Buch lesen: "Conservation de la santé"

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D de Monestrol

Conservation de la santé


Publié par Good Press, 2022

goodpress@okpublishing.info

EAN 4064066329372

Table des matières

INTRODUCTION.

PREMIÈRE PARTIE.

CHAPITRE I. er

CHAPITRE II.

CHAPITRE III.

CHAPITRE IV.

CHAPITRE V.

CHAPITRE VI.

CHAPITRE VII.

CHAPITRE VIII.

DEUXIÈME PARTIE.

CHAPITRE I.

CHAPITRE II.

CHAPITRE III.

CHAPITRE IV.

CHAPITRE V.

INTRODUCTION.

Table des matières

Mens sana in corpore sano.

La santé, est, de tous les biens matériels, le bien le plus précieux dont l’homme puisse jouir sur la terre.

C’est le bien par excellence; puisque la santé est la condition sans laquelle on ne saurait jouir d’aucun autre bien.

La santé est à l’homme physiquement, ce que la vertu est à l’homme moralement; car les vices sont les maladies de l’âme.

Une âme exemple de vices, dans un corps exempt d’infirmités, constituent le plus haut point de la perfection humaine, et par conséquent, de son bonheur sur la terre.

Il appartient à la religion, de prévenir et de guérir les infirmités de l’âme; comme il est du ressort de la science médicale, de prévenir et de guérir celles du corps.

Faisant partie des sciences médicales, l’hygiène en est la branche la plus importante, et la plus étendue. Elle a pour but, de prévenir des maux, contre lesquels, plus tard, toutes les ressources de l’art ne se trouvent, malheureusement, que trop souvent impuissantes.

Tandis que les autres branches des sciences médicales, ne trouvent leur application que dans certains cas ou dans certains temps; l’hygiène prend l’homme à son berceau, et le conduit dans tout le cours de sa vie; réglant ses actions, réglant ses rapports avec les agents extérieurs; et dans toutes les circonstances possibles, lui apportant les conseils nécessaires pour se mettre en garde contre le mal, et pour l’éviter.

Nous ne saurions avoir l’intention d’écrire un cours complet d’hygiène, il faudrait pour cela plusieurs volumes; et ceux auxquels cet ouvrage est destiné, ceux auxquels les premiers éléments de cette science sont les plus utiles, ne les liraient pas: Nous voulons seulement en rassembler, et en exposer le plus succinctement possible, les principes élémentaires les plus usuels.

C’est ainsi que nous avons voulu mettre sous les yeux de la mère de famille, puisque c’est elle qui préside au bonheur intime de l’homme, au bonheur de son intérieur; puisque c’est elle à qui Dieu livre dès leur naissance, corps et âme, les créatures faites à son image, les notions qui peuvent lui venir en aide dans la tâche qu’elle doit remplir.

C’est pour elle surtout, qu’a été tracé le cadre de ce livre.

Les soins généraux d’habitation, d’alimentation, de vêtements, etc, dont traite la première partie, ne sont-ils pas, principalement de son domaine?

Et si dans la seconde partie, il est traité des préceptes particuliers applicables aux différentes époques de la vie: — Enfants, hommes faits, ou vieillards, la sollicitude qui nous entoure en tout temps, ne vient-elle pas de la même source?......

Cependant, nous avons fait en sorte que ce manuel puisse servir à tous, sans aucune distinction, même sous le rapport de la doctrine médicale. Et si nous nous sommes montrés sévères au sujet de l’emploi de certains condiments dans l’alimentation; ou de certains parfums, cosmétiques, etc., dans les soins de toilette. Ce n’est pas, seulement, parceque la doctrine de HAHNEMANN, dont nous tenons à honneur d’être l’un des disciples, les proscrit, mais bien parce que les saines lois de l’hygiène sont d’accord avec l’Homœopathie pour en condamner l’usage.

