Buch lesen: "Histoire naturelle des helminthes ou vers intestinaux"
Félix Dujardin
Histoire naturelle des helminthes ou vers intestinaux

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066319861
Table des matières
PRÉFACE.
INTRODUCTION.
I. SUR LES VERS EN GÉNÉRAL.
II. SUR LES HELMINTHES EN GÉNÉRAL.
III. CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES HELMINTHES.
IV. HABITATION DES HELMINTHES; MAUX CAUSÉS PAR EUX.
V. RECHERCHE ET ÉTUDE DES HELMINTHES.
LIVRE PREMIER.
PREMIÈRE SECTION.
1 er GENRE. TRICHOSOME. TRICHOSOMUM.
(?) 2 e GENRE. THOMINX. THOMINX. — DUJ.
3 e GENRE. EUCOLEUS. EUCOLEUS. — DUJ.
4 e GENRE. CALODIUM. CALODIUM. — DUJ.
5 e GENRE. LINISCUS. LINISCUS. — DUJ.
6 e GENRE. TRICHOCÉPHALE. TRICHOCEPHALUS. — GOEZE.
?. GENRE SCLEROTRIQUE. SCLEROTRlCHUM. — RUD.
DEUXIÈME SECTION. (Filariens.)
7 e GENRE. FILAIRE. FILARIA. — MÜLL.
8 e GENRE DISPHARAGE. DISPHARAGUS. — OUI.
10 e GENRE PROLEPTE. PROLEPTUS. — DUJ.
TROISIÈME SECTION. (Strongyliens.)
11 e GENRE. EUCAMPTE. EUCAMPTUS. — DUJ.
12 e GENRE DICÉLIS. DICELIS. — DUJ.
13 e GENRE. LEPTODÈRE. LEPTODERA. — DUJ.
14 e GENRE. STRONGLE. STRONGYLUS. — MÜLLER.
15 e GENRE. PSEUDALIE. PSEUDALIUS. — DUJ.
QUATRIÈME SECTION. (Ascaridiens.)
16 e GENRE. OXYURE. OXYURIS. — RUD.
17 e GENRE. OZOLAIME. OZOLAIMUS. — DUJ.
18 e GENRE. HELIGME. HELIGMUS. — DUJ.
19 e GENRE. ASCARIDE. ASCARIS. — LINNÉ.
20 e GENRE. HETERAKIS. HETERAKIS.
CINQUIÈME SECTION. (Enopliens.)
21 e GENRE DORYLAIME. DORYLAIMUS. — DUJ.
22 e GENRE PASSALURE. PASSALURUS. — DUJ.
23 e GENRE. ATRACTIS.
24 e GENRE. ÉNOPLE. ENOPLUS. — DUJ.
25 e GENRE. ONCHOLAIME. ONCHOLAIMUS. — DUJ.
26 e GENRE. RHABDITIS. RHABDITIS. - DUJ.
SIXIÈME SECTION. (Sclérostomiens.)
27 e GENRE. CUCULLAN. CUCULLANUS. — MÜLLER.
288 GENRE. SCLÉROSTOME. SCLEROSTOMA.
29 e GENRE. SYNGAME. SYNGAMUS. — SIEBOLD.
30 e GENRE. ANGIOSTOME. ANGIOSTOMA. — DUJ.
31 e GENRE. STÉNODE. STENODES. — DUJ.
32 e GENRE. STÉNURE. STENURUS. — DUJ.
SEPTIÈME SECTION. (Dacinidiens.)
33 e GENRE. DACNITIS. DACNITIS. — DUJ.
34 e GENRE. OPHIOSTOME. OPHIOSTOMA. — RUD.
35 e GENRE. DOCHMIE. DOCHMIUS. — DUJ.
36 e GENRE. RICTULAIRE. RICTULARIA. — FROELICH.
I er APPENDICE.
37 e GENRE. STELMIE. STELMIUS. — DUJ.
? 38 e GENRE. LIORHYNQUE. LIORYNCHUS. — RUD.
? 39 e GENRE. PRIONODERME. PRIONODERMA. — RUD.
40 e GENRE. CHIRACANTHE. CHEIRACANTHUS. — DIES.
41 e GENRE. LÉCANOCÉPHALE. LECANOCEPHALUS. — DIESING.
42 e GENRE. ANCYRACANTHE. ANCYRACANTHUS-DIES.
