Buch lesen: "Les sports à la mode"
Camille Meillac
Les sports à la mode

Publié par Good Press, 2022
EAN 4064066085254
Table des matières
INTRODUCTION
SPORTS ATHLÉTIQUES
=II.—SPORTS ATHLÉTIQUES PROPREMENT DITS=
=III.—CYCLISME=
=IV.—SUR LA GLACE ET SUR LA NEIGE=
=V.—LES ARMES=
=CONCLUSION=
INTRODUCTION
Table des matières
Qu'est-ce que le sport?—Le sport désigne d'une façon générale les exercices physiques qui mettent en jeu les forces et l'énergie du corps, tout en développant certaines qualités morales; mais encore faut-il qu'ils aient le caractère d'un divertissement. Le canotage est un sport; nous n'appellerons pas sportsman le batelier qui dirige sa gondole à travers les canaux de Venise.
Quoique d'importation anglaise, ce mot dérive d'une ancienne expression française: desport, desporter signifiant «plaisir», «divertissement» et qui s'employait indifféremment pour les jeux physiques ou les jeux de la parole. Rabelais, le grand écrivain du XVIe siècle, a écrit: «Se desportaient… es près et jouaient à la balle, à la paume.»
Si le mot n'est pas nouveau, la chose l'est moins encore.
=Les sports dans l'antiquité:=
1° A l'origine.—Un humoriste a dit que l'histoire du sport commence au moment où Adam et Ève franchirent le seuil du Paradis. Il est du moins certain que, dès que les hommes purent former une petite société, peuplade ou tribu, ils durent s'exercer en commun au combat corps à corps, au maniement de la masse, de la hache et du tomahawk, au jet de la lance ou de la sagaie, au tir à l'arc, au lazzo, à la danse de guerre, c'est-à-dire qu'ils transformèrent en divertissement ce qui leur avait été d'abord une nécessité. Des civilisations plus raffinées, celle de l'Égypte, par exemple, mirent plus de méthode dans la culture physique.
2° En Grèce.—Mais c'est en Grèce que l'on trouve un esprit vraiment sportif. Homère rapporte déjà que l'on célébrait des jeux aux funérailles des guerriers de marque. Plus tard, on mit un soin égal à former le corps et l'esprit. Les lois de Solon obligeaient les jeunes Athéniens à se livrer à la gymnastique. Les enfants fréquentaient de douze à dix-huit ans les palestres; dans les gymnases, ouverts à tous, adolescents et hommes mûrs rivalisaient de force et d'adresse; c'est là que se formaient les athlètes (du grec athla, prix), qui devaient prendre part aux grands concours nationaux.
La population de l'Hellade tout entière se passionnait pour les jeux célébrés en grande pompe à Olympie, à Athènes, dans l'isthme de Corinthe. Les vainqueurs, ceints d'une couronne d'olivier ou d'une guirlande de feuilles de pin, traversaient la Grèce en triomphateurs; leur ville natale, fière de leur gloire, les accablaient d'honneur; les poètes célébraient magnifiquement leurs exploits et ils vivaient dans la mémoire des hommes à l'égal des plus sages législateurs ou des plus habiles généraux.
Les athlètes devaient exceller dans cinq exercices: saut, lutte, course, lancement du disque et du javelot, qui, mettant en action tous les muscles, prévenaient la déformation du corps. L'Hellade, patrie du beau, avait le culte inné de la beauté corporelle. L'éducation physique, basée sur les principes de la thérapeutique, développait la souplesse et la grâce autant que la force. Ce peuple, merveilleusement artiste, qui plaçait ses jeux sous l'égide de Vénus et d'Apollon, éleva le sport à un degré de pureté et d'harmonie, qui n'a plus été atteint et qui reste à nos yeux comme un magnifique idéal.
3° A Rome.—La beauté grecque fut remplacée par la brutalité romaine: les premiers Romains pratiquèrent également le saut, la course, le pugilat, la lutte et généralement les exercices qui préparaient à la guerre, sans que les enfants d'ailleurs fussent obligés de fréquenter les établissements de gymnastique; mais on ne retrouve plus la même culture complète et rationnelle, le même souci d'élégance.