Quant à l’ordre que nous avons suivi dans ce manuel, n’ayant à nous préoccuper d’aucune classification scientifique, nous avons choisi celui qui nous a semblé le plus simple et le plus facile.

Dans la première partie se trouvent, les préceptes généraux qui s’adressent à tous, sans distinction d’âge, de sexe ou de condition. Dans la seconde, beaucoup moins étendue, sont quelques préceptes particuliers, divisés par groupes, selon les âges; enfance, adolescence, jeunesse, âge mur et vieillesse.

Il n’est personne qui ne reconnaisse l’importance de l’hygiène: cependant ainsi que le dit le docteur Buchan: «Telle est la faiblesse

» ou la folie des gens du monde; tel est le

» manque de prévision, même chez ceux qui

» devraient être les plus sages, qu’il n’est rien

» de plus commun que de rencontrer de mal

» heureux êtres, réduits au plus misérable

» état par suite d’affections nerveuses ou

» autres, qui courent les bains, qui montent

» à cheval, qui promènent ou se traînent, qui

» s’astreignent au plus sévère régime, qui font

» en un mot tout ce qu’il est possible de faire

» pour recouvrer leur santé perdue; et qui

» cependant auraient, selon toute probabilité,

» méprisé ou du moins négligé, la plus simple,

» la plus aisée de ces pratiques, si on les leur

» avait recommandées comme mesure de pré

» caution pour conserver leur santé alors

» florissante.»

Toutefois nous répéterons, que quelque convaincus que nous soyons de l’influence considérable que les soins donnés à la conservation de la santé du corps, doivent avoir sur le bonheur de l’homme, nous ne pouvons oublier que les soins donnés à la conservation de la santé de l’âme ont une influence bien plus grande encore; et que pour être heureux, il faut aussi bien, et plutôt, être exempt de vices, que d’infirmités.

PREMIÈRE PARTIE.

Table des matières

CHAPITRE I.er

Table des matières

HABITATION.

Les modifications qui doivent nécessairement résulter de l’action d’une influence quelconque, lorsque cette influence s’exerce presque sans interruption, nous justifient d’avoir donné, dans ce manuel, la première place aux préceptes sur l’habitation; d’autant que ce sont précisément les êtres les plus impressionnables et les plus accessibles à ces influences, qui s’y trouvent le plus exposés. Les affections scrofuleuses et rachitiques des enfants, ne sont souvent causées ou entretenues que par leur séjour dans une habitation sans air et sans lumière. — Les douleurs de rhumatismes et mille indispositions auxquelles les femmes sont sujettes, ne sont dues trop souvent encore qu’au froid et à l’humidité de leur demeure.

Parmi les personnes à qui ce livre est destiné, il en est qui ne peuvent absolument choisir leur habitation; mais il en est bien peu qui ne puissent, avec quelques soins, atténuer les inconvénients auxquels elles ne peuvent complètement se soustraire.

Les habitations les plus favorables à la conservation de la santé, sont celles qui, situées dans un lieu sec, un peu élevé, sont baignées d’un air pur, vif; circulant librement. Le voisinage d’une eau courante et de quelques arbres, contribuent beaucoup à la salubrité de l’atmosphère; l’eau, en entretenant un courant d’air continuel; les arbres, par l’oxigène que leur feuillage expire pendant le jour, et aussi par la part qu’ils prennent à la ventilation.

Ces conditions ne se rencontrent guère qu’à la campagne.

A la ville, on ne peut pas toujours choisir; alors il faut veiller du moins à ce que les appartements soient bien aérés et bien éclairés; l’absence de la lumière étant une cause d’étiolement, aussi bien pour les individus que pour les plantes. Il faudra que les cours, allées, avenues, soient tenues bien propres. On ne devra permettre qu’il soit formé dans le voisinage aucun dépôt d’immondices ou de fumiers. Les écuries, lieux d’aisance, égoûts, seront établis le plus loin possible des pièces où l’on se tient habituellement, soit la nuit, soit le jour.

