ou des vignes.
7 Massifs de groseillers, au centre desquels on planterait un noyer ou autre arbre à fruits; tous les carrés, ou massifs de ce Jardin, pourraient être entourés de vignes.
No2. JARDIN POTAGER MARAICHER.
Ce Jardin contient environ quatre arpens. Le terrain est supposé entre deux rivières qui se joignent à l’extrémité dudit Jardin. On a pratiqué plusieurs escaliers pour pouvoir puiser à la rivière de l’eau pour les arrosemens du Jardin.
1 Bâtiment du Jardinier. Son logement serait élevé de quatre pieds au-dessus du niveau du terrain, et quatre pieds pour descendre à la cave; ce qui donnerait huit pieds pour le dessous du Bâtiment: il serait destiné à serrer les Légumes et autres objets.
2 Couches à melons sous châssis.
3 Couches à melons sous cloches,
4 Couches à champignons.
5 Cour à fumier et Hangar pour serrer les cloches, paillassons, et les instrumens aratoires.
6 Côtière destinée aux primeurs.
7 Chaque planche serait destinée à mettre différens Légumes.
8 Puits.
No3. JARDIN POTAGER PRIVÉ.
Ce Jardin contient trois arpens un tiers, et pourrait être établi dans le milieu d’un pare ou d’un jardin pittoresque, et serait entouré de murs, le long desquels on planterait des pêchers, abricotiers, vignes, etc.
1 Bâtiment de Cultivateur. De chaque côté il y a une Serre; en avant des deux Serres, il y aurait deux châssis destinés aux semis-
2 Hangard pour serrer les ustensiles du jardinage et la voiture.
3 Cour à fumier.
4 Puits auquel on a adapté une manivelle pour tirer l’eau, la diriger dans le réservoir et ensuite dans les bassins établis dans le Jardin, au nombre de quatre.
5 Réservoir.
6 Figuerie ou Melonnière.
7 Quatorze carrés destinés à la culture de toutes les espèces de Légumes, lesquels seraient entourés, ainsi que les murailles, d’arbres fruitiers en espaliers.
No4. JARDIN POTAGER DE PRIMEUR.
Ce Jardin contient deux arpens et demi. Il serait spécialement destiné aux Serres, châssis et couches.
A. Grande Serre pour chauffer les figuiers, cerisiers et les Légumes de primeur, avec un poële sur le devant de la Serre, posé sur l’épaisseur du mur d’appui, et sur le tuyau, qui serait carré, on mettrait des poteries, pour fraisiers, ou autres Légumes.
B. Petite Bache ou châssis hollandais en avant de la grande Serre; dans laquelle on semerait des haricots, des pois, et on planterait des fraisiers afin d’y récolter de bonne heure. Un fourneau en terre cuite serait placé sur l’épaisseur du mur qui est en avant.
C. Serre à ananas.
D. Bache à ananas.
E. Serre que l’on adapterait le long des murs pour chauffer les arbres en espalier, comme vignes, abricotiers, pêchers et autres. Sur le devant de ladite Serre, on pourrait semer des pois, des haricots et autres. Pour ne pas fatiguer les arbres, on ne les chauffe que tous les trois ans. Si on a un espalier de soixante toises, on en chauffe tous les ans vingt toises.
Pour établir cette Serre, on place des dés en pierre à quatre pieds de distance les uns des autres, pour recevoir les montans en bois sur lesquels on pose les châssis. Il faut que les dés ayent dix-huit pouces d’écarissage, afin de pouvoir entailler, dans lesdits dés, le diamètre des tuyaux en terre cuite destinés pour la conduite de la chaleur, comme il est marqué sur le plan E.
F. Châssis dont les couches seraient inclinées pour les melons.
G. Châssis, dont les couches seraient à plat, pour les melons, asperges, laitues, etc.
H. Couches inclinées pour melons, laitues, sur lesquelles on mettrait des cloches.
I. Couche à plat comme ci-dessus.
K. Couches sourdes.
L. Couches sourdes inclinées pour les patates, etc.
M. Couches sourdes en buttes, pour melons, patates ou autres.
N. Couches sourdes pour succéder aux châssis.
O. Couches sourdes à plat pour succéder aux couches à cloches.
P. Couches en meule à champignons.
No5. ORANGERIE.
