Buch lesen: "Encyclopédie de la photographie sur papier, collodion, verre négatif et positif, et sur toile"
Adolphe Legros
Encyclopédie de la photographie sur papier, collodion, verre négatif et positif, et sur toile

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066335786
Table des matières
AVANT-PROPOS.
PHOTOGRAPHIE
SUR VERRE, COLLODION, ÉPREUVES NÉGATIVES.
COLLODION.
CHAPITRE I er .
CHAPITRE II.
CHAPITRE III.
CHAPITRE IV.
CHAPITRE V.
CHAPITRE VI.
CHAPITRE VII.
CHAPITRE VIII.
CHAPITRE IX.
CHAPITRE X.
PAPIER POSITIF.
CHAPITRE XI.
CHAPITRE XII.
CHAPITRE XIII.
CHAPITRE XIV.
CHAPITRE XV.
CHAPITRE XVI.
CHAPITRE XVII.
§ 1 er .
§ 2.
CHAPITRE XVIII.
CHAPITRE XIX.
CHAPITRE XX.
CHAPITRE XXI.
CHAPITRE XXII.
INSTRUMENTS.
CHAPITRE XXIII.
§ 1 er .
§ 2.
CHAPITRE XXIV.
CHAPITRE XXV.
CHAPITRE XXVI.
CHAPITRE XXVII.
CHAPITRE XXVIII.
CHAPITRE XXIX.
CHAPITRE XXX.
COLORIS DES ÉPREUVES PHOTOGRAPHIQUES.
CHAPITRE XXXI.
§ 1 er
§ 2.
§ 3.
§ 4.
§ 5.
CHAPITRE XXXII.
CHAPITRE XXXIII.
CHAPITRE XXXIV.
CHAPITRE XXXV.
§ 1 er .
§ 2.
§ 3.
§ 4.
§ 5.
§ 6.
§ 7.
PHOTOGRAPHIE SUR PLAQUÉ D’ARGENT, OU DAGUERRÉOTYPE.
CHAPITRE XXXVI.
CHAPITRE XXXVII.
CHAPITRE XXXVIII.
CHAPITRE XXXIX.
CHAPITRE XL.
CHAPITRE XLI.
CHAPITRE XLII.
CHAPITRE XLIII.
CHAPITRE XLIV.
CHAPITRE XLV.
CHAPITRE XLVI.
CHAPITRE XLVII.
CHAPITRE XLVIII.
CHAPITRE XLIX.
CHAPITRE L.
CHAPITRE LI.
CHAPITRE LII.
CHAPITRE LIII.
CHAPITRE LIV.
CHAPITRE LV.
CHAPITRE LVI.
CHAPITRE LVII.
CHAPITRE LVIII.
CHAPITRE LIX.
CHAPITRE LX.
CHAPITRE LXI.
CHAPITRE LXII.
CHAPITRE LXIII.
CHAPITRE LXIV.
CHAPITRE LXV.
POLISSAGE.
FIXAGE.
CHAPITRE LXVI.
MANIÈRE DE PROCÉDER.
CHAPITRE LXVII.
§ 1 er
§ 2.
CHAPITRE LXVIII.
§ 1 er .
§ 2
CHAPITRE LXIX.
CHAPITRE LXX.

AVANT-PROPOS.
Table des matières
Depuis l’admirable invention de Daguerre pour fixer les images de la chambre obscure, et former ainsi, par la seule influence de la lumière, des dessins d’une perfection infinie, bien des améliorations ont été apportées à l’art photographique par de laborieux et patients artistes.
La possibilité de fixer les images de la chambre noire était connue dès le siècle dernier, mais on ne pouvait obtenir qu’une ombre fugitive, et pour cette cause la découverte ne promettait aucun résultat utile, puisqu’il était impossible de conserver les images que le rayon solaire avait dessinées, et que ces mêmes images devenaient complétement noires aussitôt qu’on les exposait à la lumière du jour.
Enregistrer pas à pas les améliorations qui arrivent chaque jour dans la photographie, est pour nous un devoir que nous avons pris l’engagement de remplir.
Maintenant que cet art s’est enrichi de découvertes remarquables, nous venons prouver au monde daguerrien et photographique que nous continuons de suivre progressivement et sans relâche les nouvelles découvertes qui enrichissent chaque jour cette science sublime, à laquelle nous sommes pour ainsi dire identifié.