Chez les personnes aisées, les parquets, les boiseries, seront cirés, époussetés tous les jours; les tapis, tentures, rideaux seront secoués, battus, brossés très-souvent.

Chez le pauvre, où les tentures sont inconnues, les murs seront blanchis une ou deux fois par an; il n’est point d’ouvrier, si peu productif que soit son travail, qui ne puisse se procurer un peu de chaux vive. Et quand une pièce a été passée au lait de ehaux, quand le plancher ou le sol auront été grattés, lavés, frottés, ne fut-ce qu’avec un peu de grés ou de sable, bien essuyés ensuite, il n’est point d’habitation si modeste qu’elle soit, qui ne paraisse plus gaie, en même temps que le séjour en sera devenu plus salubre.

Les croisées seront ouvertes très-souvent, et malgré le mauvais temps, au moins une fois par jour. Il est très-important de renouveler, le plus souvent possible, l’air des appartements qu’on habite.

Les odeurs méphitiques, les exhalaisons malfaisantes ne devront point arriver à la maison d’habitation, à plus forte raison jusqu’à la chambre à coucher: on ne saurait recommander trop de soins à ce sujet. Lorsqu’on n’aura pu l’éviter momentanément, il faudra s’empresser de renouveler l’air, de l’assainir, de le purifier, soit en faisant brûler quelque chose qui donne beaucoup de flamme, comme du papier, des vrillons; soit au besoin, en faisant quelques aspersions de chlorure de soude ou de chaux.

Pour se garder des exhalaisons méphitiques, quelques personnes tombent dans un excès non moins dangereux, l’usage et l’abus des parfums. Toutes les odeurs fortes affectent, plus ou moins, mais toujours, le système nerveux, et peuvent devenir la cause de très-graves accidents.

Toutes les substances trop odorantes, devraient être bannis de l’intérieur de nos habitations; c’est surtout dans la nuit, lorsque presque toutes les ouvertures sont closes à l’air, que leur inconvénient devient manifeste; il en résulte souvent de violents maux de tête, des migraines, des syncopes, des spasmes nerveux, et même, par fois, des attaques d’épilepsie. — Les fleurs dans un appartement fermé ou dans une chambre à coucher, peuvent produire les mêmes fâcheux résultats: en outre de leurs émanations odorantes, on leur attribue la propriété d’expirer, en l’absence de la lumière, du gaz acide carbonique, qui n’est point respirable, et dont la présence, en trop grande quantité, dans l’atmosphère, produit l’asphyxie.

Le gaz acide carbonique se dégage en grande quantité du charbon allumé ; aussi doit-on avoir grand soin de ne jamais en laisser dans .un lieu fermé, où se trouvent des êtres vivants. Les substances en fermentation, le vin, la bière, en laissent dégager encore des quantités considérables, il importe d’en éviter l’influence.

Enfin, une des causes de production de ce gaz délétère, est notre respiration; c’est pourquoi l’habitation, où le séjour, d’un trop grand nombre de personnes à la fois, dans un lieu fermé, a des inconvénients aussi graves. — Chacun sait que l’air ordinaire, sans lequel nous ne pouvons vivre, est composé d’environ 79 parties d’un fluide. nommé gaz azote, de 21 parties d’un autre fluide nommé gaz oxigène, et enfin d’un atôme variable de gaz acide carbonique. — L’air est ainsi composée quand il est inspiré, c’est-à-dire, quand il entre dans notre poitrine; mais quand il en sort, quand il est expiré, il a cédé au sang, avec lequel il s’est trouvé en contact dans les poumons, une partie de son oxigène, qui a été remplacé par autant de gaz acide carbonique, lequel à son tour se trouve rejeté dans l’air ambiant, dont il vicie la composition; et cette viciation sera d’autant plus considérable, et d’autant plus nuisible, qu’un plus grand nombre de personnes se trouveront réunies, et que leur séjour ensemble sera plus prolongé. — Dès lors, on conçoit facilement, les causes de ces syncopes, si commune dans les salles de spectacle, de bal et de réunion nombreuse. — Et de plus, combien il est important, que le nombre de personnes qui habitent un appartement, soit proportionné à l’étendue de la pièce, et à ses moyens de ventilation.