43 e GENRE. HÉTÉROCHILE. HETEROCHEILUS. — DIES.
II e APPENDICE.
GENRE MERMIS. MERMIS. — DUJ.
GENRE DRAGONNEAU. GORDIUS. — LINNÉ.
LIVRE DEUXIÈME.
GENRE PENTASTOME. PENTASTOMA. — RUD.
LIVRE TROISIÈME.
PREMIÈRE SECTION, (Onchobothriens.)
1 er GENRE. OCTOBOTHRIUM. OCTOBOTH. — LEUCK.
2 e GENRE. DIPLOZOON. DIPLOZOON. — NORD.
3 e GENRE. DIPORPE. DIPORPA. — DUJ.
4 e GENRE. AXINE. AXINE. — ABILDGAARD.
5 e GENRE. POLYSTOME. POLYSTOMA. — RUD.
DEUXIÈME SECTION. (Tristomiens.
6 e GENRE. TRISTOME. TRISTOMA. — CUVIER.
TROISIÈME SECTION. (Distomiens)
7 e GENRE. ASPIDOGASTER. ASPIDOGASTER. — BAER.
8 e GENRE. AMPHISTOME. AMPHISTOMA. — RUD.
9 e GENRE. MONOSTOME. MONOSTOMA. — RUD.
10 e GENRE. HOLOSTOME. HOLOSTOMUM. — NITZSCH.
11 e GENRE. DISTOME. DISTOMA. — RETZIUS.
I er APPENDICE.
12 e GENRE. DIPLOSTOME. DIPLOSTOMUM. — NORDM.
13 e GENRE. CERCAIRE. CERCARIA. — MÜLLER. ET ENVELOPPE VIVANTE OU SPOROCYSTE DES CERCAIRES.
14 e GENRE. BUCÉPHALE. BUCEPHALUS. — BAER, dans Nov. acta Acad., C. L. C., t. XIII, II, p. 570, pl. 30.
15 e GENRE. LEUCOCHLORIDIE. LEUCOCHLORIDIUM. — CARUS, Nov. act. Acad., t. XVII, I, p. 85, pl. 7.
? 16 e GENRE. ASPIDOCOTYLE. ASPIDOCOTYLUS. — DIES.
II e APPENDICE.
? 17 e GENRE. PELTOGASTRE. PELTOGASTER. — RATHKE.
? 18 e GENRE. GYRODACTYLE. GYRODACTYLUS. — NORDM., Mikrog. Beitr., 1842, t. I, p. 105, pl. 10.
? 19 e GENRE. MYZOSTOME. MYZOSTOMA. — LEUCK.
?? 20 e GENRE. HECTOCOTYLE. HECTOCOTYLUS. — CUVIER, dans Annales sc. nat. 1829, t. XVIII, p. 147, pl. 11, A.
LIVRE QUATRIÈME.
1 er GENRE. ÉCHINORHYNQUE. ECHINORHYNCHUS. — MÜLLER.
I. ÉCHINORHYNQUES DES MAMMIFÈRES.
II. ÉCHINORHYNQUES DES OISEAUX.
III. ÉCHINORHYNQUES DES REPTILES.
IV. ÉCHINORHYNQUES DES POISSONS.
V. ÉCHINORHYNQUES DES CRUSTACÉS.
LIVRE CINQUIÈME.
1 er ORDRE. — RHYNCHOBOTHRIENS.
1 er GENRE. RHYNCHOBOTHRIE. RHYNCHOBOTHRIUS.
2 e GENRE. ANTHOCÉPHALE. ANTHOCEPHALUS. — RUD. (Floriceps, CUVIER.)
3 e GENRE. TÉTRARHYNQUE. TETRARHYNCHUS. — RUD.
4 e GENRE. GYMNORHYNQUE. GYMNORHYNCHUS. — RUDOLPHI.
5 e GENRE. DIBOTHRIORHYNQUE. DIBOTHRIO-RHYNCHUS. — BLAINVILLE.
2 e ORDRE. — CESTOÏDES VRAIS ou TÉNIOÏDES.
6 e GENRE TÉNIA. TÆNIA. —
7 e GENRE. BOTHRIOCÉPHALE. BOTHRIOCEPHALUS. — RUDOLPHI.
8 e GENRE. SCHISTOCÉPHALE. SCHISTOCEPHALUS. — CREPLIN.
9 e GENRE. TRIÉNOPHORE. TRIÆNOPHORUS. — RUD.