Le peuple romain, amoureux des fêtes, réclamait «panem et circenses», le cirque aussi bien que le pain. Pour ménager leur popularité, les consuls et empereurs prirent la coutume de donner des jeux auxquels ne prenaient part active que les professionnels. Peu à peu, la populace blasée et l'aristocratie corrompue exigèrent des spectacles de sang. Assurés de périr, les gladiateurs saluèrent le souverain du fameux «Ave, Caesar morituri te salutant», César, ceux qui vont mourir te saluent. Le rétiaire jetait son vaste filet sur le mirmillon armé d'une courte épée. Des gladiateurs à cheval, ou montés sur des chars, s'entretuaient dans les cirques. Des galères se heurtaient dans les naumachies. Puis ce furent les massacres en grand, des combats de bêtes féroces, des centaines de captifs égorgés ou livrés aux lions, aux panthères, aux ours, des supplices raffinés, des repas de chair humaine sur les arènes, arrosées d'eau de senteur, et aux acclamations d'une foule délirante. Cette férocité indiquait la complète décadence des sports; quelques particuliers se livraient au jeu de paume, à la gymnastique; mais l'idéal grec semblait perdu.
=Les sports en France.=—L'ancienne Gaule connut des jeux assez brutaux; les Gaulois prenaient plaisir aux combats singuliers. On vit Pépin le Bref, roi des Francs, entrer dans une arène, où luttaient un lion et un taureau et les abattre de son épée. Le roi n'est-il pas d'ailleurs, aux termes du «Roman de la Rose», «le plus ossu, le plus corsu?»
Pendant tout le Moyen-Age, il fallait que chacun fût en mesure de défendre sa vie, continuellement menacée. On se souciait alors fort peu de l'instruction, abandonnée aux seuls moines; il ne s'agissait que d'être fort, le plus fort. Aussi les nobles consacraient-ils la plus grande partie de leur temps à manier l'épée à une ou à deux mains, la lance, la masse d'arme, tandis que le peuple s'exerçait à l'arbalète, à l'arc, à la hallebarde, à l'épieu.
La chevalerie adoucit les jeux et les transforma en divertissements luxueux, chantés par les trouvères et troubadours. Les tournois mettaient en valeur la grâce et la vaillance des seigneurs; ceux-ci étaient encouragés par la présence des dames dont ils portaient fréquemment un gage sur leurs armures; il arrivait qu'un adversaire s'emparât de ces gages qui pouvaient être renouvelés. On raconte qu'après un tournoi «les dames s'en allaient les cheveux sur leurs épaules et leur cotte sans manches, car toutes avaient donné aux chevaliers pour les parer, et guimpes et chaperons, manteaux et camises, manches et habits»; lorsqu'elles s'en aperçurent «elles en furent comme toutes honteuses, mais sitôt qu'elles virent que chacun était dans le même état, elles se mirent toutes à rire de leur aventure».
Le jeu de paume était très en faveur dans toutes les classes de la société. «Au XIVe siècle[1] tout bon Français prenait de l'ébat, c'est-à-dire se livrait au sport en plein champ ou à huis-clos.» On pratiquait alors la lutte; et les jeux de la soule, de la crosse, du mail.
La Renaissance fit prédominer la culture intellectuelle sur la culture physique; les siècles qui suivirent amenèrent la décadence des jeux, à l'exception des jeux de hasard et des carrousels.
Pendant le XIXe siècle, on s'est livré à l'équitation, au canotage, à la gymnastique. Mais ce n'est guère que depuis une trentaine d'années que, las de la supériorité anglo-saxonne, on s'est décidé, en France, à faire du sport d'une façon consciente et rationnelle.
[Note 1: J.-J. Jusserand. Sports de l'ancienne France.]
SPORTS ATHLÉTIQUES
Table des matières
=I.—LES JEUX DE LA BALLE=
Les jeux de la balle remontent à la plus haute antiquité: Homère dans son odyssée, nous montre Nausicaa, fille de roi, jouant à la balle avec ses compagnes. Les Grecs englobaient divers exercices avec le ballon sous le nom de «sphéristique». Les Romains jouaient à la «pila». De nos jours, la balle est la reine du sport.