Parmi les bons moyens de renouveler l’air des appartements, il faut compter les cheminées, toutes les fois qu’elles sont ouvertes; dans ce cas, l’air qui entoure le foyer, devenant, à mesure qu’il s’échauffe, plus léger que celui qui l’environne, tend à s’élever par le tuyau, entraînant avec lui le gaz acide carbonique dégagé par la combustion; il est alors remplacé, au fur et à mesure, par l’air plus froid du dehors, qui s’introduit toujours par les plus petits interstices de portes ou fenêtres dès qu’un peu de vide se produit. Mais si on ferme le tuyau de la cheminée, cet appel n’a pas lieu, l’air de l’appartement devient en même temps, et de plus en plus chaud et de plus en plus sec, plus chargé de gaz acide carbonique, et les personnes qui le respirent se trouvent exposées à un danger réel, comme ne le prouvent que trop, les ruptures d’anévrisme, les attaques d’apoplexie si souvent observées en de pareilles circonstances.

De ce qui précède, il résulte en quelques mots, qu’une saine habitation est celle qui se trouve à la fois, bien aérée, bien éclairée, exempte d’humidité , assez vaste en proportion du nombre de ses hôtes, et dans laquelle règnent souverainement l’ordre et la propreté.

CHAPITRE II.

Table des matières

ALIMENTATION.

On donne le nom d’aliment, à toutes les substances qui, introduites dans l’estomac, peuvent servir à nous nourrir; c’est-à-dire, à réparer les pertes faites par nos organes, et servir à l’accroissement de ces mêmes organes dans une certaine limite posée par la nature.

Toutes les molécules dont l’agrégation forme les organes des corps vivants, sont dans un état permanent et continuel de composition et de décomposition, en sorte que dans un temps plus ou moins long, nos organes se renouvellent complètement; chaque jour et à chaque instant, de nouvelles molécules étant apportées et d’autres étant reprises, soit pour être rejetées, soit pour subir un nouveau travail ou de nouvelles combinaisons.

Ce mouvement de va-et-vient s’étend à toutes les parties de l’organisme; même aux parties les plus solides, les os. — C’est au moyen de la circulation du sang que ce travail s’opère. — Tout le monde sait que nous avons deux espèces de vaisseaux qui transportent le sang: les artères et les veines. Dans les artères, le sang est rouge vif, chaud, excitant; c’est celui qui est envoyé par le cœur, après avoir subi le contact de l’air dans les poumons; il apporte les matériaux destinés au renouvellement et à l’accroissement des organes. Dans les veines se trouve un sang plus noir, moins chaud; c’est celui qui rapporte les matériaux inutiles ou qui doivent être éliminés. — Une partie de ce sang est déjà passée par les reins, une partie passera encore par le foie, subissant ainsi dans son cours une espèce de dépuration, là-bas par la séparation et la sécrétion des urines, ici par celle de la bile; enfin, il devra passer par les poumons, où se débarrassant du gaz acide carbonique qu’il contient, et que la respiration rejettera au-dehors, il reprendra de nouveau les qualités nutritives et vivifiantes du sang artériel.

C’est le sang qui sert au renouvellement et à l’entretien des organes, c’est l’alimentation qui produit et renouvelle le sang.