Des artistes distingués, des savants, des hommes d’un grand talent et d’un grand mérite, se sont occupés de cet art. Nous avons étudié les ouvrages des maîtres en photographie et chimie, pour nous rendre un compte exact des nouveaux perfectionnements qui ont pris naissance depuis quelques années dans cet art si fertile en découvertes; nous avons reconnu qu’une longue expérience et beaucoup d’argent dépensé pour la science photographique nous donnaient le moyen de faire ce qui était impossible à d’autres.
Notre but n’a pas été de faire un ouvrage scientifique ni historique, mais bien un traité complet pratique et facile à comprendre.
Si quelques répétitions se trouvent dans cet ouvrage, c’est que nous avons voulu éviter au lecteur l’obligation de faire des recherches d’un ouvrage à l’autre.
La photographie prend une extension considérable; le collodion, ce produit connu depuis deux ou trois ans à peine, donne maintenant à nos plus grands praticiens ces magnifiques épreuves sans retouche ou coloriées, qui font l’admiration du public et la gloire de l’artiste.
C’est au milieu d’une telle marche que nous avons voulu apporter au monde artistique le dernier complément que nous avons cru nécessaire pour obtenir un plein succès.
Nous disons avec conviction aux artistes: Suivez pas à pas la méthode que nous vous indiquons, et vous êtes sûrs d’obtenir sans cesse des résultats non-seulement satisfaisants, mais encore admirables de fini, d’exécution et de composition.
Une lacune existait dans les traités de photographie parus jusqu’à ce jour; presque personne n’avait parlé du coloriage des épreuves photographiques, soit à l’aquarelle, soit à l’huile; cette lacune, nous avons voulu la combler: on trouvera dans cet ouvrage un traité complet de la retouche, qui, comme chacun le sait, est le complément de la photographie pour tout opérateur portraitiste. Nous nous sommes étendu assez longuement sur cette partie de l’art; nous avons voulu que quiconque a travaillé la peinture, s’il fait bien attention à toutes les recommandations que nous avons faites, puisse colorier des épreuves photographiques après peu d’essais.
Dans le travail que nous publions, nous aurons atteint en grande partie notre but, si nous parvenons à initier chacun aux secrets du coloriage des épreuves.
Depuis quinze ans que nous cherchons à perfectionner le procédé de Daguerre, à l’améliorer de toutes les manières, nous venons, fier de notre expérience, offrir au public un ouvrage dans lequel il trouvera cette devise: «Vérité, sécurité, progrès.»
La photographie, cet art sublime, ne peut que rencontrer les sympathies de tous; des milliers de bras ne sont-ils pas employés chaque jour aux travaux de toute nature qu’elle nécessite? Que d’hommes, auparavant inoccupés, ont trouvé dans cette partie une profession honorable! L’artiste y trouve une occupation utile, une récompense honnête à ses travaux; le chimiste y a trouvé l’application de ses produits; le physicien, celle de ses principes et de ses lois; l’amateur, un moyen d’occuper agréablement ses loisirs; tous, enfin, ont une part dans le champ d’une science dont Dieu seul peut connaître le terme.
Honneur donc à Daguerre, dont l’admirable découverte fait vivre tant de familles et sera la source de tant de jouissances! Quelle est la mère qui ne sera heureuse de voir la reproduction fidèle d’un enfant aimé ? Quel est l’enfant qui ne sentira son cœur se serrer en contemplant les traits d’un père ou d’une mère chéris, trop tôt enlevés à sa tendresse?
Daguerre et Niepce, deux noms qui désormais sont inséparables et vivront dans tous les cœurs pour avoir facilité aux gens peu aisés de pouvoir, eux aussi, posséder le portrait d’une personne aimée! Quel est l’ouvrier qui pouvait dépenser 100 ou 200 fr. pour avoir un portrait où il manquait encore souvent la chose principale, la ressemblance?
Eh bien! cet homme maintenant pourra voir ses vœux comblés, sans que pour cela il soit forcé de dépenser une somme qui peut lui servir à procurer un certain bien-être à sa famille. La découverte de ces hommes de génie a mis ainsi à la portée de tout le monde une chose à laquelle la classe aisée de la société pouvait seule prétendre.
L’étonnement, qui au commencement marquait chaque découverte de la photographie, s’est changé en admiration pour les hommes éminents qui, tous les jours encore, s’occupent et réussissent à faire une foule de découvertes utiles à ce bel art.
Nous avons réuni dans cette méthode les procédés sur collodion, albumine, papier positif, verre positif, toile, stéréoscope, plaqué d’argent; procédé pour faire rapidement les épreuves positives sur papier, grossissement des petites épreuves; procédés sur ivoire naturel ou factice et boule concave de cristal (presse-papier). Nous avons voulu ainsi publier tous les procédés dans un seul ouvrage, afin d’éviter à l’artiste l’obligation d’acheter sans cesse de nouvelles brochures. En suivant d’un bout à l’autre celle que nous publions, il y trouvera tout réuni.