10 e GENRE. BOTHRIDIE. BOTHRIDIUM. BLAINVILLE.
? 11 e GENRE. BOTHRIMONE. BOTHRIMONUS. — DUVERNOY.
? 12 e GENRE. LIGULE. LIGULA. — BLOCH.
3 e OUDRE. — SCOLÉCINES.
13 e GENRE. CARYOPHYLLÉ. CARYOPHYLLMUS. — GMELIN.
14 e GENRE PROGLOTTIS. PROGLOTTIS. — DUJ.
15 e GENRE. SCOLEX. SCOLEX. — MÜLLER.
16 e GENRE. DITHYRIDIE. DITHYRIDIUM.
4e ORDRE. — CYSTIQUES.
17 e GENRE. CYSTICERQUE. CYSTICERCUS. — ZEDER.
18 e GENRE. ÉCHINOCOQUE. ECHINOCOCCUS. — RUD.
19 e GENRE. COENURE. COENURUS. — RUD.
APPENDICE.
I. — HELMINTHES DONT LA PLACE EST INCERTAINE.
II. — HELMINTHES FICTIFS OU FABULEUX.
III. — PRODUITS OU DÉRIVÉS DE L’ORGANISME QUI NE SONT PAS DES ANIMAUX ET QU’ON A PU PRENDRE POUR DES HELMINTHES.
IV. — DES PARASITES QUI NE SONT PAS DES HELMINTHES.

PRÉFACE.
Table des matières
Si d’autres branches de l’histoire naturelle doivent plaire davantage par l’élégance des formes, par l’harmonie des couleurs, par les merveilles d’une organisation plus compliquée, et surtout par les manifestations de l’instinct ou de l’intelligence des animaux; l’étude des helminthes, quand on y a pénétré quelque peu, ne tarde pas à offrir un intérêt non moins grand, quoique d’un autre genre, et finit même par devenir véritablement attrayante.
Ici en effet on peut suivre plus sûrement la vie dans ses manifestations les plus simples et en apprécier toutes les conditions: ici, mieux que partout ailleurs, on peut espérer une réponse à la question de la génération spontanée: ici, enfin, on peut, par l’observation des métamorphoses et des transmigrations, constater l’influence du milieu ambiant sur le développement des êtres.
Ces considérations puissantes ont entraîné invinciblement les helminthologistes à travers les recherches les plus pénibles à la découverte d’une foule de faits qui semblaient devoir être pour toujours dérobés aux investigations de la science; ces considérations aussi les ont préservés du découragement dans leurs tentatives si souvent infructueuses. On pourra d’ailleurs se faire une idée du courage, de la persévérance qu’il a fallu porter dans ces recherches, quand on saura que, pour trouver moins de quatre cents espèces d’helminthes, on a disséqué, dans l’espace de quinze ans, au Muséum de Vienne, quarante-cinq mille animaux vertébrés, dont les deux tiers inutilement.
On conçoit d’après cela comment l’helminthologie a dû prendre naissance en Allemagne, et s’y développer rapidement, avec les idées générales et philosophiques qui tendent à changer la face des sciences naturelles. Là, Rudolphi, si riche de ses propres travaux et s’appuyant sur les immenses recherches de ses prédécesseurs et de son contemporain Bremser, a pu poser les bases de l’helminthologie. En Allemagne aussi, depuis lors, Nitzsch, Leuckart, Mehlis, Bojanus, MM. Nordmann, Baer, Diesing, Nathusius, etc., ont enrichi cette science d’une foule de faits nouveaux et importants; et, chaque année encore, MM. Creplin et Siebold ajoutent de nouvelles découvertes à celles, si précieuses, qu’on leur devait déjà.
Il semble donc qu’une histoire des helminthes eût dû être publiée dans ce pays même pour remplacer les ouvrages de Rudolphi, qui marquent seulement une première phase de l’helminthologie.