Nous regrettons que les bornes de cet ouvrage ne nous permettent pas de donner un aperçu physiologique des fonctions nutritives; nous verrions les substances alimentaires recevant une première préparation dans la bouche par la mastication, et leur mélange avec la salive; ensuite, l’espèce de fermentation vitale qui les change, dans l’estomac, en une sorte de bouillie homogène, complètement saturée des sucs que lui fournit l’estomac lui-même; nous verrions cette bouillie (chyme), arrivée dans la première partie du canal alimentaire, recevoir encore une nouvelle préparation, en se mélangeant avec la bile et la liqueur qui vient d’un autre organe, qu’on nomme le pancréas; et comment alors des vaisseaux particuliers pompent dans cette masse et portent dans le sang les sucs (chyle), qui doivent servir à le renouveler, tandis que le résidu poursuit sa route dans le tube intestinal jusqu’à ce qu’il soit définitivement éliminé. — Tout cela nous éloignerait trop de notre sujet, toutefois, nous ne pouvons résister au désir de citer une expérience qui prouve jusqu’à l’évidence, ce que nous avons dit du renouvellement intégral des organes, et l’action directe des substances alimentaires dans ce renouvellement.

Des animaux, des bœufs, croyons-nous, ont été nourris pendant quelque temps avec de la racine de garance, dont le principe colorant a la propriété particulière d’être absorbé et transporté par la circulation sanguine. — Après quelque temps de cette alimentation, on a tué une partie de ces animaux, et leurs os ont été trouvés recouverts à l’entour d’une couche de belle couleur rouge. — Les autres sujets de l’expérience ont été remis à leur nourriture ordinaire, et après quelques mois, la couleur rouge avait disparu de la surface des os; mais leur section en travers, montrait la couleur rouge comme un anneau, entre la couche blanche du dehors et une couche blanche plus profonde; à peu près comme lorsqu’on coupe une dragée, on observe quelquefois des couches de coloration différente autour de l’amande. — Enfin, après un temps plus long encore d’alimentation ordinaire, la couleur rouge ne se retrouvait plus du tout.

ALIMENTS. — Toutes les substances alimentaires sont tirées exclusivement du règne organique; il semble que la nature se soit chargée de faire subir aux matières premières une combinaison, sans laquelle nous ne pourrions nous les assimiler. — L’eau et le sel ne sont point une exception à cette règle; ni l’un ni l’autre ne sont des aliments. — L’eau est seulement un véhicule nécessaire, soit pour donner de la fluidité à certaines substances, soit pour les rendre solubles; et le sel n’est qu’un modificateur, un excitant de la vitalité. Nous en parlerons au paragraphe des condiments.

L’homme est omnivore, c’est-à-dire qu’il peut tirer sa nourriture simultanément du règne végétal et du règne animal; à cet effet, ses mâchoires ont été pourvues de trois espèces de dents; sur le devant, les incisives qui coupent; sur les côtés en avant, les canines et les petites molaires qui déchirent; sur les côtés et en arrière, les grosses molaires qui servent à broyer. — Les chairs, les fruits, les plantes, les graines, tout contribue à l’alimentation de l’homme, et semble lui être nécessaire en même temps. — Et si, d’une part, quelques castes dans l’Inde, font un usage exclusif de fruits et de légumes, il faut l’attribuer plutôt à une espèce d’exagération de singularité et de préceptes religieux, qu’à des vues rationnelles en hygiène. Comme il faut rapporter à la nécessité, l’usage presque exclusif du poisson dans l’alimentation des Samoïèdes et de quelques autres peuples du nord.

D’ailleurs, on conçoit que quoique la viande, le poisson, les fruits, les légumes, les graines, soient, avons-nous dit, utiles tous à l’alimentation de l’homme, toutes ces substances ne lui sont pas nécessaires en même temps, ni surtout au même degré. Les différences de climat et de température doivent influer beaucoup sur le choix des aliments; c’est ainsi que dans les climats tempérés, plutôt froids que chauds, la chair des animaux peut être employée en plus grande quantité que dans les pays très-chauds et humides, où les viandes se décomposant facilement, deviennent bientôt malfaisantes; tandis que les fruits succulents, sucrés ou acides, seront recherchés de préférence dans les latitudes élevées.