La plus belle récompense que nous puissions espérer, comme fruit de notre travail, est cette part d’estime que tout artiste est fier d’avoir méritée en travaillant pour son art.
LEGROS,
Palais-Royal, galerie de Valois, 116.
PHOTOGRAPHIE
Table des matières
SUR VERRE, COLLODION, ÉPREUVES NÉGATIVES.
Table des matières
COLLODION.
Table des matières
CHAPITRE Ier.
Table des matières
Polissage des glaces.
Le poli de la glace est une des opérations essentielles, car de lui dépend la bonne réussite des épreuves, jamais on ne fera rien avec une glace mal polie.
Il faut choisir des glaces bien pures, exemptes de raies et de ce sablé qui se rencontre assez fréquemment dans les verres doubles ordinaires dont quelques artistes se servent; nous préférons de beaucoup nous servir de belles glaces ordinaires, bien choisies, qui sont plus chères, il est vrai, mais qui méritent d’être mises au premier rang, et qui, par les bonnes réussites qu’elles donnent, compensent très-bien le prix qu’elles coûtent, en évitant les accidents qui arrivent si souvent parce que les glaces ne sont pas dans les conditions voulues.
Une glace peut servir un grand nombre de fois: cependant il vient un temps où presque toujours il se forme dessus un amalgame d’argent, qui une fois commencé va toujours en augmentant et qu’on ne peut jamais enlever tout à fait convenablement. Une glace sur laquelle ce défaut arrive doit être mise au rebut immédiatement; non-seulement cela occasionne des taches, mais encore, à la place où ces défauts ont pris racine, le collodion, en séchant, s’enlève de dessus la glace, et le portrait part complétement. Il est très facile de reconnaître cet accident en polissant les glaces; il forme comme des marbrures métalliques, qui se voient très-bien quand la glace est nettoyée.
C’est un des accidents les plus graves qui arrivent dans le polissage de la glace, si on ne s’en aperçoit pas pour le prévenir.
Avant d’entrer en matière pour le polissage de la glace, recommandons à l’artiste la plus grande propreté dans ce nettoyage, comme dans toutes les opérations qui suivront; car sans une propreté excessive, la photographie est complétement impossible.
Pour polir la glace, il faut d’abord, si c’est une glace neuve, la bien essuyer avec un chiffon ou une peau; si au contraire c’est une glace qui ait déjà servi, sur laquelle il y ait une épreuve, elle doit tremper dans l’eau acidulée d’acide nitrique, pendant au moins une demi-heure; la bien laver ensuite avec de l’eau ordinaire, laisser égoutter un peu et sécher avec un torchon; en prendre un autre plus sec, pour finir de la sécher complétement.
Lorsque nous sommes pressé et que nous manquons d’acide nitrique, nous mettons aussi nos glaces tremper tout simplement dans l’eau ordinaire; nous nous trouvons presque aussi bien de cette manière que de l’autre. Cependant, lorsque ce sont des glaces sur lesquelles il y a depuis longtemps déjà des épreuves, il vaut mieux les faire tremper dans l’eau acidulée. Par l’autre méthode, il reste quelquefois une silhouette de l’ancien portrait, au lieu que l’acide nitrique enlève complètement jusqu’ aux moindres traces de cette épreuve.
Lorsque la glace, vieille ou neuve, se trouve ainsi parfaitement nettoyée et séchée, on la couvre d’une poudre, nommée photogine, qui se trouve chez les marchands de produits chimiques. Cette poudre, qui est de couleur blanche, enlève complétement, sans qu’il en reste trace, les taches qui se trouvent sur la glace.
Quand on en a couvert la glace, comme nous l’avons dit, y verser quelques gouttes d’alcool, frotter avec un tampon de coton ou avec un chiffon bien mou, laisser ensuite bien sécher cette pâte sur la glace pendant 5 à 10 minutes; un peu plus, un peu moins, ne signifie absolument rien. Cette opération doit être faite des deux côtés de la glace.
Lorsqu’elle est bien sèche, enlever cette poudre et en nettoyer convenablement la glace avec un tampon de coton ou un chiffon, de manière à ce qu’il n’en reste pas du tout. Prendre alors, sur un morceau de papier joseph, ou papier de soie, quelques gouttes d’éther rectifié ; passer promptement sur les deux côtés de la glace. Cette opération doit être faite très-vivement, l’éther étant un produit très-volatil qui s’évapore aussitôt qu’il est à l’air.