Ce Jardin contient environ six arpens,
1 Serre d’Orangerie.
2 Grande plate-bande en gazon sur laquelle on mettrait les plus grands Orangers.
3 Deuxième plate-bande sur laquelle on mettrait les moyens Orangers.
4 Troisième plate-bande sur laquelle on mettrait les plus petits: ce qui ferait amphithéâtre. On établirait les plate-bandes plus larges que la tête des Orangers, afin que les fleurs ne tombassent pas sur le sable.
5 Pelouse autour de laquelle il y aurait des plate-bandes de fleurs sur lesquelles, et en face des petits Orangers, on planterait des rosiers greffés sur églantiers, ce qui terminerait l’amphithéâtre. Lorsque les Orangers seraient dans l’Orangerie, on mettrait à leur place des arbres verts, ce qui formerait un amphithéâtre d’un autre genre.
6 Allée faisant le tour de l’Orangerie d’été.
7 Grand bassin.
8 Salon qui aurait vue sur le Jardin de deux côtés. Le côté de la glace serait placé du côté de l’Orangerie de manière à produire l’effet suivant:
Il y aurait deux glaces, l’une à tain et l’autre sans tain; toutes deux seraient mobiles et de manière à disparaître à volonté. Lorsqu’on recevrait des personnes dans le salon, la glace à tain serait en évidence; lorsque la compagnie aurait été distraite par un déplacement, on la ferait revenir dans le salon; alors on aurait fait disparaître la glace à tain pour y substituer celle sans tain. La surprise serait grande de voir au travers de la glace une Orangerie illuminée. A l’extrémité, parallèle à ce salon, serait un Pavillon pour la musique. Les portes intérieures du salon, étant garnies de glaces, répéteraient l’Orangerie.
No6. JARDIN FRUITIER NON SUJET A LA TAILLE.
Ce Jardin, de huit arpens, serait entouré de haies ou d’un treillage agreste; les plantations se feraient d’une manière irrégulière ou en ligne, et en laissant assez de distance pour que le fourrage pousse facilement, et que les arbres ne se gênent pas entre eux.
1 Bâtiment servant à serrer les ustensiles aratoires, et logement du jardinier,
2 Fruitier.
3 Grange.
4 Basse-cour dans laquelle on planterait des noyers, mûriers ou autres arbres.
5 Vacherie et écurie.
6 Potager.
7 Porte rustique.
8 Salle de repos.I. Petit Bâtiment pour loger un garçon jardinier chargé de veiller à la conservation des fruits.
No7JARDIN FRUITIER EN QUINCONCE.
Celui-ci peut être établi dans un Jardin pittoresque; sa grandeur serait de deux arpens et demi environ.
1 Bâtiment servant de logement au jardinier. Ce Bâtiment pourrait faire point de vue au Château
2 Cour pour les fumiers.
3 Hangar pour serrer les échelles destinées à la taille des arbres.
4 Bassin.
5 Massifs entourant le verger.
No8. JARDIN FRUITIER
SUJET A LA TAILLE EN QUENOUILLES.
Ce Jardin contient trois arpens et demi. Il pourrait être établi dans un jardin pittoresque, en y ménageant des clairières pour donner de l’air aux nouvelles plantations.
1 Bâtiment du jardinier.
2 Pelouse.
3 Massifs d’arbres en quenouille.
4 Clairières.
No 1. Taille d’un an.
No2. Taille de deux ans,
No3. Taille de trois ans.
No9. JARDIN FRUITIER
SUJET A LA TAILLE EN VASES OU BUISSONS.
Ce jardin contient quatre arpens et demi. Il pourrait être établi dans un jardin pittoresque les arbres seraient plantés de manière à être taillés commodément; il faudrait ménager des clairières pour faciliter la végétation.
1 Bâtiment du jardinier, servant de point de vue. A un des angles du bâtiment, il y a une tour gothique, de laquelle on peut découvrir toute la campagne.
2 Massifs d’arbres à fruits.
3 Pelouse.
4 Clairières.
No 1. Taille d’un an.
No2. Taille de deux ans.
No3. Taille de trois ans.
No10. JARDIN FRUITIER
SUJET A LA TAILLE EN ESPALIERS.