L’homme est le seul des habitants de la terre qui sache se servir du feu; il l’emploie à la préparation de ses aliments. A l’exception de quelques coquillages, huîtres, moules, etc., il ne fait généralement usage de la chair des animaux et des poissons, qu’après l’avoir soumise à l’action du feu pour la faire cuire, ou à l’action de la fumée pour la faire boucaner.

Nous avons dit que l’influence de l’alimentation sur la composition de nos organes ne pouvait être mise en doute; si nous examinons maintenant les propriétés particulières des diverses substances alimentaires, nous arriverons bientôt à reconnaître celles qui conviennent le mieux à chaque constitution et à chaque sujet.

La chair des animaux est, de tous les aliments, celle qui donne le plus de sucs nutritifs; elle convient surtout aux individus jeunes, forts, à ceux qui travaillent, qui agissent, chez lesquels une assez grande déperdition de forces nécessite d’abondants matériaux de réparation. — Elle est utile encore aux êtres faibles, à ceux dont le tempéramment lymphatique a besoin d’être fortifié, aux convalescents aussi, mais dans une juste mesure.

Les animaux un peu faits, sans être trop vieux, fournissent une chair plus abondante en sucs alimentaires et d’une digestion plus facile en même temps, que les animaux trop jeunes. — Le veau, l’agneau, le jeune poulet, sont bien moins nourrissants que le bœuf, le mouton, etc.

Les viandes trop faisandées sont en général malsaines, la digestion s’en fait très-difficilement, et les condiments que l’on est obligé de leur associer pour en masquer en partie le goût ou l’odeur, en rendent l’usage encore plus nuisible.

Les chairs d’animaux trop chargés de graisse, comme le porc, l’oie, le canard, etc., se digèrent encore avec peine; les estomacs les plus robustes peuvent seuls les supporter.

Quant aux viandes salées ou fumées, nous conseillons à tous ceux qui le peuvent, de s’en abstenir.

Les personnes à la vie très-sédentaire, celles qui, pléthoriques, sont menacées de congestions sanguines; celles qui sont atteintesou menacées de la goutte, doivent être très-sobres de viande, principalement de viandes noires, bœuf, mouton, gibier, etc., qui passent généralement pour être plus riches en sucs alimentaires que les viandes blanches. — Quant aux viandes faisandées, salées ou fumées, elles doivent leur être absolument interdites.

Le poisson est moins nourrissant que la viande; quelques espèces fournissent une chair assez facile à digérer, tandis que d’autres, comme l’anguille et tous les poissons huileux, sont très-lourds et fatiguent l’estomac.

Les moules, les huîtres ne sont pas très-nourrissantes; cependant les huîtres fraîches conviennent à presque tout le monde; on les permet même aux convalescents.

Les coquillages, le poisson gâté, ont occasionné parfois de véritables empoisonnements, contre lesquels le jus de citron paraît être un très-bon antidote.

Le lait, les œufs frais conviennent principalement aux enfants, aux femmes, aux personnes d’une santé délicate, ou bien d’une constitution sèche ou nerveuse. Les œufs se digèrent plus facilement, quand ils sont préparés de manière à ce que le jaune et le blanc soient mélangés ensemble.

On fait usage du lait de divers animaux: vache, chèvre, brebis, ânesse, jument. Le lait de vache est le plus usité, c’est celui qui contient le plus de beurre. Le lait de chèvre vient ensuite; il contient plus de matière caséuse que le lait de vache; il est pour quelques personnes plus difficile à digérer. Le lait de brebis est plus particulièrement employé à faire les fromages. Le lait d’ânesse et de jument, contenant bien moins de beurre et de matière caséuse, plus léger, plus sucré, n’est employé dans nos climats que comme médicament. La diète lactée, c’est-à-dire l’usage habituel et presque exclusif du lait pour aliment, détermine bientôt un embonpoint général; cette alimentation convient surtout aux individus atteints de maladies chroniques ou d’affections des organes digestifs ou pulmonaires. Les personnes chagrines, moroses, très-irritables, trouveront dans l’usage du lait un excellent modificateur de leur constitution, et qui peut encore leur faire acquérir, par suite de la réaction du physique sur le moral, un caractère plus doux et plus calme.