Il faut éviter, autant que possible, de se servir de l’éther à la lumière des bougies ou des lampes; ce produit est une matière très-inflammable, il ne faudrait qu’une goutte qui irait toucher la flamme pour faire un encendie considérable; d’autant mieux que les laboratoires des photographes sont toujours garnis de collodion, éther, alcool, etc., toutes matières prenant feu très-facilement.
Il faut donc, autant que possible, éviter de se servir de ces produits dans le cabinet noir, lorsque les opérations que l’on fait nécessitent d’avoir ou une bougie ou une lampe allumée. Du reste, en prenant de grandes précautions, on peut empêcher ces accidents d’arriver; comme il faut quelquefois peu de temps pour occasionner un malheur, nous croyons bon d’avoir fait ces recommandations dans l’intérêt de chacun.
Lorsque les deux côtés de la glace ont été bien imprégnés d’éther, on prend une peau de chamois ou de daim, arrangée en forme de tampon, et on frotte vigoureusement jusqu’à ce qu’on voie la glace bien propre; on souffle dessus, on prend un autre tampon de peau complètement sec, et on passe immédiatement sur la buée, ce qui aide beaucoup à donner du poli et du brillant à la glace, et à la rendre bien pure. Cette opération doit être faite trois ou quatre fois; il faut au moins 10 minutes pour polir convenablement une glace.
Lorsqu’on la jugera convenablement polie, on la transportera, afin de la mettre à l’abri des taches et de la poussière, dans une boîte nommée boîte à glaces, dont la description sera donnée ci-après.
Aux yeux des personnes peu expérimentées, polir une glace n’offre aucune espèce de difficulté ; ce n’est, dira-t-on, qu’un carreau à nettoyer très proprement. Ceux qui pensent ainsi sont dans une erreur complète et qu’il est bon de faire disparaître; la plus petite poussière, le moindre corps gras, amèneraient sans aucun doute des résultats déplorables: l’une occasionnerait une tache certes beaucoup plus forte qu’elle ne l’est en réalité, à cause de la traînée qui se forme entre le collodion et la glace; l’autre occasionnerait non-seulement la perte de l’épreuve, mais encore celle du bain de nitrate d’argent, que la moindre tache de graisse peut empêcher complètement d’être propre à donner des épreuves.
Nous ne saurions trop recommander la propreté, comme premier principe de la photographie. Nous espérons que les artistes, et surtout les commençants, à qui nous nous adressons particulièrement, comprendront toute la portée de nos conseils, et qu’ils les suivront, puisque c’est en même temps pour eux meilleure réussite, économie de temps, car il faut recommencer une mauvaise épreuve; et par cela même, c’est aussi une économie d’argent.
Nous nous servons, pour conserver les glaces à l’abri de la poussière, de boîtes en sapin auxquelles nous donnons le nom de boîtes à glaces. Ces boîtes sont carrées et de la grandeur des glaces; elles ont des rainures pratiquées sur les deux côtés, de manière que les glaces entrent chacune dans leur rainure. Les boîtes dont nous nous servons ont de douze à dix-huit rainures; nous préférons cela à les avoir plus fortes; il vaut mieux en avoir plusieurs qu’une seule qui serait gênante.
Avec ces boîtes fermant hermétiquement, on est presque toujours sûr de n’avoir aucune poussière ni saleté sur les glaces polies. On se sert de boîtes pareilles pour conserver les clichés une fois faits.
Beaucoup d’artistes se servent, pour polir les glaces, d’une planchette dont voici la description: un bâton à vis et deux planches, dont une mobile que l’on fait aller où on veut, en serrant ou en éloignant la vis, afin qu’elle puisse servir pour toutes les grandeurs; on met la glace entre les deux planches, qui possèdent des rebords sur lesquels on place la glace que l’on veut polir. La planchette a deux bâtons de soutien à chaque bout des planches. Cette méthode est très-bonne; nous préférons cependant employer le procédé le plus simple, qui consiste à polir au bout de la main.
Éviter avec soin, dans le polissage des glaces, de mettre les doigts ailleurs que sur les angles; car, en frottant avec la peau, celle-ci promènerait sur toute la surface de la glace la graisse qu’auraient pu y laisser les mains, et l’on serait obligé de recommencer le poli, comme si on n’avait rien fait.
La, meilleure manière dé tenir la glace est celle-ci: un angle appuyé contre la poitrine, et tenir celui qui lui fait face, entre le pouce et l’index de la main gauche; frotter de la droite avec la peau.