Ce jardin contient quatre arpens deux tiers. Il pourrait être établi dans un jardin pittoresque. Il est nécessaire qu’il soit entouré de murs afin de pouvoir établir les espaliers. Il serait pratiqué quatre issues pour aller dans le jardin pittoresque autour des murs. Il y aurait une plate-bande où on planterait des arbres fruitiers, comme pêchers, abricotiers, poiriers, cerisiers, etc., et entre les arbres, de la vigne pour former un cordon au–dessus des espaliers.
1 Bâtiment pouvant servir de point de vue au Château, et de logement au jardinier.
2 Porte rustique.
3 Bassin, au centre duquel il y aurait un jet d’eau C. ou une figure D. représentant Pommone, déesse des fruits.
4 Arbres fruitiers, taillés en éventail, placés sur des plate-bandes,
5 Allée faisant le tour du verger.
6 Espaliers.
No 1. Taille d’un an.
No2. Taille de deux ans.
No3. Taille de trois ans.
No II. JARDIN PHARMACEUTIQUE.
Ce jardin contient deux arpens un quart.
1 Bâtiment du cultivateur.
2 Serres destinées à mettre les plantes qui doivent être portées à la halle.
3 Deux autres petits bâtimens destinés à éplucher les plantes et fleurs, pour être livrées aux herboristes.
4 Monticules, plantées d’arbres isolés, sous lesquels on placerait les plantes qui demandent de l’ombre et de la sécheresse.
5 Plate-bandes de différentes grandeurs; les grandes, pour les plantes dont le débit est considérable, les moyennes et les plus petites, par gradations, pour les plantes dont l’usage est moins fréquent.
6 Bassin pour les Plantes aquatiques.
7 Isle plantée de manière que chaque espèce ait la quantité d’eau suffisante pour leur végétation.
8 Allée plantée de tilleuls dont la fleur est utile, et ils procureraient de l’ombre et une promenade agréable.I. Petit bassin pour l’arrosement.
PLANTES que l’on peut cultiver avec avantage dans le Jardin Pharmaceutique, en observant le site convenable aux espèces.
| Absinthe grande et petite. | Ciguë. |
| Aconit napel. | Guimauve. |
| Ache. | Hysope. |
| Angélique. | Mélisse. |
| Armoise. | Menthe. |
| Année. | OEillets rouges. |
| Bardane. | Raifort. |
| Belladone. | Rue. |
| Bourrache. | Roses de Provins. |
| Camomille. | Sauge. |
| Chamædrys. | Scordium. |
| Chardon bénit. | Violettes. |
| Chicorée. |
No12. JARDIN PHARMACEUTIQUE D’ÉTUDE.
Ce Jardin contient deux arpens et demi.
1 Bâtiment destiné pour la démonstration des plantes et drogues.
2 Salle pour la préparation des drogues.
3 Escalier pour monter au second, où serait le logement des Professeurs, et plus haut le logement du jardinier et des personnes occupées à la culture.
4 Écuries, remise, poterie et lieu ou l on prépare les terres.
5 Cour d’entrée.
6 École de botanique.
7 Bassin servant à l’arrosement des plantes.
8 Promenades, avec bancs le long du mur, pour les élèves.I. Serre d’Orangerie.
9 Serre tempérée.
10 Bache.
11 Châssis.
12 Plantes destinées pour être distribuées aux élèves. Ce terrain contient huit cent quarante toises.
13 Bassin pour les plantes aquatiques.
14 Hangar pour serrer les ustensiles aratoires.
15 Vestibule où on mettrait les fourneaux de la serre posés sur le petit mur d’appui qui porte les vitraux.
16 Passage pour aller d’un jardin à l autre.
Dans une École destinée à l’instruction des élèves, le Professeur établit la méthode, la classification ou le système qu’il juge le plus convenable pour faciliter l’étude des végétaux. Les Écoles les plus célèbres ont adopté les familles naturelles de Jussieu, d’autres le système de Linneus; ceux-ci la méthode de Tournefort, avec quelques modifications.
Il est loin de ma pensée de vouloir tracer aux Professeurs la classification qu’ils doivent suivre; mais, puisque l’Ecole du Jardin du Roi a adopté la méthode de Jussieu; que le Professeur de la Faculté de Médecine de Paris suit le système de Linneus, avec quelques changemens, je vais rapporter la classification enseignée à l’Ecole Spéciale de Pharmacie de Paris.
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