=Le football.=—Le football (de l'anglais foot, pied, ball, ballon) est de tous les sports à la mode le plus répandu et celui qui développe au mieux les qualités morales de décision, d'énergie et de sang-froid. Il convient à tous les hommes jeunes et n'exige pas de ses fervents le surmenage physique qu'imposent certains exercices athlétiques. On ne saurait trouver pour la jeunesse de divertissement plus sain; c'est ce qui explique, mieux que toute autre raison, son succès rapide en France.
Ses origines sont assez obscures; on le rattache au «follis» des Latins. Plus près de nous, on lui retrouve dans l'ancienne France une parenté indéniable avec la «soule» bretonne et la «barrette» du Centre. Il est fort probable quoique les Anglais ne veuillent pas le reconnaître, que le football, sport national anglais, n'est qu'un dérivé de ces jeux français qui, d'ailleurs, furent interdits par des ordonnances royales, à cause de leur brutalité et disparurent peu à peu de nos provinces.
Jusqu'au XIXe siècle, la plus grande confusion préside dans les règlements qui régissent les football des écoles anglaises. Ce n'est qu'après 1850 qu'on essaya d'unifier les règles multiples et l'on se trouva alors en présence des partisans irréductibles de deux méthodes différentes: celle de Rugby, permettant l'usage des mains et celle de l'école d'Eton qui n'autorisait l'usage que des pieds. Ces deux formes de football se sont maintenues sous le nom de football Rugby et football Association.
=Football Rugby.=—Le rugby introduit en France vers 1880 a porté d'abord le nom de barrette. Les premiers matches organisés par le Racing-Club et le Stade français, laissèrent l'opinion assez indifférente. Des matches internationaux augmentèrent l'intérêt de ces rencontres. La province ne tarda pas à imiter Paris, et Bordeaux donna l'exemple avec son fameux Stade bordelais. Toulouse fonda le Stade Olympien et Lyon le Foot-ball-Club. Depuis, presque toutes les villes de France, dans le Midi surtout, ont formé des sociétés de rugby.
On y joue sur une pelouse ou prairie; le terrain gazonné représente un vaste rectangle, limité par les lignes de ballon mort et, parallèles à celles-ci, par les lignes de touche. La largeur du champ de jeu ne peut être supérieure à 70 mètres, ni la longueur à 144 mètres. Deux poteaux verticaux, espacés de 5 m. 50 et reliés par une barre transversale, à une hauteur de 3 mètres au-dessus du sol, sont plantés dans chaque camp, à distance égale des lignes de touche: c'est ce qu'on appelle le but. Le jeu consiste à faire passer le ballon entre ces poteaux et par dessus la barre. Ce ballon est de forme ovoïde; son poids varie de 360 à 400 grammes et sa longueur de 25 à 28 centimètres.
Les footballeurs sont divisés en deux équipes de quinze joueurs chacune, comprenant: un gardien de but; quatre trois quarts; deux demis; huit avants, parmi lesquels le capitaine de l'équipe.
Chaque partie dure quatre-vingts minutes et se joue en deux demi-temps, coupés par un arrêt de cinq minutes; elle est gagnée par le camp qui a marqué le plus de points.
Sans entrer dans le détail des règles excessivement compliquées, nous donnerons ici quelques indications. Lorsqu'un joueur réussit à porter le ballon derrière la ligne du but adverse, il obtient un essai, d'une valeur de trois points; en outre son camp a le droit de tenter un but, en lançant le ballon d'un point choisi à l'avant du but, sur la perpendiculaire abaissée de l'endroit où l'essai a été marqué. En cas de réussite ce camp gagnera deux points.
On compte deux points, lorsque le ballon, rebondissant sur la terre, est envoyé d'un coup de pied jusque dans la barre du but. En cas d'une faute contre le règlement, un coup franc est accordé à l'équipe lésée, c'est-à-dire qu'elle aura le droit de tenter un but, estimé en ce cas trois points. Les autres buts sont cotés quatre points.