Les conditions que nous avons posées pour la bonne réussite ayant été suivies, passons à l’opération du collodionnage.
CHAPITRE II.
Table des matières
Collodionner la glace.
Lorsqu’on est sur le point de verser le collodion sur la glace, on doit prendre de nouveau la peau qui sert à polir, et frotter pendant quelques instants très-vigoureusement, de manière à échauffer un peu le verre; le collodion y est alors beaucoup plus adhérent.
Il faut avoir un blaireau comme ceux dont on se sert pour prendre l’or en feuilles; ce blaireau est large, peu épais et attaché après une feuille de carton; il sert à enlever les dernières poussières qui peuvent se trouver sur la glace, au moment juste du collodionnage.
Prendre la glace entre le pouce et l’index de la main gauche, tenir son flacon à collodion de la droite, et, tenant la glace bien droite, verser dessus une quantité suffisante de collodion pour la couvrir en entier; bien faire attention cependant que l’angle que tient la main doit être épargné ; en venant toucher le pouce, la couche de collodion enlèverait de l’humidité des mains, qui occasionnerait une tache d’un bout à l’autre de la glace.
Il faut aussi bien faire attention, en versant le collodion, de le faire marcher également, de manière à ne former aucunes stries ni épaisseurs. Lorsque la glace est convenablement recouverte de collodion, on renverse l’excédant, par un angle, dans le flacon à collodion, qui doit toujours être prêt à le recevoir. Ce flacon ne doit pas être bouché tant que l’opération n’est pas finie; mais, aussitôt terminée, on doit le boucher de suite, pour éviter l’évaporation; car, comme il entre dans la composition du collodion beaucoup d’éther et d’alcool, qui sont deux substances s’évaporant facilement, il faut faire attention qu’il soit toujours bouché, sans cela il deviendrait épais et l’opération serait moitié et trois fois plus longue.
L’éther et l’alcool sont employés pour rendre le collodion liquide; s’ils sont évaporés, naturellement le collodion redevient ce qu’il était auparavant, c’est-à-dire très-épais, et il devient presque impossible d’obtenir des épreuves avec du collodion dans de pareilles conditions.
Lorsque la couche de collodion est bien étendue sur la glace, il faut qu’elle sèche un peu, sans quoi on aurait sur l’angle collodionné le dernier une énorme tache blanche qui couvrirait ou la moitié des habits ou la moitié du fond; si, au contraire, on avait laissé trop sécher, le collodion perdrait une partie de sa sensibilité, et l’opération serait moitié plus longue, quelquefois plus. Le collodion est plus ou moins de temps à sécher, suivant la température; dans un temps très-chaud, il est sec au bout de 10 ou 15 secondes, quelquefois instantanément; si, au contraire, il fait un temps très-humide, le collodion mettra moitié , trois quarts et une minute même, quelquefois davantage; la pratique apprendra à l’opérateur à quoi s’en tenir sur ce sujet.
Il faut avoir le soin, lorsqu’on verse le collodion sur la glace, de ne pas approcher celle-ci de la lumière, de même que le flacon à collodion; la moindre étincelle pourrait mettre le feu à la glace et déterminer une explosion, même un incendie considérable. Il faut donc toujours être à une distance de 15 ou 20 centimètres de la bougie. Pour éviter les accidents qui peuvent arriver avec l’éther et le feu, quelques artistes ont eu l’idée de remplacer la bougie par des carreaux dépolis en jaune, qui donnent à peu près la lumière diffuse de la chandelle; cependant, nous préférons prendre de grandes précautions et faire nos préparations dans un cabinet noir éclairé par une faible bougie. Ayant expérimenté l’autre moyen, nous avons reconnu que la lumière avait toujours de l’influence sur la réussite des épreuves. On a des tons gris; les ombres, les demi-teintes et les lumières sont confondues; l’épreuve que l’on obtient n’a ni cette vigueur ni ce relief qui constituent un bon portrait.
En tout cas, si l’opérateur voulait expérimenter par lui-même une chambre éclairée par des carreaux jaunes, voici comment ils doivent être disposés: on fait dépolir des verres en couleur jaune, ou bien encore on achète des verres jaunes tout faits, et on forme une fenêtre qui se trouve placée autant que possible de manière à donner une égale lumière dans toute la chambre. Avec ce système on ne pourrait toujours pas se dispenser de mettre un rideau vert sombre devant la fenêtre au moment de la troisième opération, traitant de la sensibilisation de la glace.
Lorsque la glace est ainsi collodionnée dans de bonnes conditions de lumière, d’épaisseur et de propreté, on la transporte dans le bain sensibilisateur.