Mais on est loin encore de pouvoir tracer complétement et l’histoire et la classification de ces êtres: le champ a paru s’agrandir à mesure qu’on s’y est avancé, et l’on doit reconnaître aujourd’hui qu’il reste à faire au moins dix fois autant que ce qu’on a fait déjà. Car, il ne suffit pas de chercher les helminthes dans les divers animaux, il faut les y chercher aussi dans les diverses contrées, dans les diverses localités de chaque contrée, et dans les diverses saisons de l’année; et, en outre, il faut les y chercher jusqu’à ce qu’on les ait trouvés à leurs divers degrés de développement. On comprend qu’une telle étude doit demander encore bien des années, aussi n’avais-je songé d’abord qu’à publier simplement un catalogue raisonné des helminthes en l’accompagnant des observations nécessaires pour lui donner la forme d’un livre. Mais sur plusieurs points, mes idées ont été modifiées par les justes critiques et les contradictions précieuses d’un ami, dont j’estime autant la logique et la science réelle que le noble caractère. Toutefois, ses critiques n’ont pu parvenir à faire un ouvrage parfait de ce qui dans son principe était nécessairement incomplet, il en est même résulté quelques bigarrures qui n’échapperont pas à un œil exercé ; ainsi, à plusieurs reprises, au lieu de suivre uniformément l’ordre de la série zoologique pour énumérer les helminthes trouvés dans les divers animaux, je me suis hasardé à proposer des sous-genres qui tous, je le crains bien, ne recevront pas un accueil favorable. D’autre part, après avoir voulu, à l’exemple des helminthologistes allemands, changer en um les désinences des noms en a comme Distoma, Tristoma, etc., j’en suis revenu aux anciens noms par respect pour le droit de priorité, et pour les çritiques de mon ami.
Pour toutes les mesures j’ai employé des nombres décimaux, dans lesquels un nombre de millimètres, ou le zéro qui les remplace, est séparé par une virgule des chiffres qui expriment successivement, de gauche à droite, les dixièmes, centièmes, millièmes, etc., de millimètres; ces nombres ont l’avantage d’être immédiatement comparables, mais ils sont incommodes en ce que le signe mm met un intervalle trop considérable entre la partie entière et la partie décimale. Au reste, on ne devra pas s’effrayer d’y voir figurer des dix millièmes de millimètre, car ce sont alors des mesures prises comparativement.
J’ai emprunté à la botanique plusieurs termes comme: toruleux (c’est-à-dire qui présente des renflements successifs ), lancéolé, obové, marginé, acuminé, mucroné, etc. Quant à la nomenclature, j’ai cru devoir adopter autant que possible les noms les plus anciens, et si j’ai dû en créer de nouveaux, j’ai tâché surtout de les faire courts, significatifs et d’une prononciation facile.
Je dois expliquer aussi pourquoi la synonymie qui fait une partie considérable de certains ouvrages se trouve si réduite dans celui-ci, c’est que je ne la crois utile que dans trois cas: 1° si elle fait connaître des recherches spéciales, des descriptions ou des figures originales; 2° si elle indique la réunion en une seule de plusieurs espèces nominales; 3° enfin, si elle met en regard les dénominations diverses données à une même espèce par des naturalistes célèbres.
Je n’ai pas besoin de dire pourquoi j’ai renoncé à l’emploi des phrases linnéennes, si brèves, si claires en apparence, par lesquelles on a coutume de caractériser les espèces: on comprendra que de telles phrases sont parfaitement insignifiantes quand les caractères d’un helminthe doivent être pris non de sa forme si variable, mais de son organisation, de sa structure, qui ne peut s’exprimer ainsi par quelques mots.
Il y a plus de vingt ans que j’ai commencé à recueillir et à observer des helminthes, mais je ne me suis mis sérieusement à leur étude qu’en 1835. Depuis lors, j’ai disséqué ou visité plus ou moins complétement, pour la recherche de ces vers, deux mille quatre cents animaux vertébrés de deux cents espèces environ, et trois cents invertébrés; j’ai recueilli et étudié vivants plus de deux cent cinquante espèces d’helminthes; Rudolphi en avait vu ou trouvé trois cent cinquante; et, au musée de Vienne, on en avait trouvé trois cent soixante-huit dans quatre cent soixante-seize espèces de vertébrés. Toutefois la plupart de ces helminthes avaient été à peine étudiés précédemment, et je pouvais me croire assez riche de faits et d’observations nouvelles pour faire cette publication. Mais, à mon arrivée à Paris, au mois de juillet, et, lorsque déjà mon livre était sous presse, M. le professeur Valenciennes a bien voulu, avec l’empressement le plus honorable, me confier tous les objets de la collection helminthologique du Muséum, comprenant deux envois faits par le Muséum de Vienne en 1816 et 1841. Or, M. Valenciennes avait lui-même commencé sur les helminthes des travaux importants qu’il doit publier, et que nous avons l’occasion de citer; je ne saurais donc le remercier assez de ce procédé généreux pour lequel je lui offre publiquement l’expression de ma profonde gratitude. J’ai pu ainsi comparer et rectifier beaucoup de déterminations spécifiques, en étudiant deux ou trois cents espèces conservées dans l’alcool; et, pour les nématoïdes surtout, j’ai rendu mon travail beaucoup plus complet, mais il en résulte que, si dans les détails et dans les descriptions, on doit trouver plus d’exactitude, on verra bien çà et là quelque désaccord dans l’ensemble.