Les règles étant complexes, l'arbitre, qui assiste nécessairement à chaque partie, a de fréquentes occasions d'intervenir; il juge seul et sans appel. Son coup de sifflet arrête le jeu, qui recommence, après décision, soit par la touche, soit par la mêlée.
Pour la mêlée, les avants de chaque équipe, forment un groupe compact: en première ligne trois joueurs se tiennent par la taille, étroitement serrés; derrière, deux joueurs intercalent leur tête entre les avants de première ligne; en troisième ligne enfin, trois joueurs encore dans la même position.
Un demi lance alors le ballon exactement entre les deux groupes qui cherchent à s'en emparer avec les pieds; le parti le plus fort repousse son adversaire et chasse le ballon vers le but en dribblant, c'est-à-dire en poussant le ballon à petits coups de pied; ou bien, les deux premières lignes d'avants tiennent tête à l'adversaire et font passer le ballon à leurs co-équipiers de troisième ligne, qui eux-mêmes, si leur situation est défavorable, pourront le confier aux trois-quarts.
Si le ballon a franchi l'une des lignes de touche, la partie s'arrête et recommence au point où le ballon est sorti du champ de jeu. Une partie de Rugby, féconde en péripéties, offre l'image d'une bataille. Les deux équipes doivent obéir aveuglément à leurs capitaines. Le succès dépend en effet en grande partie de la cohésion et de la discipline des footballeurs. Cependant l'initiative trouve aussi à s'exercer; ainsi un joueur, courant avec le ballon dans ses bras, devra tromper ou gagner de vitesse les poursuivants; il lui faudra éviter ceux qui tenteront de l'arrêter en pleine course en le saisissant à bras-le-corps, ou par les genoux. Quels que soient ses talents de stratège, il sera perdu, s'il n'est doué d'une grande rapidité de décision.
On a fait au Rugby le reproche d'être trop violent; en vérité avec les règlements actuels, il est beaucoup moins dangereux qu'on ne le croit généralement.
=Football Association.=—Le Football Association ne s'est implanté en France qu'après le Rugby et n'a eu de succès au début que dans le Nord. L'un des premiers clubs d'Association fut l'Athletic-Club du Havre, créé en 1884. Mais, depuis quelques années, il s'est conquis des partisans un peu partout et il est aujourd'hui beaucoup plus répandu que le Rugby.
C'est un jeu d'adresse plutôt qu'un jeu de force. Il est interdit de se servir des bras et des mains et l'on ne peut donner au ballon que des coups de pied ou de tête. Il se joue sur un terrain rectangulaire, de préférence gazonné, de 90 à 180 mètres de longueur et de 45 à 90 mètres de largeur. Le champ de jeu est divisé en deux parties égales; une circonférence de 10 mètres de rayon entoure le point central. Les buts—un par camp—consistent en deux hauts poteaux plantés à une distance de 7 m. 30 l'un de l'autre et reliés par une barre de bois à 2 m. 40 du sol. Il y a 22 joueurs; 11 par équipe, soit 5 avants, 3 demis, 2 arrières et 1 gardien de but, disposés par chaque capitaine en avant-garde, centre et arrière-garde.
Le jeu consiste à lancer le ballon—un ballon rond—entre les poteaux et la barre transversale, et non plus au-dessus de cette barre comme dans le Rugby. Le camp qui a réussi le plus de buts gagne la partie qui se joue en 90 minutes, soit deux mi-temps de quarante-cinq minutes séparées par quelques minutes de repos.
L'Association ne comporte pas d'essais ni de mêlée, mais occasionne de fréquentes passes, qui consistent pour un joueur en mauvaise posture à faire passer le ballon à un co-équipier mieux placé. Le sort de la partie dépend souvent de l'habileté des footballeurs à pratiquer cet exercice; les Anglais y sont passés maîtres et doivent à l'habileté de leurs passes de nombreuses victoires. Quant aux fautes contre le règlement, elles sont jugées et punies par un arbitre, muni d'un sifflet.