On retire du lait, le beurre et le fromage; le beurre sert à la préparation des aliments; on le mange aussi sur du pain, en tartines; tous les estomacs ne le digèrent pas, et les personnes très-grasses, celles affectées ou menacées de la goutte, de la gravelle, ou de quelque autre affection chronique, doivent s’en abstenir. Le fromage, quand il est frais, édulcoré avec un peu de sucre qui en favorise la digestion, est un aliment sain, mais peu nourrissant; le fromage fermenté, celui qui est ancien et de haut goût, est un puissant excitant dont il ne faut pas faire abus, et qui ne convient qu’aux individus robustes dont les forces digestives jouissent de toute leur énergie.

Après les substances alimentaires tirées du règne animal, viennent dans l’ordre d’importance, les aliments féculents; ceux-ci, sans accélérer la circulation, sans surcharger ou fatiguer les organes digestifs, fournissent une quantité considérable de sucs nutritifs, mais pas assez toutefois pour suffire complètement à l’alimentation de l’homme qui est obligé de se livrer à de rudes travaux.

La fécule unie à diverses autres substances, se trouve en plus ou moins grande abondance dans les graines des légumineuses et des graminées, principalement parmi ces dernières, dans le froment, le seigle, l’orge, le maïs, le riz, etc.

Dans quelques fruits, comme la châtaigne, le marron, etc.

Dans plusieurs racines ou tubercules; la pomme de terre; le manioc qui donne le tapioka; le maranta qui donne l’arrowroot; plusieurs espèces d’orchis qui dorment la salep; enfin, dans la moelle de certains arbres comme le sagou.

Tout le monde sait, que sous diverses préparations, ce sont les substances féculentes qui forment en France, la base, pour ainsi dire, de l’alimentation générale; ainsi le pain, le biscuit, la bouillie, etc.

Le pain, quand il est convenablement fermenté et convenablement cuit, est un aliment très-nourrissant et de facile digestion; on doit éviter de le manger chaud, car dans cet état, il se laisse difficilement pénétrer par les sucs salivaires et gastriques, et peut occasionner de cruelles indigestions.

Plus le pain est blanc, moins il est nourrissant; composé seulement de la plus pure farine de froment, il convient aux estomacs débiles, aux femmes délicates, aux gens de cabinet; mais il ne soutiendrait pas les forces de ceux dont la vie est active, ou qui sont obligés de se livrer à un travail pénible.

Le pain bis, au contraire, celui qui contient ce qu’on nomme du petit son, nourrit bien; il paraît même exciter légèrement les voies digestives, et dans les cas de constipation opiniâtre chez les individus sédentaires, on obtient de très-bons effets de l’usage habituel du pain bis.

Les bouillies de diverses espèces, assez cuites, conviennent aux enfants, aux personnes âgées, aux convalescents, aux personnes chez qui les organes de la digestion sont faibles ou irrités. Sous le nom de panade, on fait usage dans les mêmes circonstances, de croûtes de pain qu’on a fait bouillir dans l’eau, et qu’on écrase ensuite; la panade est le premier aliment qu’on donne aux petits enfants quand le lait de la nourrice ne peut plus leur suffire; la fermentation et la cuisson primitive du pain, rendent la panade d’une digestion plus facile que la bouillie de farine ou de fécule.

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Altersbeschränkung:
0+
Veröffentlichungsdatum auf Litres:
16 Januar 2025
Umfang:
100 S. 1 Illustration
ISBN:
4064066329372
Verleger:
Rechteinhaber:
Bookwire
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