Toutefois, cet ouvrage, comme je l’offre au public, ne représente pas moins que sept à huit mille heures de travail assidu, c’est cette portion de ma vie que je résume ici. Peut-être pensera-t-on que j’eusse pu scientifiquement en tirer un meilleur parti? je le crois aussi; je crois que j’eusse fait mieux encore, si, au lieu de persécutions au milieu de mes travaux, j’eusse trouvé les secours dus à un professeur; si je n’eusse été réduit à mes seules ressources, et forcé de consacrer moi-même à des dissections, à des recherches pénibles, un temps dérobé cruellement à la science.
FÉLIX DUJARDIN,
Professeur à la Faculté des sciences de Rennes.
Paris, le 15 octobre 1844.
INTRODUCTION.
Table des matières
I. SUR LES VERS EN GÉNÉRAL.
Table des matières
De tout temps, les vers, animaux mous et sans membres articulés, ont été distingués des autres animaux à squelette interne ou externe; Linné en fit une de ses six classes, et il comprenait, sous ce nom, les vers intestins, les mollusques nus et les mollusques testacés, les lithophytes et les zoophytes, ce qui lui donnait cinq ordres de vers. O.-F. Müller constitua un ordre distinct avec les infusoires, qu’avant ses travaux micrographiques on connaissait à peine; mais il réunit en un seul ordre, sous le nom de cellulaires, les lithophytes et les zoophytes de Linné. En 1789, dans l’Encyclopédie méthodique, Bruguière distingua sous le nom d’échinodermes, les oursins et les astéries, dont Blumenbach avait déjà songé à faire un ordre particulier en les nommant Crustacea. Bruguière admettait donc six ordres de vers: 1° les infusoires, 2° les intestins, 3° les mollusques, 4° les échinodermes, 5° les testacés, 6° les zoophytes. Il définissait les vers; «des animaux sans os, sans stigmates, n’ayant pas de pieds, ou n’ayant que des pieds non articulés; et qui sont sans métamorphoses, et ovipares.» Il comprenait la plupart des annélides parmi ses vers intestins qu’il caractérisait ainsi: «ils ont le corps long, articulé ; étant coupés en deux, ils ont la faculté de réparer l’extrémité tronquée; ils sont ovipares, etc.;» ce qui est en grande partie erroné.
Cuvier, en 1795, sépara des vers intestins les vers à sang rouge, que Lamarck nomma plus tard les annélides. Lamarck lui-même regardait comme autant de classes distinctes les vers ou helminthes, les annélides, les mollusques, les acéphales, les tuniciers, les radiaires, les polypes et les infusoires.
Cuvier, de son côté, ayant partagé le règne animal en quatre embranchements, plaça les mollusques, les acéphales et les tuniciers dans son second embranchement; les annélides dans le troisième, celui des articulés; et les helminthes ou intestinaux avec les échinodermes, les acalèphes, les polypes et les infusoires dans le quatrième embranchement, celui des rayonnés. Ainsi il supprima tout à fait la classe des vers, et fit même disparaître cette dénomination, tout en conservant une classe distincte des intestinaux.
M. de Blainville alla plus loin encore en divisant les helminthes, dont une partie forme sa seizième classe, celle des apodes, tandis que le surplus, comprenant les cestoïdes et les cystiques, est placé dans un groupe transitionnel, entre la dix-neuvième classe, celle des acéphaliens, et la vingtième, celle des cirrhodermaires ou échinodermes.
Cependant les zoologistes sentaient de plus en plus le besoin de multiplier le nombre des classes, d’après le nombre des types véritablement distincts; ainsi Lamarck (1816) avait fait huit classes de la seule classe des vers de Linné ; Cuvier (1817) en faisait onze ou douze, en y comprenant les cirrhipèdes, qui sont aujourd’hui des crustacés; M. de Blainville (1822) en faisait quinze, réduites plus tard (1841) à onze ou douze, en y comprenant les malacopodes (Zoologie classique de M. Pouchet). M. Ehrenberg (1836) (Akalephen der Rothen-meers) distinguait vingt et une classes, dont deux (annulata et somatotoma) correspondent aux annélides; les sept suivantes comprennent les mollusques et les tuniciers; la dixième est celle des Bryozoa; les onzième et douzième comprennent les polypes; les treizième et quatorzième les échinodermes; la quinzième les acalèphes; les quatre suivantes, répondant aux intestinaux de Cuvier, sont les nématoïdes, les turbellariées, les trématodes et les complanata ou cestoïdes. Enfin ses deux dernières classes sont les rotateurs et les polygastriques ou infusoires.
Dugès (1838) avait seulement divisé en quinze classes tous ces animaux; partageant en deux chacune des classes des acéphales, des polypes, des acalèphes et des intestinaux de Cuvier; et, d’ailleurs, donnant à chaque classe un nom formé d’après un système de nomenclature qui ne peut guère être adopté.
Dans toutes ces classifications, depuis Lamarck, le nom de vers avait disparu, comme désignant une classe; mais M. Milne Edwards, qui déjà dans la première édition de ses Éléments de Zoologie (1837) avait séparé, comme autant de cesses distinctes, les tuniciers, les rotateurs et les spongiaires, vient, dans sa seconde édition (1843), d’établir, dans son grand embranchement des annelés, un sous-embranchement des vers, qui comprend trois classes: 1° les annélides, 2° les rotateurs et 3° les helminthes, auxquels il réunit les planariées, ou partie des Turbellaria de M. Ehrenberg. Les rapports naturels nous semblent mieux conservés dans cette classification que dans aucune autre; cependant nous pensons qu’il y a beaucoup plus d’analogie entre les planariées et les dernières annélides plus ou moins revêtues de cils vibratiles, qu’entre les planariées et les nématoïdes, qui les suivent dans la classification de M. Milne Edwards, ou même avec les trématodes, qu’on leur a souvent associés. Nous approuverions donc entièrement l’établissement de la classe des Tarbellaria de M. Ehrenberg, si le savant professeur de Berlin n’y eût fait entrer les Gordius, qui sont plutôt des nématoïdes anomaux, et les naïdines, qui sont de véritables annélides. Nous pensons aussi, comme M. Ehrenberg, qu’on doit regarder comme des classes ou sous-classes distinctes les nématoïdes, les trématodes et les cestoïdes ou complanata, comprenant les cystiques.
Nous croyons même qu’il faut y ajouter aussi, comme classes particulières, les acanthothèques et les acanthocéphales. Alors le sous-embranchement des vers placé à la suite du sous-embranchement des articulés, se composera de huit types ou classes; les annélides, les systolides ou rotateurs, les planariées ou turbellariées, les nématoïdes, les acanthothèques, les trématodes, les acanthocéphales et les cestoïdes, dont chacune, parfaitement indépendante et distincte, se rattache cependant à plusieurs autres par des rapports différents. Ainsi, les annélides, par leur système nerveux, et leur mode de segmentation, et leurs appendices, se rapprochent des myriapodes, tandis que leur appareil circulatoire les rapproche de certains mollusques, et que les branchies externes de quelques-unes ressemblent aux branchies des bryozoaires. Les systolides, au contraire, se rapprochent beaucoup des crustacés, des entomostracés, et d’un autre côté, ils se rapprochent par leur appareil digestif des nématoïdes qui, par ce même appareil, ainsi que par la structure des organes génitaux, ont de grands rapports avec les articulés. Les acanthothèques tiennent peut-être davantage encore aux crustacés suceurs.
Les planariées, comme nous l’avons dit, ont des rapports avec les annélides; de même aussi, elles en ont, avec certains mollusques, beaucoup plus peut-être qu’avec les trématodes. Ceux-ci enfin, ainsi que les acanthocéphales et les cestoïdes, présentent, dans les dégradations diverses de leur type, des affinités de plus en plus éloignées, soit entre eux, soit avec les autres classes.
Il nous paraît donc convenable de grouper ensemble, comme on l’a fait généralement jusqu’ici, sous le nom d’helminthes, les cinq types ou sous-classes des nématoïdes, des acanthothèques, des trématodes, des acanthocéphales et des cestoïdes.